par Tommaso Vissoli
Daidalos a vu vu le jour dans les laboratoires de l’Université de Bologne et dans les couloirs de l’incubateur Almacube, mais elle a déjà les yeux rivés sur la Silicon Valley. Cette jeune startup deep tech vise à transformer la manière dont l’intelligence artificielle est intégrée dans les puces électroniques, réduisant ainsi la consommation d’énergie jusqu’à 57 % par rapport aux solutions actuelles.
Le projet allie innovation, durabilité et un lien fort avec l’Emilie-Romagne. Ce lien s’étend également à Ferrara, ville natale d’Erik Vendemmiati, responsable financier de Daidalos, qui nous explique pourquoi cette initiative, née à Bologne, tisse aujourd’hui des liens avec son territoire d’origine.
Erik, Daidalos a vu le jour à Bologne mais s’intéresse également à Ferrara. Qu’est-ce qui vous a poussés à implanter une partie du projet dans cette ville natale ?
“Daidalos a émergé à Bologne, au cœur d’un écosystème dynamique de technologies AI, comme le montre le projet de Data Valley. Notre objectif est de contribuer activement au développement technologique et territorial de l’Émilie-Romagne. Néanmoins, il est essentiel pour nous de rester connectés à nos racines : Jonathan et Francesca, les fondateurs, viennent de Reggio Emilia, tandis que je suis originaire de Ferrara. Nous avons ainsi établi des partenariats avec E4, une entreprise de Scandiano reconnue dans le domaine, tout en participant au programme Follow Startup basé à Ferrara. De plus, nous sommes très attentifs aux diplômés en ingénierie de l’Université de Ferrara, espérant un jour pouvoir intégrer de jeunes talents locaux au sein de notre équipe.”
Ferrara est-elle perçue comme un pôle high-tech ? Que représente, pour vous, le développement d’une technologie aussi avancée dans un territoire sans une forte tradition dans le deep tech ?
«Cela représente pour nous une opportunité ainsi qu’un défi. Nous souhaitons contribuer à rapprocher Ferrara du niveau d’innovation de Bologne. La ville dispose déjà d’une solide base universitaire, comme le montrent les chiffres encourageants des inscriptions. Nous suivons avec attention les initiatives de l’administration municipale en faveur des jeunes entrepreneurs et rêvons de voir Ferrara figurer sur la carte italienne du deep tech, aux côtés des villes qui mènent l’innovation aujourd’hui. Il est temps que notre ville, connue pour son histoire et son tourisme, émerge également en tant que centre technologique.”
Le projet Follow Startup met en avant l’entrepreneuriat local. Quelles collaborations ou opportunités ont découlé de cette expérience ?
“Nous tenons d’abord à remercier ceux qui soutiennent ce projet, car il peut véritablement changer la donne pour l’entrepreneuriat jeune et académique. Grâce à Follow Startup, nous avons pu perfectionner notre plan d’action, en améliorant plusieurs aspects de notre modèle économique, qui n’est pas toujours facile à appliquer dans le deep tech en Italie. De plus, cette initiative nous a permis de rencontrer des acteurs et des personnalités internationales, y compris à San Francisco, dont nous espérons qu’ils deviendront de futurs investisseurs. Mais surtout, elle a contribué à créer un réseau régional de startups et d’entreprises innovantes, condition essentielle pour faire croître l’écosystème de l’Émilie-Romagne.”
Vous êtes originaire de Ferrara : quelle importance revêt le maintien d’un lien avec vos racines tout en visant la Silicon Valley ?
“C’est primordial. Je pense qu’il est essentiel de ne jamais oublier d’où l’on vient, car nos racines façonnent notre identité. Aujourd’hui, le marché américain est crucial pour la croissance d’une startup comme la nôtre, car notre technologie dialogue avec des géants comme Intel ou AWS. Cependant, notre but est de conserver notre âme émiliaine, celle qui met l’accent sur la qualité — tant dans notre travail que dans nos relations humaines. Nous espérons qu’un jour, un véritable pôle technologique d’avant-garde pourra naître entre Reggio Emilia, Bologne et Ferrara, capable de rivaliser avec les leaders européens.”
Quels bénéfices concrets un projet comme Daidalos peut-il apporter à Ferrara — en termes de compétences, d’emplois ou de culture de l’innovation ?
“Des projets comme le nôtre peuvent créer un cercle vertueux : plus d’innovation signifie davantage d’opportunités d’emploi pour les ingénieurs, data scientists et chercheurs. Par ailleurs, le développement de la Data Valley et les investissements européens dans l’intelligence artificielle peuvent également bénéficier à Ferrara, en valorisant les activités de recherche de l’Université et en créant de nouvelles synergies avec les entreprises locales. Notre rêve est d’être un exemple pour les jeunes : montrer qu’il est possible, même depuis une ville provinciale, de viser haut et de bâtir quelque chose de durable et ambitieux.”
Daidalos prouve que l’innovation et le territoire ne doivent pas suivre des chemins parallèles. De Bologne à la Silicon Valley, en passant par Ferrara, cette startup emilienne aspire à construire un futur où la technologie devient plus durable, et où même une ville de province peut être le moteur de l’innovation.
Points à retenir
- Daidalos, startup deep tech, vise à réduire la consommation énergétique des technologies AI de 57 %.
- La société met un point d’honneur à maintenir des liens avec le territoire d’origine de ses fondateurs.
- Ferrara aspire à devenir un centre de référence pour l’innovation en Emilia-Romagne.
- Le projet Follow Startup favorise les synergies entre startups et entreprises locales.
- Daidalos souhaite incarner un modèle d’excellence pour les jeunes et les entrepreneurs émergents.
En effet, la trajectoire de Daidalos soulève une question passionnante sur le rôle que peuvent jouer des villes moins connues dans le paysage technologique. Avec les bonnes initiatives et un soutien adéquat, pourquoi Ferrara ne pourrait-elle pas devenir une référence en matière d’innovation ? Cela nous amène à réfléchir aux futurs possibles et aux trésors cachés qui pourraient encore émerger dans nos territoires.