sam. Juin 27th, 2026

«Non à l’économie de guerre, oui à la reconversion écologique et à l’agenda sociale» : hier, sur la place Capranica à Rome, des mouvements sociaux se sont rassemblés pour protester contre le budget du gouvernement Meloni qui privilégie « l’industrie fossile et le réarmement » au détriment du bien-être, de la santé et de l’éducation. Cette manifestation, organisée à l’occasion de la journée mondiale pour l’élimination de la pauvreté, a été convoquée par le Réseau des nombres pairs, le Réseau non à la sécurité et la campagne Stop réarmement Europe-Italie, ainsi que d’autres collectifs engagés dans le projet « Les armes ou la vie », en perspective de la COP 30 qui se tiendra dans un peu plus d’un mois à Belém, au Brésil.

« Un pays qui continue de couper dans les budgets du bien-être public pour augmenter ses dépenses militaires agit au détriment de ceux qui vivent dans la pauvreté, qu’elle soit absolue ou relative », déclare Elisa Sermarini du Réseau des nombres pairs. « Notre objectif était de descendre dans la rue ensemble, car nous sommes des réseaux historiquement engagés sur ces questions, maintenant unis contre cette nouvelle loi de finances », ajoute-t-elle.

Le budget du gouvernement Meloni vise à faire passer les dépenses militaires à 5 % du PIB, avec une augmentation de 23 milliards d’euros prévue sur les trois prochaines années, et presque 140 milliards sur quinze ans. Les organisateurs dénoncent des coupes dans les aides sociales, le logement, l’éducation, l’emploi et la santé publique. Les chiffres montrent l’urgence d’investir sur ces thèmes : 14,4 millions de personnes vivent dans la pauvreté en Italie, un Italien sur dix renonce à des soins médicaux, un sur trois est à risque d’exclusion sociale, et un demi-million d’enfants abandonne l’école, avec un taux d’alphabétisme en déclin touchant 35 % des adultes âgés de 15 à 65 ans. Pour Sermarini, « une loi de finances sérieuse devrait se concentrer sur l’intérêt général, en commençant par les plus défavorisés et exclus ». « Aujourd’hui, une personne sur deux ne vote pas, ce qui témoigne d’un manque de confiance envers une politique qui ne parvient pas à améliorer le sort des citoyens. Les manifestations de ces derniers mois ont démontré que la société civile est en avance sur les élites dirigeantes. Nous devons nous représenter différemment, en tissant des luttes communes, comme nous le faisons aujourd’hui », ajoute-t-elle.

La question de la justice environnementale est également au cœur des préoccupations : financer des guerres et le réarmement signifie priver la reconversion écologique de ressources essentielles, dans un contexte déjà alarmant où l’Italie se classe au 14e rang en Europe et 85e mondialement en matière d’inégalités dues aux changements climatiques et à la crise écologique. « Ces disparités se manifestent par la dégradation de zones non assainies, l’augmentation de l’exposition des communautés les plus fragiles aux risques environnementaux et l’impact différencié des politiques environnementales en fonction des conditions socio-économiques », mettent en avant les organisateurs. La manifestation a également vu la participation du Global Movement to Gaza, soulignant que l’Italie importe plus de 20 % de ses armes et technologies militaires d’Israël, partenaire majeur de l’industrie de défense nationale après les États-Unis. « Nous revenons dans la rue aux côtés des communautés palestiniennes, afin que le gouvernement Meloni ne dévie pas les ressources publiques vers une économie de guerre qui continue à rendre l’Italie complice du génocide en Palestine », précise le Réseau des nombres pairs.

Giorgina Levi, porte-parole du mouvement, souligne que « les formes de pauvreté sont nombreuses : culturelle, éducative, relationnelle, et se rencontrent souvent dans la privation de l’avenir. C’est pourquoi Gaza devient un symbole ». La place a ainsi dénoncé l’absence de préoccupations pour la pauvreté, le climat, l’éducation ou la santé dans le nouveau budget, les fonds publics étant de plus en plus orientés vers l’industrie de défense.

Points à retenir

  • La manifestation a rassemblé plusieurs mouvements sociaux à Rome pour dénoncer les choix budgétaires du gouvernement.
  • Le budget Meloni prévoit une augmentation importante des dépenses militaires au détriment des dépenses sociales.
  • Plus de 14 millions de personnes en Italie vivent dans la pauvreté, selon les données disponibles.
  • La question de la justice environnementale a été intégrée dans les revendications des manifestants.
  • Les participants affirment que le gouvernement doit réorienter les ressources vers le bien-être public.

À travers cette mobilisation, je suis convaincu que nous assistons à un tournant essentiel dans notre société. Les citoyens sont de plus en plus conscients des enjeux qui les entourent et prêt à se battre pour un avenir meilleur. Ne serions-nous pas à un moment charnière, où le changement devient non seulement possible, mais nécessaire ? La solidarité entre les luttes sociales et environnementales est un chemin prometteur vers une renaissance collective, et je suis impatient de voir comment cette dynamique pourrait façonner notre avenir commun.


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