Dès 2001, Diede une main à Democrazia Europea, tout en entretenant un lien avec Sergio D’Antoni, ancien secrétaire de la Cisl. Bien qu’il ne se soit pas porté candidat, son implication laissait penser le contraire.
«Pippo Baudo et la politique» a constitué un chapitre intéressant de la vie de cet animateur et auteur de télévision. La sphère publique l’a courtisé à plusieurs reprises, mais l’icône italienne a presque toujours décliné. L’Union dirigée par Prodi lui demanda de se présenter en Sicile comme candidat au Palazzo d’Orléans, mais il refusa. Quelques années plus tard, le Parti démocrate frappa également à sa porte, sans plus de succès. Un nouveau refus.
Toutefois, son intérêt pour la politique a culminé en 2001. À cette époque, l’Italie est secouée par un bipolarisme désignant d’un côté le centre-droit de Silvio Berlusconi et de l’autre le centre-gauche mené par Francesco Rutelli. Un groupe d’anciens démocrates chrétiens, ne désirant pas choisir entre les deux coalitions, aspire à la création dune sorte de troisième voie appelée Democrazia Europea. Parmi les figures de proue de cette initiative se trouvent le Sergio D’Antoni, ancien secrétaire de la Cisl, Ortensio Zecchino, ainsi que le sénateur à vie Giulio Andreotti. Baudo est impliqué dans ce projet grâce à son ami D’Antoni. Katia Ricciarelli, son épouse, est candidate à la Chambre pour l’Ombrie et les Marches.
Pippo, bien que restant en retrait, soutient activement l’initiative. Aldo Patriciello, ancien membre du Parlement européen, raconte : « Il a été à nos côtés dès le départ, nous suivant avec passion, nous encourageant et n’hésitant pas à se joindre à nous. Sa participation aux événements organisés à Venafro est mémorable : je me souviens de la foule de plus de 4000 personnes venues pour l’entendre et le voir ».
L’adhésion à Democrazia Europea est fortement liée à sa relation avec D’Antoni. Ce dernier partage : « Nous nous sommes rencontrés chez Saro Alessi, un ancien président de l’Aci, qui rassemblait les habitants de Caltanissetta vivant à Rome. Une amitié s’est nouée ce jour-là. Pippo est devenu un citoyen d’honneur de Caltanissetta, participant à toutes les manifestations religieuses du jeudi saint ». De cette amitié est née une inclinaison politique. « Nos idées coïncidaient – raconte D’Antoni – c’était un démocrate-chrétien de gauche. Il était compétent, érudit, et maîtrisait les grandes questions du pays. Ce fut une expérience enrichissante. Pippo nous a apporté son aide. Et il m’a également soutenu quelques années plus tard lors de ma candidature dans le district de Naples-Ischia ».
Sa popularité a joué un rôle déterminant en 2001. Car la présence de Baudo suscitait la curiosité. Bien qu’il ne fût pas candidat, on aurait pu le croire. Les néo-terzopolisti ne réalisent pas de percées électorales majeures, mais leur image est valorisée grâce à celle du Pippo national. Lors des élections de 2001, Democrazia Europea a recueilli 1,3 million de voix pour la partie majoritaire de la Chambre et près de 900 000 pour la partie proportionnelle.
Ils ont ensuite réussi à obtenir deux sièges au Sénat. Le rêve centriste s’est évanoui rapidement, et en 2002 Democrazia Europea se dissout dans l’Udc dirigé par Pier Ferdinando Casini. Baudo reprend son indépendance mais sera sollicité tant par Prodi que par les leaders du Parti démocrate. Tous souhaiteraient le voir à la présidence de la région sicilienne. Cela ne se concrétisera pas. Mais comme le souligne D’Antoni, « il conservera son attachement pour la Sicile, le Mezzogiorno et le social ».
17 août 2025
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Bon à savoir
- Pippo Baudo, célèbre animateur de télévision, a toujours conservé une distance par rapport à la politique tout en s’y impliquant ponctuellement.
- Democrazia Europea a représenté une alternative pour les électeurs ne s’identifiant ni au centre-droit ni au centre-gauche.
- Le parcours politique de Baudo montre l’interaction complexe entre célébrité et engagement civique.
En somme, la relation de Pippo Baudo avec la politique soulève des questions sur le rôle et la responsabilité des célébrités dans la sphère publique. Quelle influence peuvent-elles réellement avoir sur l’opinion et l’engagement des citoyens ?