mar. Juin 23rd, 2026

Andrew “Boz” Bosworth, directeur technique de Meta, a livré son analyse sur les raisons pour lesquelles Apple a manqué le coche avec son Vision Pro.

Lors d’un entretien au Bloomberg Tech Summit mercredi soir, il a reconnu les qualités techniques de l’appareil : “Du point de vue ingénierie, c’est remarquable, félicitations à l’équipe”. Mais côté produit, il estime que c’est clairement une première tentative maladroite. Il rappelle que Meta a connu la même situation avec ses lunettes Ray-Ban Stories, un flop à leurs débuts. “Les produits de première génération sont toujours compliqués. Ce n’est qu’à la deuxième ou troisième version qu’on affine vraiment”, a-t-il précisé.

Meta et Apple, ainsi que la plupart des acteurs de la Silicon Valley, se disputent aujourd’hui ce marché naissant des lunettes connectées enrichies par l’intelligence artificielle.

Meta domine pour l’instant avec plus de 2 millions de lunettes Ray-Ban écoulées depuis leur sortie en 2023. Apple prévoit de lancer ses propres lunettes AI d’ici fin 2026. Meta produit aussi le casque Quest, vendu 300 dollars, qui rencontre un succès bien plus important que le Vision Pro d’Apple facturé 3 500 dollars et qui peine à séduire le grand public. Selon des informations du Wall Street Journal, Meta planche aussi sur un nouveau casque haut de gamme, baptisé Loma, qui devrait rester sous la barre des 1 000 dollars.

Selon Bosworth, Apple a commis plusieurs erreurs sur le Vision Pro, notamment sur la répartition du poids. “Il y a cette partie en verre qui semble suspendue sur le nez, c’est mal équilibré”, explique-t-il. Pour lui, l’échec commercial était prévisible pour ceux qui connaissent bien ce secteur.

Sur les écrans haut de gamme, il pose la question du rapport coût/bénéfice : “Bien sûr, les utilisateurs aimeraient ce genre d’appareil, mais à quel prix seraient-ils prêts à l’acheter ?”

Pour Bosworth, ces lunettes dotées d’intelligence artificielle remplaceront un jour les téléphones et les casques pourraient supplanter les ordinateurs portables. Un vœu cher à Meta, qui ne propose ni téléphone ni ordinateur, et rêve de détrôner Apple dans la vie quotidienne des consommateurs.

“Avec l’IA, le recours aux appareils portables devient évident”, précise-t-il. Mais il admet que le chemin est encore long avant que cette vision ne devienne réalité.

Dans un monde où 230 millions d’iPhones se vendent chaque année, 2 millions de lunettes intelligentes semblent bien peu en comparaison.

Un autre enjeu crucial est que ces lunettes dépendent actuellement des téléphones pour une grande partie de leur puissance de calcul. Elles fonctionnent donc en complémentarité, en attendant que la technologie permette d’intégrer plus d’autonomie sans alourdir ni rendre ces dispositifs inconfortables à porter.

Et, comme le soulignent plusieurs experts, il demeure incertain que le grand public ait réellement envie d’adopter ces nouveaux gadgets qu’imaginent les géants de la tech dans la catégorie des ordinateurs portés au visage.

Points à retenir

  • Le Vision Pro d’Apple est salué pour sa technique mais critiqué sur son design et son poids, des erreurs jugées classiques pour un premier modèle.
  • Meta, avec ses lunettes Ray-Ban Stories et le casque Quest, domine déjà ce marché naissant, notamment grâce à des prix plus accessibles.
  • Le coût élevé du Vision Pro freine son adoption, soulevant la question du juste équilibre entre innovation et tarif.
  • La dépendance des lunettes connectées aux smartphones est un frein à leur autonomie et à leur véritable indépendance technologique.
  • Le marché est encore embryonnaire, et il est loin d’être acquis que le grand public adhère massivement à ces nouvelles formes de technologie wearable.
  • Meta continue d’investir dans cette course, en espérant combler ses lacunes actuelles et bousculer la domination d’Apple.

En fin de compte, on se demande si cette bataille des lunettes connectées n’est pas un peu comme un concours de premiers rendez-vous : beaucoup d’espoirs, quelques maladresses, et une attente impatiente de voir si le charme opérera vraiment au fil des versions. Personnellement, j’ai du popcorn, et je reste curieux — parce qu’entre nous, qui n’a pas parfois rêvé de pouvoir répondre à un message les deux mains prises ?


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