Franziska Hohlrieder et Luis Wegscheider illustrent des approches divergentes face aux réseaux sociaux. Alors que Franziska, peu attirée par ces plateformes, utilise son temps libre différemment, Luis, lui, est constamment absorbé par son smartphone, confie sa mère, Nicole Wegscheider. Il ne se passe guère de moment à la maison sans qu’il ne soit sur son appareil.

La situation s’est intensifiée vers la fin de l’année dernière. « C’était devenu ingérable », raconte sa mère. Luis ne quittait plus son téléphone, même pour des tâches quotidiennes, et son comportement a changé. Chaque fois que ma mère tentait de lui retirer son smartphone, il réagissait très violemment.
Un mois sans smartphone
Face à cette inquiétante situation, Nicole a décidé de priver Luis de son téléphone portable pendant un mois. Au bout de quelques jours, elle a déjà remarqué une transformation chez lui. À la fin de cette période, Luis semblait moins attaché aux réseaux sociaux, démarrant ses journées avec plus de sérénité et prêt à explorer d’autres centres d’intérêt.
Lors d’une sortie au ski avec sa classe, Luis a regagné l’accès à son téléphone, mais uniquement pour une heure par jour sur les réseaux sociaux. Le poids de la pression sociale était trop lourd à porter sans son appareil.
Néanmoins, Nicole ne considère pas l’interdiction totale des réseaux sociaux comme la solution. Pour elle, les parents ont un rôle essentiel à jouer. Ils doivent discuter avec leurs enfants des mécanismes et des dangers des plateformes numériques, sans s’opposer à leur utilisation tant qu’elle reste appropriée à leur âge.

Un accès en ligne avec des règles établies
À l’opposé, Franziska Hohlrieder, une élève de onze ans, accorde peu d’importance aux réseaux. Cependant, sa mère, Anni Hohlrieder, a mis en place des règles claires concernant son temps d’écran, notamment en lui interdisant l’accès à des plateformes comme TikTok.
Franziska privilégie des applications de messagerie comme Snapchat et WhatsApp pour interagir avec sa famille et ses amis, et consacre du temps à des jeux en ligne tels que « Roblox », disponible en allemand depuis 2019. Toutefois, des experts mettent en garde contre les risques associés à ces environnements numériques, précise Kathrin Sevecke, dirigeante en psychiatrie infantile à Innsbruck.
Elle souligne que la montée des problèmes psychologiques chez les enfants ne peut pas être attribuée exclusivement aux réseaux sociaux. L’essor des interactions avec des chatbots et des intelligences artificielles soulève aussi des inquiétudes, car elles remplacent souvent les vraies relations sociales.

Reconnaissance d’un usage modéré des réseaux sociaux
La mère de Franziska se dit chanceuse de voir sa fille s’éloigner des réseaux sociaux, bien qu’elle demeure convaincue de la nécessité d’établir des règles claires. Elle vérifie tout contenu que Franziska télécharge et appelle à une sensibilisation accrue concernant les risques et dangers en milieu scolaire.
Ces deux enfants, bien que différents, démontrent que chaque famille aborde les réseaux sociaux de manière singulière. Pour mieux protéger les jeunes, l’experte Kathrin Sevecke plaide pour un interdit des réseaux sociaux chez les moins de 14 ans.
Cependant, cette interdiction doit être accompagnée de dispositifs d’éducation aux médias, tant à l’école qu’à la maison. Il est essentiel que les adolescents âgés de 14 à 16 ans apprennent à naviguer avec compétence et réflexion dans l’univers numérique.
Points à retenir
- Les enfants réagissent différemment aux réseaux sociaux selon leur personnalité et leur environnement familial.
- Un sevrage temporaire peut apporter des bénéfices immédiats pour les jeunes dépendants.
- Les parents jouent un rôle crucial dans l’éducation aux dangers des réseaux sociaux.
- L’utilisation moderate de ces plateformes peut être bénéfique si encadrée par des règles claires.
- Un équilibre entre utilisation numérique et interactions réelles est nécessaire pour préserver la santé mentale des enfants.
En tant que passionné des enjeux liés à la jeunesse et à la technologie, je me demande comment la société pourra adapter son approche pour créer un environnement numérique plus sain. Il est vital d’ouvrir le dialogue entre parents, éducateurs et adolescents pour bâtir ensemble des pratiques sécuritaires. Chaque génération doit trouver son équilibre dans ce monde connecté en constante évolution.