Les jurés ont été sélectionnés, et la juge fédérale a aussi abordé les habitudes sur les réseaux sociaux lors de son interrogatoire. L’un des jurés a comparé les réseaux en ligne à de la drogue.

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Depuis mercredi, le géant américain de l’internet Meta fait face à la justice fédérale pour la première fois, accusé de rendre les adolescents dépendants via ses plateformes Instagram et Facebook, ce qui nuirait à leur santé mentale. Le premier jour de procès a vu la sélection de huit jurés après un long questionnaire. Les plaidoiries d’ouverture sont attendues pour la semaine prochaine.
La juge Yvonne Gonzalez Rogers a interrogé les jurés potentiels sur leurs opinions concernant les réseaux sociaux et la société Meta. Elle s’est notamment renseignée sur leur usage personnel des plateformes et sur l’impact perçu sur la santé mentale. Certains jurés ont exprimé que ces réseaux avaient un effet sur le bien-être psychologique des utilisateurs.
Des questions ont également été posées concernant l’âge d’inscription aux services en ligne, surtout si cela avait eu lieu avant treize ans et sans le consentement parental. Un juré a comparé l’excitation de faire défiler des contenus stressants à l’effet du cocaïne, tandis qu’un autre a affirmé que les applications “exploitaient les valeurs des individus”.
Les jurés sélectionnés joueront un rôle consultatif dans ce procès, qui devrait s’étendre sur environ six semaines. Les plaidoiries d’ouverture débuteront mardi prochain, et un verdict est prévu pour début octobre.
Ce procès découle d’une action collective de quatre États américains, qui demandent d’importantes restrictions sur les fonctionnalités d’Instagram et Facebook. De plus, les procureurs généraux de Californie, Colorado, Kentucky et New Jersey réclament des amendes pouvant atteindre 1,4 trillion de dollars (environ 1,2 trillion d’euros). Cette somme est presque équivalente à la capitalisation boursière de Meta.
Les accusations portent sur des fonctionnalités telles que le défilement infini, les notifications fréquentes, et le comptage des “j’aime”. Les plaignants contestent ainsi le design même des réseaux sociaux, sans remettre en cause le contenu diffusé, pour lequel ils bénéficient d’une large immunité légale aux États-Unis.
De nombreuses actions en justice ont déjà été intentées contre des plateformes en ligne, mais ce procès en Californie pourrait avoir des répercussions plus larges, car il s’agit de la première décision judiciaire au niveau fédéral. Les procureurs souhaitent également interroger Mark Zuckerberg sur les accusations, une audition de trois heures étant prévue pour fin septembre.
Cette affaire fait suite aux révélations des soi-disant “Facebook Files”, publiées par l’ancienne employée Frances Haugen fin 2021. Ce rapport interne contenait des milliers de pages sur les effets des réseaux Meta sur la santé mentale des jeunes utilisateurs. Malgré des preuves des dommages causés, la société a nié les préoccupations exprimées publiquement.
Suite à ces révélations, de nombreux États ont lancé une enquête collective. Deux ans plus tard, environ 30 États ont poursuivi Meta, et quatre d’entre eux mènent ce procès pilote. Si Meta perd, il pourrait être contraint de conclure un accord avec tous les États plaignants.
Meta assure mettre en place des mesures de protection suffisantes pour les jeunes utilisateurs. L’entreprise soutient aussi que la santé mentale des adolescents ne peut pas être compromise par un seul service en ligne. Certaines des fonctionnalités contestées doivent également rester intactes en raison du droit à la libre expression.
Néanmoins, en optant pour un paiement de 27 millions de dollars à un district scolaire du Kentucky, Meta a évité un procès qui aurait pu créer un précédent pour environ 1 200 réclamations similaires.
Points à retenir
- Meta est d’abord accusé de créer des dépendances chez les mineurs via ses plateformes.
- Les jurés ont exprimé des préoccupations quant à l’impact psychologique des réseaux sociaux.
- Les plaintes se concentrent sur les designs addictifs des applications et non sur les contenus.
- Le procès pourrait établir un précédent judiciaire significatif pour le secteur des réseaux sociaux.
- Les révélations internes de Facebook montrent une connaissance des conséquences de leurs pratiques sur la santé mentale.
En tant que passionné des enjeux liés à la technologie, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur l’équilibre entre innovation et responsabilité. Alors que les plateformes continuent d’évoluer, comment garantir une utilisation saine des réseaux sociaux ? Il est crucial que chaque partie prenante réfléchisse aux conséquences de son engagement et aux répercussions sur notre société. Un véritable défi se présente à nous, qu’en pensez-vous ?
