sam. Juil 25th, 2026

Biologiquement dégradable et coloré

Un matériau à base de champignon vivant se répare tout seul

25.07.2026, 07:45

Pilze
Les champignons Cordyceps militaris poussent à l’état sauvage, formant la base d’un nouveau matériau innovant. (Photo : IMAGO/Lebrac)

Les champignons pourraient jouer un rôle essentiel comme matières premières dans un avenir proche. Une nouvelle recherche met en lumière un matériau innovant à base de mycélium capable de se réparer tout seul. Toutefois, plusieurs défis restent à relever avant qu’il ne puisse être utilisé à grande échelle dans la mode.

Vous avez un trou dans votre veste ? Avec ce nouveau matériau développé à partir d’un mycélium vivant, ce ne sera plus un problème : il est auto-cicatrisant, comme l’indique une étude publiée dans la revue “Science Advances”. De plus, il est biodégradable, peut être coloré en combinant d’autres espèces de champignons et offre une protection contre les rayons ultraviolets. L’équipe dirigée par Chao Zhong de l’Académie Chinoise des Sciences envisage plusieurs applications possibles dans des domaines comme l’architecture, la biomédecine, l’emballage et les vêtements.

Traditionnellement, dans la fabrication de matériaux à partir de mycélium, comme certains meubles, les champignons sont détruits une fois qu’ils ont été modelés. Avec cette nouvelle méthode, le mycélium reste actif et flexible, selon les auteurs de l’étude. Ils ont fait croître le champignon Cordyceps militaris sous forme de pellets.

Ces pellets ont été placés dans des moules pour que le mycélium prenne la forme désirée. Une phase de séchage a suivi, sans tuer le mycélium, bien que le matériau soit initialement fragile et susceptible de se fissurer. Grâce à l’ajout de glycérine, l’équipe a réussi à le rendre plus souple sans altérer d’autres propriétés.

Des couleurs variées possibles

En ajoutant des nutriments, le mycélium a pu être stimulé à croître à des endroits spécifiques. L’équipe a également trouvé des moyens de colorer le matériau de manière biologique et de lui conférer une protection contre les UV. Pour cela, ils ont utilisé une levure de boulanger génétiquement modifiée, Saccharomyces cerevisiae. Les couleurs possibles comprenaient l’orange, le violet, le bleu et le rouge.

Texile champignon
Un projet textile à base de champignon, illustrant la capacité de coloration et de conception de cette plateforme mycologique. (Photo : Ke Li et al.)

Pour garantir une protection contre les rayons ultraviolets, les chercheurs ont utilisé le champignon Aspergillus niger, riche en mélanine, qui offre également une protection UV pour la peau humaine. Ils ont pulvérisé ses spores avec un substrat nutritif sur le matériau formé, permettant à A. niger de former une couche supplémentaire.

Les tissus traditionnels offrant une protection UV reposent souvent sur des nanoparticules ou des additifs chimiques, ce qui peut compliquer le processus de fabrication et gérer des impacts environnementaux.

Des créations en champignon vivant

Zhong et son équipe ont créé diverses pièces, dont une robe, un papillon décoratif, un pot de fleurs et un tissu semblable au cuir à partir de ce matériau. Une expérience a montré qu’un petit conteneur fabriqué avec ce matériau, lorsqu’enterré dans la terre, se décompose presque entièrement en 41 jours.

Ils soulignent néanmoins qu’il reste des défis à surmonter pour un usage plus large, notamment en termes de durabilité, de sensibilité à l’humidité et de caractéristiques telles que la résistance au lavage.

La recherche sur les matériaux à base de champignons est en plein essor car ils sont considérés comme une alternative durable aux matériaux conventionnels, poussés par des ressources renouvelables ou des déchets organiques. Les matériaux issus des champignons peuvent offrir plusieurs propriétés bénéfiques, comme étant légers, malléables, isolants et résistants à la traction. Pourtant, de nombreuses applications potentielles restent encore à développer à grande échelle.

Points à retenir

  • Les matériaux à base de champignons offrent des solutions durables et biodégradables.
  • Le mycélium vivant peut être utilisé pour créer des textiles auto-cicatrisants.
  • Divers procédés permettent de colorer le matériau de manière écologique.
  • Des défis subsistent, notamment la durabilité et la résistance à l’humidité.
  • L’avenir des matériaux biologiques pourrait transformer l’industrie de la mode et du design.

À titre personnel, je suis fasciné par le potentiel des matériaux naturels dans notre quotidien. La recherche sur le mycélium et d’autres ressources renouvelables pourrait bien marquer un tournant décisif pour l’environnement et nos usages textiles. Dans un monde où la durabilité est plus cruciale que jamais, pouvons-nous nous laisser convaincre par ces innovations pour réinventer notre rapport à la mode ?


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