mer. Juin 24th, 2026

Selon une nouvelle étude menée par l’Institut de Santé Globale de Barcelone (ISGlobal), en partenariat avec INSERM – Université de Grenoble Alpes et soutenu par la Fundación “la Caixa”, il a été démontré qu’une meilleure qualité de l’air intérieur, la proximité de la nature, une alimentation équilibrée et un bon réseau social sont corrélés à une réduction de l’inflammation et une meilleure régulation immunitaire chez les enfants. Les résultats, publiés dans la revue Environment International, offrent des perspectives éclairantes sur l’impact des expositions environnementales précoces sur la fonction immunitaire à long terme et la santé en général.

Le cadre dans lequel nous grandissons joue un rôle fondamental dans notre santé tout au long de notre vie. Le terme exposome désigne l’ensemble des expositions environnementales subies depuis la conception, englobant des éléments tels que la pollution de l’air, la nutrition, le stress et le contexte social. Bien que de nombreuses études aient exploré comment ces facteurs individuels influencent la santé infantile, peu se sont penchées sur leur impact combiné, en particulier sur la régulation du système immunitaire, qui joue un rôle central dans le développement de maladies chroniques telles que l’obésité, le diabète et les troubles respiratoires.

Cette étude repose sur la cohorte Human Early Life Exposome (HELIX), dans le cadre du projet ATHLETE, regroupant 845 enfants issus de six cohortes de naissance dans divers pays : le Royaume-Uni (BiB), la France (EDEN), l’Espagne (INMA), la Lituanie (KANC), la Norvège (MoBa) et la Grèce (RHEA). « Nous avons évalué comment une vaste gamme d’expositions environnementales, tant prénatales que postnatales, influencent la fonction immunitaire chez les enfants et en quoi ces profils immunitaires se relient à leur santé cardiométabolique, respiratoire et neurologique », explique Léa Maitre, coordinatrice du Hub Exposome d’ISGlobal et auteure principale de l’étude.

L’impact de l’environnement durant les premières années de vie

Les auteurs ont analysé 91 expositions environnementales distinctes subies pendant la grossesse et l’enfance, regroupées en 13 catégories, incluant les expositions extérieures (pollution de l’air, espaces verts et bleus), les expositions intérieures (polluants domestiques, agents chimiques), ainsi que des facteurs de style de vie (alimentation, activité physique, sommeil, exposition à la nicotine) et des indicateurs socioéconomiques (niveau d’éducation des parents, revenus, soutien social).

« Pour évaluer la santé immunitaire, nous avons examiné trois niveaux biologiques grâce aux échantillons de sang de chaque enfant : la composition des globules blancs, les concentrations de protéines plasmatiques et la méthylation de l’ADN dans les globules blancs », précise Ines Amine, chercheuse à INSERM – Université Grenoble Alpes et première auteure de l’étude.

Des modèles statistiques avancés ont été employés pour identifier les « profils » immunitaires — des schémas au sein du système immunitaire — en rapport avec un indice composite de santé intégrant des résultats respiratoires, métaboliques et cognitifs. Un algorithme de réduction dimensionnelle, l’Analyse Canonique Généralisée Régularisée (RGCCA), a été utilisé pour l’intégration des données multi-omiques de l’exposome. Cette recherche a été réalisée en collaboration avec l’Université Paris-Saclay, le CNRS et CentraleSupélec.

Profils immunitaires liés à de meilleurs résultats de santé

L’étude a permis d’identifier chez les enfants trois types de profils immunitaires associés à une meilleure santé globale. Deux d’entre eux, basés sur les protéines sanguines, indiquaient des niveaux d’inflammation plus faibles. Le troisième, fondé sur les globules blancs, attestait d’un système immunitaire équilibré et bien régulé. Ces « profils favorablement associés » étaient liés à des expositions environnementales spécifiques durant l’enfance : une meilleure qualité de l’air intérieur, la proximité d’espaces bleus (lacs, rivières ou côtes), des habitudes alimentaires plus saines et un capital social accru (tels que la participation sociale et le soutien familial et communautaire).

« Nos résultats soulignent l’importance de ces facteurs environnementaux dans la réduction de l’immunotoxicité liée à la santé infantile », conclut Léa Maitre. « Améliorer la qualité de l’air intérieur, promouvoir des régimes alimentaires sains, garantir l’accès à des espaces naturels et renforcer les systèmes de soutien communautaire sont des stratégies précieuses susceptibles d’améliorer des processus inflammatoires significatifs, revêtant une grande importance clinique pour la santé cardiométabolique, respiratoire et neurologique des enfants. »

Référence

Amine, I., Anguita-Ruiz, A., Guillien, A., Basagaña, X., Bustamante, M., Borràs, E., Cirach, M., Dedele, A., Dobaño, C., Garcia-Aymerich, J., Granum, B., Grazuleviciene, R., González, J. R., Julvez, J., Keun, H., López-Vicente, M., McEachan, R., Moncunill, G., Nieuwenhuijsen, M., … Maitre, L. (2025). Early-life exposome and health-related immune signatures in childhood. Environment International, 202(109668), 109668.

Bon à savoir

  • Une alimentation variée et équilibrée peut renforcer le système immunitaire des enfants.
  • Les activités physiques régulières permettent de réduire les niveaux de stress chez les jeunes.
  • Le lien social, qu’il soit familial ou communautaire, joue un rôle crucial dans le bien-être mental des plus jeunes.

En somme, cette étude éclaire l’importance capitale des éléments environnementaux sur la santé infantile. La qualité de l’air, l’alimentation et le soutien social ne doivent pas être négligés, car ils pourraient définir le parcours de vie en matière de santé. Comment pouvons-nous, au niveau personnel et sociétal, renforcer ces aspects pour un avenir plus sain pour nos enfants ?


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