lun. Juin 15th, 2026

À la fin du mois de septembre, OpenAI, la société derrière ChatGPT, un pionnier de l’intelligence artificielle (IA) générative basée sur de grands modèles linguistiques, a annoncé l’introduction d’un système de vérification de l’âge ainsi que de nouveaux contrôles parentaux. Ces mesures visent à créer une « version sécurisée » du service, afin de limiter son utilisation par les mineurs et leur accès à Sora 2, son générateur de vidéos. Cette initiative fait suite à une demande légale après le suicide d’Adam Raine, un jeune Californien de 16 ans, qui, en avril, a cherché à plusieurs reprises sur la plateforme des informations sur le suicide, les conséquences de son acte et la réaction éventuelle de sa famille. Un mois plus tard, lors d’une audience, OpenAI a soutenu que la mort de Raine était due à l’« usage inapproprié » de la plateforme plutôt qu’à l’intelligence artificielle elle-même. Malgré cela, l’entreprise a assuré que les dispositifs de sécurité resteraient en place.

Deux mois après ces promesses, EL PAÍS a évalué leur mise en œuvre. En créant trois profils adolescents sur ChatGPT, des poses de questions sur le suicide, la consommation de drogues et les pratiques sexuelles ont été effectuées, et cinq experts en santé mentale ont examiné les résultats. Le constat est clair : la plateforme ne respecte pas ses engagements en matière de sécurité, fournissant encore des informations susceptibles de nuire aux jeunes, et avertissant les parents d’éventuels comportements problématiques, souvent trop tard.

La récente explosion du développement de l’IA par des entreprises et des institutions est essentiellement alimentée par des promesses d’applications futures mal définies. Des systèmes comme ChatGPT demeurent des solutions à la recherche de problématiques à résoudre. La précipitation à conquérir des parts de marché pousse ces entreprises à attirer des utilisateurs, en leur proposant des produits qui manquent de garanties non seulement d’efficacité, mais également de sécurité.

Sam Altman, le fondateur d’OpenAI, a reconnu que plus d’un million d’utilisateurs abordent des sujets tels que le suicide avec ChatGPT chaque semaine. Cela représente un danger, particulièrement pour les adolescents. Selon une étude menée auprès de jeunes britanniques, un adolescent vulnérable sur quatre préfère discuter avec un chatbot plutôt qu’avec une personne réelle. Les conséquences de cette situation sur la société seront à la fois profondes et imprévisibles.

Ce fiasco illustre que, dans la course commerciale actuelle pour dominer l’IA, il est naïf d’attendre des entreprises qu’elles fassent preuve de modération et de prudence. Deux solutions s’offrent à nous : soit un engagement fort de l’ensemble du secteur à établir des limites communes et efficaces, soit, à défaut, une réglementation stricte de l’IA par les autorités. Quoi qu’il en soit, une réponse est attendue de toute urgence.

Points à retenir

  • OpenAI a mis en place des mesures de sécurité pour prévenir les abus des mineurs sur ses plateformes.
  • Des enquêtes menées révèlent que ces mesures ne sont pas respectées.
  • Plus de un million d’adolescents parlent de suicide sur ChatGPT chaque semaine.
  • Les jeunes préfèrent souvent échanger avec des chatbots plutôt qu’avec des adultes, ce qui pose un vrai problème.
  • La régulation et la responsabilité dans le développement de l’IA sont plus que nécessaires.

Le sujet de la sécurité des jeunes en ligne est crucial, et je ne peux m’empêcher de penser à l’ampleur de ce défi face à l’accélération des technologies. Comment concilier innovation et protection des plus vulnérables ? Il est impératif que cette question soit au cœur des discussions, tant au niveau social que règlementaire. L’avenir de notre société, et en particulier celui des jeunes, dépendra de notre capacité à trouver des solutions équilibrées.


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