
Parmi les nombreuses manifestations symbolisant le déclin de l’Occident, il est important de noter que le « Gay Pride » s’affiche comme l’une des plus reconnues, anciennes et réussies. Bien que ses fervents promoteurs en attribuent la genèse à 1970 à Chicago — ce qui confère un caractère noble à ce qui est ancien, même à ceux qui méprisent les plus riches traditions de l’humanité — c’est lors du « Pride » tenu à Rome en 2000 que ce phénomène a pris des allures de rite collectif et de célébration acceptée. Le concept d’« orgueil » a ainsi évolué, passant d’un « vice capital » souvent associé au diable par les religions, à une « vertu » à revendiquer pour ceux qui sont fiers de leur (irréprochable et ineffable) « diversité ».
Ce type d’événements, désormais répandu sur les cinq continents, a connu de nombreuses évolutions et particularités locales, dépassant largement les limites de la décence et la contradiction logique. Par exemple, le dimanche 10 août, un Pride tout à fait unique s’est tenu à Londres, précisément au Queen Elizabeth Olympic Park de Stratford : le « Black Pride ».
Cette manifestation se déroule dans la capitale britannique depuis 2005, débutant modestement avec un bus rempli de passagers à Southend-on-Sea, et ayant depuis connu une croissance exponentielle grâce au soutien ininterrompu des médias. Les dernières éditions ont attiré plus de 25 000 participants venant de toute la région est de Londres.
La particularité et l’absurdité manifeste d’un événement qui prône l’inclusivité résident dans le fait que, comme le stipule le programme, cet événement « célèbre les personnes d’origine africaine, asiatique, caribéenne, latino-américaine et moyen-orientale ». Il leur offre un « espace sûr » pour se rassembler et mettre en avant « les différentes sexualités, identités, expressions de genre et cultures ».
Mais donc, au-delà des hétérosexuels considérés comme ennuyeux, les citoyens et citoyennes ne figurant pas sur la liste « ethnique » — pour ne pas dire « raciale » — établie par les organisateurs semblent moins bienvenus. Quel intérêt d’annoncer clairement ces origines ethniques et nationales sur les réseaux sociaux ? Et pourquoi désigner un événement « Black Pride » si ce n’est pour réduire la participation de ceux qui ne sont pas « black » ?
L’adjectif « black » (noir) peut revêtir de multiples significations, y compris symboliques, mais parler d’« origines africaines, asiatiques, moyen-orientales » n’a de sens que si le citoyen « blanc » — qui constitue sans aucun doute l’habitant le plus courant de l’histoire anglaise et londonienne — est exclu de cette fête arc-en-ciel. Certains coloris doivent donc être moins appréciés que d’autres, ou cela renvoie à un daltonisme idéologique, non perçu et cependant en contradiction avec la lutte contre le « racisme », que les promoteurs promettent de combattre au nom de la diversité (ou presque).
Le thème et le message du « Black Pride 2025 », comme l’indiquent les organisateurs sur leur site, se veulent « une lettre d’amour » dédiée à notre « constante évolution » en tant que « personnes LGBTQ+ noires et LGBTQ+ de couleur ». Ni plus (inclusif), ni moins.
Et que se passerait-il si des homosexuels conservateurs ou provocateurs organisaient un « White Pride » destiné à l’évolution en tant qu’individus « LGBTQ blancs », réservé aux « Européens de sept générations » ou aux seuls « Anglais WASP » (blancs, anglo-saxons, protestants) ? Que diraient alors ces promoteurs de tolérance, de mélange et d’ouverture comme style de vie ? Par ailleurs, tous les « artistes » programmés pour le « Black Pride » londonien (tels que Shanay Maliya, Project Reese, Durand Bernarr) ainsi que les présentateurs (Will Njobvu, Rikki Beadle-Blair, Josie Peres) reflètent cette exclusion envers ceux qui n’ont pas eu la « chance » — ou malchance — de naître « black ».
« En plus des performances en direct, il y aura des conférences, des stands communautaires et des ateliers à découvrir et à auxquels participer » : espérons que les intervenants et conférenciers n’ont pas été choisis en fonction de la couleur de leur peau. « Hissons le pouvoir que nous possédons », concluent les « fiers » pour « façonner le monde qui nous entoure » : « Préparez-vous donc pour notre célébration la plus grande, la plus belle et la plus noire jamais vue ». Très bien. Mais les antiracistes, c’est vous ?
Bon à savoir
- Le « Black Pride » s’inscrit dans une série de célébrations qui visent à mettre en lumière les parcours des personnes issues de divers horizons.
- Des discussions sur l’identité et l’inclusivité sont essentielles pour avancer vers une société plus égalitaire.
- Le terme « Black Pride » peut susciter des débats sur la nécessité d’un espace réservé pour certaines communautés.
La question centrale reste : comment parvenir à une véritable inclusivité sans créer de nouvelles formes d’exclusion ? Il est essentiel d’engager un dialogue ouvert sur ces enjeux pour avancer ensemble vers une société plus compréhensive et solidaire.