Travailler moins ne signifie pas nécessairement avoir une productivité réduite. Dans de nombreux pays, les semaines de travail réduites vont de pair avec une économie stable, un meilleur équilibre entre vie personnelle et professionnelle, ainsi que de hauts niveaux de satisfaction personnelle. Un rapport de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) a évalué les heures de travail hebdomadaires en 2024 et a livré des résultats surprenants.
Bien que certains pays affichent les plus faibles nombres d’heures travaillées en Europe, le classement inclut également des nations africaines, asiatiques et océaniques. Dans certains cas, la réduction du temps de travail est liée à des politiques avancées en matière de travail ; dans d’autres, à des conditions économiques ou sociales très différentes.
De la Syrie aux Pays-Bas, en passant par la Norvège ou le Ghana, la carte des heures de travail réduites montre des réalités variées. Ce qu’elles ont en commun : les citoyens consacrent moins de temps au travail que la moyenne mondiale et, dans plusieurs cas, bénéficient d’environnements avec une bonne qualité de vie.
L’Europe demeure une référence en matière d’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Dans plusieurs pays, la semaine de travail est plus courte que la moyenne mondiale, tout en garantissant des salaires, une couverture sociale et des services publics élevés, contribuant ainsi à un bien-être général.
Dans de nombreux cas, ces semaines réduites ne résultent pas d’une faible productivité mais de politiques de travail qui privilégient l’efficacité, la vie de famille et la santé mentale. La culture du respect des temps de repos est profondément ancrée dans ces sociétés :
Du côté des Amériques, le Canada se distingue avec une moyenne de 32,3 heures par semaine, alliant des journées de travail plus courtes que la moyenne régionale à un niveau de vie élevé. Les politiques favorisant la vie familiale et les vacances prolongées font partie de son attrait.
En Océanie, Vanuatu affiche une moyenne de 27,6 heures, similaire à celle de la Norvège. Ce pays du Pacifique Sud combine un rythme de vie serein, étroitement lié à la nature, avec un marché du travail qui ne requiert pas de longues journées.
Tonga, quant à elle, présente une moyenne de 31,5 heures, avec une légère différence entre hommes et femmes. Son mode de vie insulaire et l’importance de la vie communautaire influent sur cet équilibre.
Le classement inclut également des pays africains tels que le Malawi (30,2 heures), le Ghana (31,9) et le Mozambique (29,4). Dans ces cas, les semaines de travail réduites ne sont pas toujours corrélées à des revenus élevés, mais plutôt à des marchés de travail informels et à des économies en développement.
En Asie, la Syrie se place en tête de liste mondiale avec seulement 25,3 heures par semaine. Elle est suivie par le Yémen (25,4) et la Norvège comme troisième pays avec le moins d’heures travaillées. Souvent, ces chiffres reflètent des situations économiques complexes ou des restrictions sur le marché du travail formel.
Des pays comme le Timor oriental (32,4) et l’Estonie (32) démontrent comment les réalités du travail peuvent varier au sein d’une même région, certains ayant adopté des semaines de travail plus courtes de manière planifiée, tandis que d’autres réagissent à des circonstances spécifiques.
Bon à savoir
- Les semaines de travail plus courtes ne sont pas forcément le résultat d’une baisse de la productivité, mais peuvent être le fruit d’une réévaluation des valeurs sociétales.
- Des pays comme la Nouvelle-Zélande et le Danemark explorent des initiatives pour promouvoir un équilibre plus sain entre travail et vie personnelle.
- Les effets bénéfiques d’une telle approche peuvent inclure une meilleure santé mentale pour les employés et une optimisation des performances au travail.
Ce questionnement sur la durée du travail amène à réfléchir sur les perceptions sociétales entourant le travail lui-même. Il serait intéressant d’explorer comment un changement vers des semaines de travail plus courtes pourrait transformer notre manière d’aborder la productivité et le bien-être au sein de nos sociétés.