93 % des citoyens de l’UE s’inquiètent pour la santé mentale des enfants, et 92 % désignent le cyberharcèlement comme la principale menace en ligne, selon le rapport *Eurobaromètre “État de la décennie numérique” 2025*.
Bruxelles renforce ses mesures sur la sécurité en ligne pour les mineurs.
La semaine dernière, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a annoncé qu’une nouvelle “application de vérification d’âge est techniquement prête et sera bientôt à la disposition des citoyens”.
Ce système exige que les utilisateurs vérifient leur âge pour accéder aux plateformes en ligne, sans partager leurs données personnelles.
Les États membres de l’UE adoptent déjà des mesures concrètes. La France a instauré un interdiction pour les moins de 15 ans, tandis que d’autres pays comme l’Espagne, l’Autriche, la Grèce, l’Irlande, le Danemark et les Pays-Bas préparent des règles similaires.
Christel Schaldemose, eurodéputée du groupe des Socialistes et Démocrates, exprime des doutes quant à l’efficacité de la Commission : “Je ne sais pas si ces délais sont volontaires, mais cela me semble trop lent. Cela crée un marché fragmenté puisque plusieurs pays ont déjà fixé des limites d’âge.”
Les enfants et les plateformes en ligne
Les réseaux sociaux sont devenus un environnement omniprésent et risqué pour les jeunes. En 2022, 96 % des adolescents de 15 ans utilisaient les réseaux sociaux, dont 37 % y passaient plus de trois heures par jour.
Selon une étude de 2025 de la Joint Research Centre, les jeunes filles sont plus actives que leurs homologues masculins sur ces plateformes : 42 % contre 32 %. Pour les 9 à 15 ans, l’utilisation quotidienne avoisine souvent les trois heures.
Le rapport indique que 78 % des adolescents de 13 à 17 ans consultent leurs appareils au moins une fois par heure, et un quart rapporte des comportements en ligne problématiques.
Près de 99 % des jeunes de 16 à 17 ans étaient actifs sur les réseaux sociaux en 2025. Selon Schaldemose, les groupes d’experts de l’UE dédiés à la sécurité en ligne des mineurs sont un premier pas dans la bonne direction.
Le JRC avertit que l’utilisation incontrôlée des réseaux nuit à la santé mentale des enfants, augmentant les niveaux de dépression et d’anxiété. Les contenus nuisibles, tels que la violence et la sexualisation, affectent le développement des jeunes.
Des interdictions aux niveaux nationaux
Le 8 avril 2026, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a annoncé une interdiction d’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, avec une mise en œuvre prévue en janvier 2027.
Le soutien du public est fort, 80 % des gens étant en faveur de cette mesure suite à une décision judiciaire américaine en mars 2026 qui a jugé les grandes plateformes coupables de créer des applications addictives.
La France a également approuvé une loi en janvier 2026 pour interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. D’autres pays, comme l’Espagne, prévoient des interdictions similaires.
Vers une réglementation de l’UE
La question des interdictions est politiquement sensible, et une mesure uniforme pourrait accentuer les divisions. En attendant, la Commission propose l’application de vérification d’âge comme outil d’aide à l’adoption de possibles interdictions nationales.
Ce système nécessite des utilisateurs qu’ils téléchargent une application, scannent un document d’identité, et complètent un contrôle faciale. Des inquiétudes subsistent quant à la complexité et aux implications sur la protection de la vie privée.
Les conséquences pour les plateformes digitales
Les limitations d’âge pourraient significativement réduire l’audience adolescente des plateformes, affectant leurs revenus publicitaires. Les entreprises devront renforcer leurs systèmes de vérification d’âge, augmentant ainsi les coûts de conformité.
Points à retenir
- 93 % des citoyens de l’UE s’inquiètent pour la santé mentale des enfants.
- La France et la Grèce mènent la charge sur les restrictions d’âge pour les réseaux sociaux.
- Les jeunes garçons montrent des signes de dépression et d’anxiété inférieurs à ceux des filles.
- Le contrôle parental et l’éducation numérique sont souvent évoqués comme alternatives aux interdictions strictes.
À la lumière de ces développements, je m’interroge sur l’efficacité réelle de ces mesures. Les réglementations sont-elles la seule façon d’assurer la sécurité des enfants en ligne ? Notre société est-elle prête à faire face à ce débat complexe et essentiel sur la responsabilité des entreprises technologiques et la protection des plus vulnérables ?
