Pour relancer les Jeux Olympiques modernes, le baron Pierre de Coubertin, à la fin du XIXe siècle, a créé ce qui est aujourd’hui le slogan olympique officiel : « Plus vite, plus haut, plus fort ». Cependant, il est devenu évident que la recherche de vitesse, de hauteur et de force s’applique non seulement aux athlètes engagés dans les compétitions, mais aussi aux intérêts privés qui profitent de financements publics considérables, de dérogations aux normes d’appel d’offres et de chantiers allégés. Ces derniers sont les véritables gagnants du “grand jeu”. Cette prise de conscience est en grande partie due à des collectifs qui ont mobilisé des voix pour contrer la célébration euphorique des JO.
En premier lieu, le Comité des olympiades insoutenables (Cio), né en 2023 de l’union de diverses organisations comme Le Sberle, Zam, l’Association prolétarienne des randonneurs (Ape) et Off Topic. Ces groupes œuvrent sur des thèmes tels que le sport populaire, les transformations urbaines et les dynamiques sociales et écologiques de la montagne. De cette union ont émergé des manifestations, des assemblées et des événements tels que des « critical mass », ainsi qu’un film, “Il grande gioco” (2025), un documentaire autofinancé qui adresse les réflexions nées ces deux dernières années.
« Nous avons vite réalisé que les JO n’étaient rien d’autre qu’une réinterprétation, avec un autre langage, de la logique des grands événements héritée des Expos : un catalyseur de dynamiques néolibérales et prédateur, mettant en péril les ressources environnementales, principalement dans les zones montagneuses, aggravant les inégalités urbaines », explique Lorenzo Faggi d’Off Topic, l’un des auteurs du film. « Le format audiovisuel était le meilleur moyen de relayer notre travail et d’imaginer une alternative. »
Le film, réalisé par une quinzaine de personnes dont certaines faisaient leurs débuts dans le cinéma, est disponible en ligne et est projeté dans de nombreuses salles et lieux associatifs. Entre janvier et février, environ 70 projections ont été organisées, et la réponse, notamment des jeunes, a été significative. Un résultat étonnant pour un projet spontanément initié, sans budget, et entièrement autogéré. « Certaines semaines, nous avons jusqu’à trois projections par jour et devons nous organiser en équipes pour être présents en salle ou nous connecter à distance. » Chaque projection est suivie d’un débat pour approfondir les thèmes du film et favoriser les échanges entre spectateurs.
Points à retenir
- Le Comité des Olympiades Insoutenables (Cio) représente une voix collective contre la célébration traditionnelle des JO.
- Le film “Il grande gioco” développe une réflexion critique sur l’impact des JO sur les communautés et les ressources locales.
- Les projections du film suscitent l’intérêt croissant des jeunes et des citoyens, révélant un besoin d’échanges sur ces enjeux.
- Les Utopiadi ont été organisées en réponse à la logique des JO, promouvant un accès équitable au sport et à l’espace public.
- Le mouvement s’oppose aux effets néfastes du modèle économique des grands événements, en faveur d’un développement local durable.
Il est fascinant de voir comment un événement comme les JO, souvent perçu uniquement sous l’angle de la performance sportive, peut dévoiler des dynamiques sociales et économiques bien plus profondes. En tant que passionné de sport et de société, je me demande quelles seraient les initiatives alternatives si la voix de la population était plus écoutée. Peut-être que ces débats et ces luttes pour une approche plus inclusive à l’égard des JO pourraient inspirer d’autres mouvements urbains à travers le monde. Qu’en pensez-vous ?
