La recherche scientifique, en particulier en Italie, a longtemps été le domaine réservé d’académiques et d’experts aux CV impressionnants. Le projet “Étudiants pour la Recherche”, mis en place à l’Université UniCamillus, vise à révolutionner cette approche en impliquant directement les étudiants dans les cycles de recherche, un modèle déjà éprouvé dans plusieurs pays avancés.
De l’Erasmus à premier auteur de recherches
Cette initiative est née d’une expérience personnelle. Un jeune étudiant, sur le point d’obtenir son diplôme en médecine et partant pour un Erasmus en Allemagne, m’a sollicité pour réaliser une thèse en chirurgie maxillo-faciale. Malgré ses compétences et son engagement – il parlait couramment quatre langues et avait de très bonnes notes – il n’avait pas réussi à trouver de professeurs prêts à encadrer son projet. J’ai donc décidé de lui donner une chance, conscient que la distance rendrait le suivi compliqué. Je lui ai fourni le matériel nécessaire et lui ai expliqué que son travail serait la base d’un article scientifique. Pendant six mois, je n’ai eu aucune nouvelle de lui, et j’ai commencé à craindre que mes collègues, ayant refusé de le soutenir, aient eu raison. À son retour, il m’a surpris avec un article scientifique rédigé dans un anglais impeccable, parfaitement conforme à nos objectifs initiaux. J’ai simplement ajouté quelques images et soumis le manuscrit, en mettant son nom en première position, à l’une des revues scientifiques les plus renommées. L’article a été accepté avec peu de révisions.
Le projet mobilise 100 étudiants
C’est à ce moment-là que j’ai compris une vérité essentielle : si on les guide et les valorise, les étudiants peuvent devenir des acteurs clés de la recherche scientifique. Pour assurer la transparence et l’égalité des chances, Étudiants pour la Recherche repose sur le principe “premier arrivé, premier servi”. Le fonctionnement est simple : un groupe de travail en ligne est constitué, permettant aux étudiants intéressés de participer à des projets de recherche. Les enseignants ou chercheurs publient le titre du projet ainsi que les exigences requises (comme l’année d’étude, les examens passés ou la connaissance des langues étrangères). Le premier étudiant à répondre a droit à un entretien avec le professeur. Si l’entretien est concluant, un accord est établi fixant un engagement de la part de l’étudiant ainsi qu’une garantie de présence de son nom dans les publications scientifiques éventuelles. Au début, je craignais que peu d’étudiants s’inscrivent, mais j’avais tort : chaque fois qu’un nouveau projet est annoncé, les demandes affluent en un rien de temps. Aujourd’hui, Étudiants pour la Recherche rassemble plus de 100 étudiants de UniCamillus, soutenus par la professeure Tavazzi, présidente du cursus de Médecine et Chirurgie, et le professeur Maiani, chargé de la recherche.
Les résultats marquants des groupes de recherche
Les résultats ont rapidement été au rendez-vous. Un groupe de trois étudiants a, par exemple, analysé les résultats d’interventions chirurgicales chez 50 nouveau-nés, révélant un mécanisme de croissance faciale particulièrement actif durant les premières semaines de vie. Cette découverte, présentée lors de congrès internationaux et publiée dans des revues scientifiques, a contribué à établir une technique chirurgicale comme norme internationale. Dans un autre projet, une équipe d’étudiants a étudié des portraits de l’amiral Horatio Nelson, identifiant une fracture du zygoma droit qui a déformé son visage, un détail jamais mentionné auparavant dans la littérature historique et médicale. Le projet Étudiants pour la Recherche prouve que lorsque les étudiants sont activement engagés, ils peuvent apporter une contribution significative à la science tout en évoluant en tant que futurs professionnels. Le rôle des enseignants n’est pas seulement de transmettre des connaissances, mais aussi de créer des opportunités pour que les jeunes puissent développer pleinement leur potentiel. Dans un monde de plus en plus compétitif, l’Italie ne peut pas se permettre de laisser ses esprits les plus brillants de côté. L’avenir de la recherche dépendra inévitablement d’eux.
* Directeur du Master en Réhabilitation Maxillo-Faciale – Université UniCamillus
Bon à savoir
- Le projet “Étudiants pour la Recherche” est un modèle d’implication étudiante dans la recherche scientifique.
- Les étudiants participants ont l’opportunité de se faire connaître par leurs publications.
- Cette approche pourrait inspirer d’autres universités à améliorer l’implication des étudiants dans des projets de recherche.
En conclusion, cette initiative met en lumière le potentiel inexploité des étudiants dans le domaine de la recherche et soulève la question de l’avenir de la formation académique. Comment garantir un véritable épanouissement des jeunes talents dans un système qui traditionnellement les marginalise ? Ce modèle pourrait-il être une clé pour rendre la recherche plus accessible et inclusive ?
Hervina Voahirana, bravo pour cet article ! Impliquer les étudiants dans la recherche est une idée brillante. Cela donne un souffle nouveau à l’éducation.
C’est inspirant de voir comment les étudiants peuvent véritablement contribuer à la recherche. Leur énergie et leur passion sont essentielles pour faire avancer la science, surtout en pédiatrie.