mar. Juin 23rd, 2026

Une récente étude menée par la Université d’État de Pennsylvanie a révélé que les parents ayant connu des situations difficiles pendant leur enfance, telles que la pauvreté ou des environnements familiaux instables, accroissent de manière significative le manque de soutien financier apporté à l’éducation universitaire de leurs enfants, par rapport à ceux dont l’enfance a été marquée par peu ou pas de désavantages. Ce travail de recherche, dirigé par Kent Cheng, chercheur postdoctoral au Centre pour le Vieillissement en Santé de cet établissement, a été publié dans le Journal of Marriage and Family.

Cheng souligne qu’indépendamment du statut socio-économique actuel, les parents ayant affronté des difficultés durant leur jeunesse fournissent en moyenne 2 200 dollars de moins pour les dépenses éducatives de leurs enfants que ceux issus de milieux plus favorisés. Ce constat met en lumière la manière dont les inégalités peuvent se reproduire d’une génération à l’autre.

Pour mener cette étude, les chercheurs ont utilisé les données provenant du Panel Study of Income Dynamics (PSID), une enquête longitudinale nationale lancée en 1968, qui recueille des informations sur l’emploi, les revenus et d’autres paramètres pertinents. Cheng a croisé ces données avec celles d’une enquête rétrospective sur les circonstances de l’enfance réalisée par le PSID en 2014, portant sur des facteurs économiques, psychosociaux et de santé durant l’enfance des participants.

Pour évaluer l’impact de ces désavantages, Cheng a élaboré une échelle reposant sur 13 critères. Les résultats ont montré que les parents ayant connu quatre désavantages ou plus durant leur enfance ont contribué en moyenne 4 600 dollars aux coûts universitaires de leurs enfants, tandis que ceux n’ayant rencontré aucun désavantage ont apporté 6 800 dollars. En confrontant ces chiffres avec le coût moyen de l’éducation supérieure en 2013, il apparaît que les parents avec des désavantages étaient capables de couvrir seulement 23 % des frais annuels de l’université, contre 34 % pour ceux sans désavantage.

Les conclusions demeurent valides même après avoir pris en compte le niveau socio-économique actuel des parents. “Ce constat montre clairement que l’enfance laisse une empreinte durable sur la capacité d’un individu à soutenir financièrement ses enfants plus tard dans la vie, même s’il parvient à réussir dans la vie adulte”, a déclaré Cheng.

Les chercheurs ont souligné l’importance croissante de comprendre comment les expériences défavorables peuvent restreindre la mobilité éducative des générations suivantes, dans un contexte où les frais universitaires ne cessent d’augmenter. Cheng a également insisté sur le fait que le soutien financier parental peut avoir un impact notable. “Si vos parents peuvent vous aider financièrement pour éviter de devoir contracter des prêts pour l’université, cela vous place dans une position avantageuse”, a-t-il indiqué.

Toute cette recherche, financée par l’Institut National du Vieillissement, offre de nouvelles perspectives sur le lien entre expériences familiales, réussite éducative et inégalités sociales. Mais surtout, l’étude illustre comment ces inégalités peuvent se transmettre de génération en génération.

Bon à savoir

  • Le Panel Study of Income Dynamics (PSID) est une source précieuse pour évaluer l’évolution des conditions de vie des familles américaines depuis des décennies.
  • Les facteurs psychosociaux abordés dans l’étude peuvent inclure le stress familial, le soutien émotionnel et les performances scolaires des enfants.
  • Le soutien financier provenant des parents peut jouer un rôle décisif dans la réduction du besoin d’emprunter de l’argent pour financer des études supérieures.


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