Une étude révèle que le tout premier ban mondial des réseaux sociaux pour les enfants et les adolescents de moins de 16 ans en Australie rencontre des difficultés, notamment en ce qui concerne la vérification de l’âge. Des participants à une étude ont créé 50 comptes utilisateurs, en déclarant avoir 16 ans, sans que les plateformes en ligne ne vérifient ces informations au préalable. Selon des experts consultés par le gouvernement, l’analyse du comportement en ligne, qui devait aider à l’évaluation de l’âge, ne révèle manifestement pas de résultats concluants.
L’équipe d’experts a testé, l’année dernière, un logiciel destiné à confirmer l’âge des utilisateurs. Plus de 1 000 personnes ont participé à cette étude en Australie. Tous les comptes créés sont toujours actifs, et neuf des dix plateformes concernées par les restrictions d’âge devraient les faire respecter, a précisé Andrew Hammond de KJR, une entreprise spécialisée dans les tests de logiciels.
Parmi les dix plateformes examinées, incluant Instagram, Snapchat, TikTok et YouTube, seul le service australien de streaming Kick a demandé directement à ses utilisateurs de prouver leur âge. Kick a indiqué qu’étant une entreprise relativement nouvelle, elle ne disposait pas encore de données suffisantes pour déterminer l’âge à partir du comportement des utilisateurs.
Contenu inapproprié sur X
Certains des comptes de test, notamment sur TikTok, Instagram ou YouTube, ont vu s’afficher des publicités pour des produits financiers destinés aux jeunes. Cela suggère que les algorithmes ont correctement évalué l’âge des utilisateurs. Néanmoins, cela n’a pas entraîné de vérification supplémentaire. Sur le réseau social X, des contenus pornographiques étaient visibles, malgré des déclarations des testeurs affirmant qu’ils n’étaient pas en âge légal.
Snap Inc. (propriétaire de Snapchat) et TikTok n’ont pas souhaité commenter. Google, qui gère YouTube, et X n’étaient pas joignables pour une réponse. Meta, la société mère de Facebook et Instagram, a souligné qu’il n’était pas clair si les testeurs avaient « posté des contenus ou agi comme un vrai utilisateur de moins de 16 ans ». L’autorité australienne de régulation d’Internet, eSafety, a déclaré rester convaincue que les plateformes avec restrictions d’âge possèdent les outils et ressources nécessaires pour empêcher les enfants de moins de 16 ans d’ouvrir des comptes. Le cadre recommandé, qui consiste en des vérifications de plus en plus strictes, vise à garantir qu’il n’existe pas de faille unique dans le système.
La réponse australienne devient plus stricte
L’accès des jeunes australiens de moins de 16 ans aux réseaux sociaux est interdit, suite à l’entrée en vigueur d’une loi en décembre. La vérification de l’âge se fait notamment par des scans faciaux et l’analyse des comportements de navigation. Cependant, plusieurs études ont démontré que cette mesure a eu peu d’impact. Au cours des derniers mois, des rapports ont également signalé que certaines entreprises technologiques avaient ignoré les réglementations. En réponse, le gouvernement australien a annoncé une approche plus ferme, avec des amendes doublées pour les violations systémiques : les pénalités pour les entreprises de technologie passeront de 49,5 millions à 99 millions de dollars australiens (environ 60 millions d’euros).
L’initiative australienne attire l’attention à l’international. Des discussions similaires ont également lieu en Allemagne.
Points à retenir
- Les algorithmes des réseaux sociaux ne semblent pas suffire à empêcher l’accès de mineurs à des contenus inappropriés.
- Les entreprises technologiques doivent repenser leurs méthodes de vérification d’âge pour garantir une meilleure protection des jeunes.
- L’importance d’une régulation stricte par les gouvernements face à l’inefficacité des mesures auto-régulatrices du secteur technologique.
- Une prise de conscience croissante des enjeux de sécurité numérique pour les générations futures.
En tant qu’observateur passionné des évolutions numériques, je reste convaincu que cette problématique mérite toute notre attention. Il est essentiel de concilier innovation technologique et protection des jeunes utilisateurs. Comment imaginer un Internet où nos enfants seraient en sécurité et pourraient profiter des avantages des réseaux sociaux sans y être exposés à des dangers ? Voilà une question fondamentale qui doit alimenter notre réflexion collective.
