Le gouvernement australien envisage de doubler les amendes pour les réseaux sociaux qui ne parviennent pas à empêcher les enfants d’accéder à leurs comptes. Cela fait suite à des constats alarmants : trois mois après l’entrée en vigueur d’un interdit mondial pour les moins de 16 ans, près de sept enfants sur dix continuent d’être actifs sur des plateformes restreintes.
Dimanche, la ministre des Communications, Anika Wells, a annoncé qu’un projet de loi serait présenté cette semaine. Ce texte propose de porter l’amende maximale à 99 millions de dollars australiens (environ 63 millions d’euros). La sanction s’appliquerait à des réseaux comme Facebook, Instagram, Snapchat et TikTok si ceux-ci n’adoptent pas des mesures adéquates pour faire respecter cet interdit, entré en vigueur le 10 décembre dernier.
Wells a pointé du doigt la responsabilité des plateformes. “Nous sommes tous d’accord pour dire que le système doit mieux fonctionner. Big Tech doit être tenu pour responsable, car elle se moque des règles”, a-t-elle déclaré à Australian Broadcasting Corp.
Depuis mars, Wells reçoit des rapports mensuels de l’organe de régulation en ligne et a noté : “Nous ne constatons aucune amélioration”.
Les modifications envisagées élargiront également les pouvoirs de la commissaire à la sécurité en ligne, Julie Inman Grant, qui pourra exiger des informations et des documents auprès des plateformes et des entreprises tierces, notamment celles spécialisées dans la vérification d’âge. Cette démarche vise à mieux comprendre comment les enfants de moins de 16 ans continuent de contourner l’interdiction.
Initialement, la société avait indiqué qu’après l’adoption de la loi, plus de 5 millions de comptes d’enfants avaient été supprimés, désactivés ou restreints. Pourtant, en mars, l’autorité de la cybersécurité a révélé que 70 % des enfants présents le jour de l’entrée en vigueur de la loi restaient actifs sur les plateformes concernées.
Inman Grant a évoqué, en avril, la possibilité d’intenter des poursuites contre ces plateformes et YouTube pour leur manque de mesures adéquates afin d’empêcher l’accès des enfants. En revanche, elle s’est montrée satisfaite des efforts fournis par d’autres services comme X, Kick, Reddit, Threads et Twitch.
La cheffe de l’opposition, Jane Hume, a signalé que son parti examinerait ces réformes, tout en insistant sur la responsabilité convenue par la loi originale. “La législation était en effet mal ficelée dès le départ. La commissaire à la sécurité en ligne n’a pas reçu les pouvoirs nécessaires pour agir contre ces entreprises de Big Tech,” a-t-elle ajouté.
Le parlement avait approuvé l’interdiction initiale en 2024 à une large majorité. Les plateformes concernées avaient alors eu plus d’un an pour se conformer aux nouvelles règles.
Plusieurs autres États, ayant mis en place ou envisageant des restrictions similaires, observent de près ce qui se passe en Australie.
Wells a conclu en affirmant que ces changements garantissent à la commissaire à la sécurité en ligne les outils nécessaires pour tenir les plateformes responsables.
Points à retenir
- L’Australie cherche à renforcer la régulation des réseaux sociaux pour protéger les enfants.
- Des amendes pouvant atteindre 99 millions de dollars australiens pourraient être infligées.
- La ministre des Communications a critiqué les plateformes pour leur manque d’efforts.
- La commissaire à la sécurité en ligne veut améliorer le suivi des comptes d’enfants.
- Des discussions sont en cours sur la meilleure approche pour rendre ces plateformes responsables.
En tant qu’observateur de cette dynamique, je me demande jusqu’où ces réglementations peuvent aller. Comment trouver un juste équilibre entre la protection des jeunes utilisateurs et la liberté d’expression sur ces plateformes ? Cela soulève des questions éthiques fondamentales auxquelles nous devons réfléchir ensemble.
