sam. Juin 27th, 2026

La dépendance à l’scroll infini, l’impact sur l’estime de soi en raison de l’utilisation continue de filtres sur les images, l’aggravation du bullying, et la diffusion des discours de haine depuis le confort de l’anonymat… Tels sont quelques-uns des risques auxquels sont confrontés les adolescents à l’ère des réseaux sociaux. Ce constat a été souligné par un groupe de près de cinquante jeunes âgés de 10 à 17 ans lors du IV Rencontre de Participation Enfantine et Adolescente de Galice, organisé par l’UNICEF à la résidence de la Xunta à la plage de Patos.

Les adolescents sont lucides. Leur avis : interdire ces plateformes n’est pas la solution. « Nous ne pouvons pas échapper au monde numérique, c’est un élément central de notre socialisation ». Ils estiment que la voie à suivre réside dans la mise en place de mesures pour assurer leur protection et leur bien-être dans cet environnement digital. Conscients des défis, ils se fixent un certain cadre de responsabilité personnelle, mais souhaitent également que les adultes soient impliqués. Ils proposent aux autorités de sensibiliser et former tous les acteurs concernés — jeunes, parents, enseignants… — et de promulguer des réglementations limitant efficacement les abus sur les réseaux sociaux.

Les Villes Amies de l’Enfance, une initiative internationale menée en Espagne par l’UNICEF, promeut localement les droits des enfants avec la collaboration active des jeunes et des différents acteurs municipaux. Actuellement, 15 communes en Galice participent à ce projet, chacune avec ses propres groupes de jeunes. Tous les deux ans, un grand rassemblement galicien est organisé. Ce week-end, c’était la quatrième édition, regroupant 50 jeunes de huit municipalités, dont Nigrán, Moaña, et Tui.

Durant les ateliers, les jeunes ont exploré quatre thèmes différents. Dans le groupe sur la vie privée numérique, une prise de conscience est née, notant que souvent, la confidentialité des autres est bafouée sans que ce soit intentionnel. Ils évoquent des situations banales, comme le partage d’une conversation ou la publication d’une photo d’autrui sans autorisation. De plus, ils rappellent aux parents de prendre en compte la trace numérique qu’ils laissent sur leurs enfants. « Ce n’est pas fait par malveillance, mais c’est un manque de formation », précisent-ils, appelant à plus de sensibilisation pour les adultes. « Nous apprenons par imitation », ajoutent-ils.

Un des groupes de travail.

Un des groupes de travail.

Dans le groupe consacré à la prévention du cyberharcèlement, de nombreuses suggestions ont vu le jour, en commençant par écouter les victimes dès les premiers signaux et s’intéresser également aux bourreaux, étant donné qu’un grand nombre d’entre eux ont également été victimes. Ils demandent des formations et de meilleures protocoles au sein des établissements scolaires, souvent démunis face à la réalité du cyberbullying. « Les nouvelles technologies ne sont pas pensées pour nous », estiment-ils, plaidant pour des filtres d’âge efficaces et des outils incitant à la réflexion avant de publier un contenu.

Dans le domaine de la santé mentale, les jeunes du groupe affirment qu’il est essentiel d’éduquer à l’autocontrôle, précisant que personne ne devrait accepter des inconnus dans le monde digital. Ils reconnaissent que « les réseaux sociaux représentent une grande illusion », mais font valoir qu’il ne faut pas interdire leur usage, plaident pour une formation adéquate pour « apprendre à coexister avec ces outils » et demandent un meilleur accès à des psychologues spécialisés pour les jeunes.

Dans le groupe sur la non-discrimination, ils soulignent les violences qu’ils rencontrent en ligne : racisme, misogynie, homophobie et autres attaques sur des bases physiques ou morales. Ils dénoncent le manque de contrôle sur les comptes, rendant possible la création de faux profils. Des propositions émergent telles que la mise en place d’un outil de détection des faux comptes et l’instauration de filtres pour bloquer les commentaires haineux avant leur publication.

La journaliste Lucía Regueiro, lors d'un pódcast.

La journaliste Lucía Regueiro, avec Antón et Eva, lors de l’enregistrement du pódcast.

Un pódcast et un manifeste pour le Parlement

« Les filtres sont comme du maquillage. Ils commencent sobre et se terminent par une couche épaisse. Quand on les enlève, cela peut affecter l’estime de soi : “Je ne suis pas belle.” Alors qu’auparavant, ils se voyaient bien ». Cette réflexion d’Eva, une jeune de 13 ans, résume un pódcast réalisé par les jeunes participants de l’IV Rencontre de Participation Enfantine et Adolescente, allant de pair avec une prise de conscience des enjeux des réseaux sociaux. « L’importance du sujet est souvent sous-estimée. Une baisse de l’estime de soi à cause des filtres peut mener à la dépression », insiste-t-elle.

Pour ce pódcast, ils ont sollicité la journaliste Lucía Regueiro, amie de l’UNICEF Comité Galice. Elle souligne que les risques liés aux réseaux sociaux constituent une préoccupation contemporaine majeure. Elle se dit « soulagée de constater à quel point les adolescents sont conscients » de ces dangers, ainsi que de leurs possibilités. « Ces plateformes envahissent tous les aspects de notre vie, il est crucial qu’elles soient régulées ». Elle évoque un défi important, celui de « sensibiliser ceux qui sont indifférents aux risques ».

Munis de leurs réflexions et propositions, les jeunes participants prévoient de présenter un manifeste devant le Parlement Galicien le 21 novembre prochain.

Points à retenir

  • Les adolescents insistent sur l’importance d’une éducation à la vie numérique responsable.
  • Leurs propositions visent à améliorer la culture de sécurité et de respect en ligne.
  • Ils soulignent la nécessité d’une implication des parents et des éducateurs.
  • Une réglementation stricte des réseaux sociaux est jugée essentielle pour garantir la sécurité des jeunes.
  • Des campagnes de sensibilisation doivent être mises en place pour toutes les tranches d’âge.

En somme, il est fascinant de voir à quel point les jeunes sont conscients des défis posés par les réseaux sociaux tout en souhaitant des changements proactifs. Leur appel à la réglementation et à une meilleure éducation résonne avec les préoccupations de nombreux adultes. Cela ouvre un débat essentiel sur notre rôle collectif dans la création d’un environnement digital plus sain pour les générations futures. Comment pouvons-nous, en tant que société, transformer ces suggestions en actions concrètes pour un avenir meilleur ?


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *