jeu. Juin 25th, 2026

Panza Capital, la société d’investissement fondée par les anciens de Bestinver, Beltrán de la Lastra et Guillermo Trigo, a célébré son troisième anniversaire l’année dernière avec un rendement de près de 40 % sur sa principale stratégie, Panza Valor. La société a clôturé l’exercice avec 240 millions d’euros d’actifs sous gestion et plus de 2 000 clients. Son président et directeur des investissements, Beltrán de la Lastra, a souligné lors de la présentation trimestrielle que ces résultats ont été atteints grâce à une approche prudente, “sans prendre de risques inutiles, et nous avons constitué un portefeuille capable de rester attractif dans les années à venir”.

Cette prudence les incite à alerter sur les valorisations excessives qu’ils observent dans les grandes entreprises technologiques liées à l’intelligence artificielle (IA), même si plusieurs analystes estiment que la croissance des bénéfices justifie leur potentiel futur. “Il existe une partie très chaude du marché, avec une bulle de l’IA plus importante que celle des dot-com en matière de valorisation. Il est essentiel de différencier l’impact de l’IA sur l’économie réelle et les cours de bourse des entreprises”, a déclaré De la Lastra.

En plus de cette surchauffe dans le secteur de l’IA, Panza Capital considère que les deux autres grands risques résident dans le nouvel ordre géopolitique en formation et le niveau d’endettement élevé des gouvernements, des ménages et des entreprises, qui deviendra un enjeu crucial dans les années à venir, selon De la Lastra.

Face à ce contexte, Panza Capital préfère se distancier des extrêmes du marché et concentrer ses investissements dans des secteurs plus stables, où ils détectent des opportunités dans le domaine de l’automobile, notamment au niveau des composants, comme Cie Automotive ou Forvia, tout en ajoutant BMW dans leur portefeuille.

De la Lastra a ajouté : “Dans le secteur automobile, plusieurs dynamiques sont en jeu : l’électrification, les nouveaux concurrents chinois… C’est une industrie mondialisée, mais l’environnement géopolitique fragmente le marché. Si les entreprises chinoises souhaitent s’implanter en Europe, elles devront s’appuyer sur des équipes locales pour l’assemblage”.

Au cours de l’année passée, la société a liquidé ses positions dans le secteur bancaire et ne conserve que Babcock dans ses investissements liés à la défense. “Depuis l’arrivée de la nouvelle direction en 2020, l’entreprise a presque totalement réduit sa dette et a réussi à croître de manière rentable. Aujourd’hui, elle dispose d’une position financière solide, avec une activité qui progresse de manière avisée et des contrats stratégiques avec le Royaume-Uni, l’Australie, l’Afrique du Sud, le Canada et la France”, d’après le directeur des investissements de Panza.

La société a également cessé ses investissements dans le secteur des spiritueux via Pernod Ricard et Campari, ainsi qu’en Epiroc et Rovi. Elle a également diminué son exposition à Ryanair. À l’inverse, ils ont accru leur position dans le fabricant de catalyseurs Johnson Matthey et dans Renishaw, reconnu pour ses solutions de mesure de précision.

Points à retenir

  • Panza Capital affiche un rendement de près de 40 % sur sa stratégie phare.
  • La prudence dans l’approche d’investissement s’avère fondamentale.
  • Les valorisations dans le secteur de l’IA suscitent des inquiétudes.
  • Un nouvel ordre géopolitique et l’endettement élevé sont des facteurs de préoccupation majeurs.
  • Des investissements sont orientés vers des secteurs plus stables comme l’automobile.
  • Panza a liquidé ses positions dans le secteur bancaire et a réorienté son portefeuille.

En tant qu’observateur des tendances économiques, je trouve le chemin emprunté par Panza Capital à la fois fascinant et révélateur des évolutions à venir. L’équilibre entre prudence et prise de risque stratégique est un exercice délicat, surtout dans un marché aussi mouvant que celui de l’IA. La réflexion sur l’impact réel de ces technologies sur l’économie est essentielle. Comment devrions-nous ajuster nos attentes face à des valorisations parfois déconnectées de la réalité économique ? Il semble crucial de garder un regard critique pour naviguer avec succès dans cette ère d’incertitudes.


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