Dave Bittner : Bonjour et merci de vous joindre à nous. Dans cette édition spéciale de N2K CyberWire, la Dr. Bilyana Lilly, PDG, conseillère en cybersécurité et auteure, s’entretient avec Brandon Karpf, rédacteur en chef exécutif de N2K CyberWire, au sujet de son nouveau roman, « Digital Mindhunters ». [ Musique ]
Brandon Karpf : Nous avons le plaisir de retrouver la Dr. Bilyana Lilly sur le podcast. Bilyana, c’est formidable de vous avoir de nouveau parmi nous.
Bilyana Lilly : Merci de m’accueillir à nouveau, Brandon. Je suis très heureuse d’être ici.
Brandon Karpf : Aujourd’hui, nous souhaitons explorer en profondeur votre nouveau livre. Ce n’est pas votre première œuvre, si je ne m’abuse, c’est votre troisième, n’est-ce pas ?
Bilyana Lilly : C’est exact.
Brandon Karpf : En effet, c’est votre troisième livre. Vous êtes bien connue de notre public en tant qu’expert en guerre de l’information et dans le domaine géopolitique. Ce livre est un peu différent. Si les thèmes abordés restent familiers, c’est votre première tentative dans l’écriture de fiction. Je voudrais partager une description de l’ouvrage, car celui-ci promet d’être captivant. Le titre du livre est « Digital Mindhunters ». Dans un jeu d’espionnage et de tromperie, une analyste découvre un complot de la Russie visant à utiliser l’intelligence artificielle, l’espionnage et la désinformation comme armes de chaos contre les États-Unis. Alors qu’elle se débat pour déjouer une tentative d’assassinat, elle se retrouve prise dans un réseau d’intrigue internationale, découvrant une menace parallèle d’un réseau d’espions chinois cherchant à voler des données, manipuler les électeurs américains et démanteler les fondements mêmes de la démocratie américaine. Ce roman englobe vraiment de nombreux enjeux contemporains, notamment en 2024. D’où vous est venue l’idée ?
Bilyana Lilly : C’est une excellente question, Brandon. J’ai de nombreuses réponses à cela. Tout au long de ma carrière, j’ai toujours été académique et j’ai adhéré à une recherche factuelle. Toutefois, mes expériences m’ont amenée à réaliser que, faisant des rencontres, j’ai eu l’occasion d’échanger avec de nombreuses personnes. J’ai commencé dans le désarmement nucléaire et la défense antimissile. À l’époque, beaucoup de traités étaient déjà bien établis depuis des années, et il y avait de nombreuses publications sur le sujet. Mais avec la cybersécurité et la guerre de l’information, je me suis rendu compte que notre domaine évolue tellement rapidement qu’il est crucial de dialoguer avec les gens. J’ai donc voyagé dans plusieurs pays d’Europe et j’ai discuté avec des officiels et des agents de renseignement, ce qui m’a permis de découvrir des affaires non publiées qui méritaient d’être explorées.
Brandon Karpf : Cela a du sens, surtout vu votre parcours dans les traités nucléaires, un domaine où les accords sont bien ancrés. Cependant, pour l’intelligence artificielle et les opérations cybernétiques, il reste encore beaucoup à définir. J’apprécie votre démarche d’utiliser la fiction pour contextualiser des sujets complexes.
Bilyana Lilly : Je suis d’accord. Je souhaitais montrer que la guerre de l’information ne se limite pas à des décideurs isolés ; elle touche chaque citoyen. Beaucoup de gens se préoccupent principalement de leur communauté et ne réalisent pas que la désinformation les cible à un niveau individuel. J’ai voulu illustrer que nous devons tous être conscients de ces menaces.
Brandon Karpf : Tout le monde présente des vulnérabilités. Quelque part, nous avons tous cliqué sur une information que nous aurions dû ignorer. Cette problématique affecte chacun d’entre nous, peu importe notre position.
Bilyana Lilly : Tout à fait !
Brandon Karpf : Pourriez-vous nous donner quelques exemples d’histoires récentes qui ont influencé votre écriture ?
Bilyana Lilly : Bien sûr. En tant que Bulgare, j’ai examiné de nombreuses sources primaires sur la guerre de l’information en Russie. J’ai découvert que des journalistes et des politiques en Bulgarie avaient été influencés par la Russie. Ces histoires démontrent qu’il est possible d’avoir des candidats « Manchuriens » dans n’importe quel pays, y compris les États-Unis, où les activités des Russes se manifestent de manière croissante.
Brandon Karpf : Cela fait écho à des préoccupations très actuelles. La Russie semble de plus en plus active sur le front de la désinformation.
Bilyana Lilly : Oui, et cela est également observable en ce qui concerne les opérations cybernétiques. Les campagnes que la Russie mène à travers l’Europe devraient alerter tout le monde.
Brandon Karpf : En effet, et il y a aussi cette part chinoise, non ?
Bilyana Lilly : Absolument. La Chine représente une menace croissante, et leur activité d’espionnage et de vol de données doit être surveillée de près. Des comportements agressifs se dessinent, et ces actions doivent être comprises et documentées.
Points à retenir
- La fiction peut offrir un aperçu des enjeux contemporains de cybersécurité et de désinformation.
- Une plus grande sensibilisation des citoyens est essentielle face aux menaces informationnelles.
- Les opérations cybernétiques sont menées par des acteurs étatiques sur de multiples fronts, demandant une vigilance constante.
En somme, le livre de Bilyana Lilly ne se limite pas à raconter une histoire d’espionnage ; il soulève des questions sur notre responsabilité face à l’information que nous consommons. À l’ère de la désinformation, comment pouvons-nous développer notre pensée critique pour naviguer dans cette réalité complexe ?
Le livre de Bilyana Lilly met en lumière des enjeux cruciaux de notre époque. La fiction est un excellent moyen de sensibiliser sur la désinformation et la cybersécurité.
Le livre de Bilyana Lilly semble capturer l’essence des défis actuels liés à la désinformation. Sa perspective unique sur la cybersécurité est inspirante et nécessaire.