lun. Juin 15th, 2026

Partagez vos moments précieux : que ce soit la nouvelle chanson qui vous touche, des critiques de films ou de livres, des photos de voyage ou des réussites personnelles, l’utilisation des réseaux sociaux est devenue monnaie courante. Cependant, cette exposition publique est souvent une version embellie de notre intimité, façonnée par une quête d’approbation mesurée par des « likes ». À l’opposé de cette façade brillamment construite émerge un phénomène puissant : l’invitation à la sincérité, où les utilisateurs partagent leurs doutes, leurs vulnérabilités, et leurs complexes. Sur TikTok, cela se concrétise à travers le hashtag #socialmediaisfake, qui interpelle sur la réalité trompeuse des réseaux.

Xacobe Abel Fernández García, président de la Section de Psychologie et Santé du Collège Officiel de Psychologie de Galice, propose une analyse nuancée de ce mouvement. D’une part, il allège la pression inhérente aux réseaux sociaux, favorisant un exercice d’affirmation de soi. D’autre part, il souligne que tout n’est pas idéal et que le monde numérique recèle de contradictions. Surtout, cela prouve que les utilisateurs ne sont pas passifs : ils reconnaissent leurs luttes et souhaitent les transformer, considérant ce partage comme un mécanisme de réparation pour rendre ces espaces plus vivables.

Tout en admettant que bousculer l’idée de perfection sur les réseaux peut être bénéfique en mettant en lumière des réalités souvent cachées, l’expert met en garde contre les risques associés à cette vulnérabilité. « La volonté de revendiquer une plus grande authenticité sur les réseaux pourrait atténuer la pression ressentie. Cela représente un soulagement, mais il convient de noter que tous les aspects ne sont pas adaptés à cette exposition », précise-t-il.

Il souligne également que ceux qui partagent ces récits le font de manière réfléchie, choisissant de montrer uniquement ce qui est acceptable. Ce processus de mise en lumière transforme des expériences stigmatisées en quelque chose de plus acceptable au quotidien. Ainsi, au-delà de la revendication contre l’idéalisation des réseaux, ces actes d’expression personnelle peuvent renforcer le lien avec le public en suscitant empathie et sympathie.

Les deux faces du hashtag le plus authentique
Les deux faces du hashtag « social media is fake »

« C’est un mécanisme réparateur pour rendre les réseaux plus vivables. »

Xacobe Abel Fernández — Psychologue

Néanmoins, tous les « défauts » ne sont pas perçus de manière identique. « Certains aspects demeurent tabous et continuent de maintenir la pression sociale », déclare-t-il.

Miser sur la véracité de ce hashtag et espérer que sa vulnérabilité soit accueillie comme une forme d’authenticité comportent des risques. « Publier peut entraîner des réactions imprévisibles : soutien massif ou critiques, et souvent, le silence peut être le pire des scénarios », avertit l’expert.

En fin de compte, Xacobe Abel Fernández considère que montrer sa vulnérabilité en ligne s’apparente à un acte de bravoure, comparable à une manifestation de rue. « Ce n’est pas simplement chercher de l’aide, mais défier les conventions des réseaux pour provoquer un changement systémique », conclut-il.

Points à retenir

  • Le hashtag #socialmediaisfake représente une tentative de briser les mythes de la perfection sur les réseaux sociaux.
  • Ce partage de vulnérabilité peut constituer un acte d’affirmation personnelle et générer de l’empathie.
  • Toutefois, exposer ses faiblesses en ligne comporte des risques, y compris la négativité ou l’indifférence.
  • La psychologie derrière ce phénomène souligne un désir de transformation sociale et de connexion authentique.
  • Il est important de discerner quels aspects de notre vie sont appropriés à partager dans l’espace numérique.

En tant qu’observateur de cette dynamique, je trouve que cette quête d’authenticité sur les réseaux sociaux ouvre de véritables perspectives. Elle nous pousse à réfléchir sur la manière dont nous abordons notre image en ligne et sur les dangers que certaines formes d’exposition peuvent comporter. Peut-être que cette tendance à partager nos vérités les plus personnelles est un pas vers une société où l’authenticité devient la norme, au lieu de l’exception. Qu’en pensez-vous ?


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