mar. Juin 23rd, 2026

Le marché de l’intelligence artificielle (IA) continue de croître à un rythme effréné. Face à cette dynamique, les investisseurs ont aujourd’hui le choix entre de nombreuses entreprises. S’inspirer de figures emblématiques de Wall Street peut aussi éclairer leurs décisions. David Tepper, milliardaire et fondateur du hedge fund Appaloosa Management, en est un parfait exemple.

Au cours du premier trimestre, Tepper et son équipe ont réduit leurs participations dans plusieurs acteurs majeurs de l’IA, comme Amazon, Microsoft et Nvidia. En revanche, ils ont augmenté leur position dans la maison-mère de Facebook, Meta Platforms. Voici pourquoi les investisseurs souhaitant profiter de l’essor de l’IA devraient suivre cette tendance et considérer Meta Platforms.

Personne assise à un bureau regardant deux écrans

Crédit image : Getty Images.

Une stratégie sur le long terme

Le travail de Meta Platforms dans le domaine de l’IA a déjà produit des effets visibles sur ses résultats financiers. L’entreprise a réussi à accroître l’engagement des utilisateurs sur ses réseaux sociaux grâce à des algorithmes puissants reposant sur l’IA. Avec ses 3,4 milliards d’utilisateurs actifs quotidiens, son écosystème est un terrain de jeu idéal pour les annonceurs, qui y voient un moyen efficace de toucher leurs cibles.

Cela se traduit par une hausse des revenus publicitaires, la principale source de revenu de Meta. Mais le plus intéressant dans l’IA pour Meta pourrait bien être ailleurs. En effet, la société a développé et mis à disposition gratuitement Llama, un grand modèle de langage (LLM). Ce choix, à première vue surprenant, est expliqué par Mark Zuckerberg, PDG de Meta : publier un modèle open source vise à attirer les talents de l’IA pour améliorer Llama, qui pourrait alors devenir un LLM de référence sur le marché.

Meta adopte une approche presque « démocratique », convaincue que cette stratégie offrira des résultats concrets rapidement. Llama alimente Meta AI, un assistant virtuel intelligent. À mesure que ce travail avance, Meta pourra exploiter l’IA pour renforcer son nombre d’utilisateurs et leur engagement.

Du côté commercial, l’IA permettra aussi de concevoir des campagnes publicitaires mieux ciblées et plus rentables. Nous ne sommes qu’au début de la révolution IA de Meta, qui prévoit d’investir des centaines de milliards de dollars dans ses infrastructures dans les années à venir.

Vers une valorisation à 3 000 milliards de dollars

La capitalisation actuelle de Meta Platforms est d’environ 1 600 milliards de dollars. Pour atteindre 3 000 milliards en cinq ans, il lui faudrait croissance annuelle composée moyenne de 13,4%, un objectif ambitieux, supérieur à la croissance historique moyenne des marchés. De plus, des vents contraires économiques, comme les politiques commerciales incertaines initiées sous la présidence Trump, font craindre une récession qui pourrait freiner la publicité, moteur clé de Meta.

Quand l’économie ralentit, les budgets publicitaires se réduisent, ce qui risque d’affecter la progression constante des résultats financiers de la société. Néanmoins, Meta pourrait bien réussir cet exploit, notamment grâce à l’impact croissant de l’IA sur ses activités. Les revenus et bénéfices devraient continuer à augmenter, même dans un environnement économique difficile.

Par ailleurs, Meta multiplie les pistes de monétisation au-delà de la publicité. Son immense base d’utilisateurs offre plusieurs leviers pour diversifier ses revenus, comme la messagerie professionnelle sur WhatsApp, récemment développée. Bien que les recettes hors publicité restent encore marginales, elles pourraient à terme compter davantage.

Côté valorisation, le ratio cours/bénéfices anticipé de Meta est de 25,2, légèrement supérieur à la moyenne sectorielle de 18,9. Cette prime semble justifiée compte tenu du potentiel identifié. L’action a donc encore de la marge pour progresser et pourrait, d’ici cinq ans, rejoindre le club très fermé des valeurs cotées à 3 000 milliards de dollars.

Points à retenir

  • Les investisseurs s’orientent parfois vers ceux qui ont fait leurs preuves, comme David Tepper, quitte à reconsidérer leurs paris sur les géants classiques de l’IA.
  • Meta Platforms mise sur une stratégie d’ouverture et de collaboration avec sa plateforme Llama, un pari audacieux en pleine concurrence technologique.
  • Le moteur principal du groupe reste la publicité, mais l’entreprise cherche à diversifier ses revenus à travers ses multiples services et sa large base d’utilisateurs.
  • Ambitieux, Meta vise à plus que doubler sa valorisation en cinq ans malgré des incertitudes économiques pas vraiment rassurantes.
  • La valorisation de l’action paraît élevée mais demeure raisonnable compte tenu des investissements massifs et des perspectives de croissance.

En somme, Meta Platforms joue gros, très gros… avec des milliards d’utilisateurs et des milliards d’investissements. On dirait presque une partie d’échecs entre robots, où l’enjeu est de devenir l’intelligence artificielle la plus cool du quartier. Alors, prêt à miser sur le futur roi des algorithmes ou préférez-vous regarder le match depuis les gradins ? Moi, je me délecte déjà du spectacle, en attendant de voir qui fera mat à la finance. À suivre !


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