Les fournisseurs de pièces pour les processeurs d’intelligence artificielle H200 d’Nvidia ont suspendu leur production, suite à un blocage des autorités douanières chinoises sur les envois de ces nouveaux processeurs, récemment approuvés, vers la Chine, selon un rapport.
Le rapport, relayé par le Financial Times, cite deux sources proches du dossier. Cependant, Reuters n’a pas pu confirmer immédiatement cette information. Nvidia n’a pas répondu à la demande de commentaires de Reuters en dehors des heures d’ouverture habituelles.
Selon le même rapport, Nvidia s’attendait à recevoir plus d’un million de commandes de clients chinois, et ses fournisseurs avaient fonctionné en continu depuis mars pour préparer ces expéditions.
Cette semaine, les autorités douanières chinoises ont informé les agents que les puces H200 d’Nvidia ne pouvaient pas entrer dans le pays, d’après Reuters.
D’autres sources ont également rapporté que des responsables gouvernementaux ont convoqué des entreprises technologiques nationales pour les mettre en garde contre l’achat de ces puces, sauf en cas de nécessité. Ces sources, qui ont souhaité rester anonymes en raison de la sensibilité du sujet, ont précisé que les autorités n’avaient fourni aucune explication concernant ces directives ni indiqué s’il s’agissait d’une interdiction formelle ou d’une mesure temporaire.
Le H200, le deuxième processeur d’IA le plus puissant d’Nvidia, est devenu un point de tension majeur dans les relations entre les États-Unis et la Chine. Bien qu’il y ait une forte demande de la part des entreprises chinoises, il est incertain si Pékin envisage une interdiction totale des puces pour encourager le développement de ses propres entreprises de semi-conducteurs, ou si ces restrictions sont simplement une stratégie de négociation.
Si l’interdiction des importations est confirmée, cela compliquerait davantage une situation déjà complexe, où l’administration Trump avait permis l’exportation des puces H200 fabriquées à Taïwan vers la Chine, avec une part des bénéfices pour le gouvernement américain. Par la suite, il a été décidé que ces puces finies ne seraient pas envoyées directement en Chine, mais d’abord soumises à des tests dans un laboratoire américain, permettant ainsi l’imposition d’un tarif de 25 % lors de leur passage par les États-Unis. Ce tarif est également appliqué au processeur MI325X d’AMD.
Les experts et analystes sont partagés sur la question de savoir si vendre le H200 à la Chine est une décision stratégique judicieuse. Certains estiment que sa disponibilité pourrait ralentir le développement de technologies similaires en Chine et maintenir les entreprises chinoises dépendantes de la technologie américaine. D’autres, en revanche, soulignent que le H200 pourrait potentiellement être utilisé dans des systèmes d’armement que l’armée chinoise pourrait un jour déployer contre les États-Unis ou leurs alliés.
Points à retenir
- Les envois des puces H200 d’Nvidia vers la Chine sont actuellement bloqués par les douanes chinoises.
- Nvidia anticipait plus d’un million de commandes en provenance de Chine, avec une préparation logistique active depuis plusieurs mois.
- Les autorités chinoises ont averti les entreprises locales contre l’achat de ces puces.
- Le statut de l’interdiction reste incertain, renforçant le climat d’ambiguïté autour des relations commerciales entre les États-Unis et la Chine.
- La situation est compliquée par les décisions antérieures de l’administration Trump concernant l’exportation des puces.
La situation actuelle soulève des questions passionnantes sur l’avenir des relations technologiques entre les États-Unis et la Chine. En tant qu’observateur, je ne peux m’empêcher de me demander si ce blocage entraînera une redéfinition stratégique des partenariats dans le secteur technologique, ou si cela ouvrira la voie à une innovation domestique accrue en Chine. Ce qui est sûr, c’est que nous devrons suivre de près ces développements, car ils pourraient avoir des implications profondes sur l’écosystème technologique mondial.
