Une cour administrative en Égypte a récemment rejeté une demande visant à interdire l’application « TikTok » sur le territoire. Cette action a été initiée par l’avocat Mortada Mansour, qui a justifié sa requête par des préoccupations pour les valeurs sociétales et les religions. Dans sa plainte, il a allégué que l’application promeut des comportements immoraux.
Il a également souligné que « TikTok » regorge de contenus obscènes et de comportements nuisibles qui pourraient affecter les jeunes, selon des sources locales. La plainte évoque aussi l’utilisation de cette plateforme pour générer des revenus d’origine inconnue sans l’autorisation des autorités égyptiennes, tout en mentionnant que plusieurs pays ont déjà bloqué l’application.
En 2021, une décision similaire avait été prise par la même cour, qui avait rejeté une plainte de deux avocats demandant l’arrêt de TikTok pour sa promotion de la violence et du harcèlement.
La députée Maha Abdel-Nasser, membre de la commission des communications au parlement égyptien, a exprimé son opposition à la censure, affirmant dans une déclaration qu’elle ne voit pas la nécessité de bloquer des sites, jugeant que cela n’est pas une solution efficace car il est facile de contourner de telles restrictions.
Le président de la commission des communications, Ahmed Badawi, a précédemment annoncé des mesures immédiates pour fermer les plateformes de paris « Expet » et « Milbet », tout en précisant qu’un âge minimal serait fixé pour l’utilisation des technologies.

Selon l’expert en médias numériques, Mohamed Fathi, bloquer les plateformes n’est pas une solution aux défis posés par ces technologies. Il appelle à traiter avec les comportements illégaux via des mécanismes de responsabilité, affirmant que la technologie est un outil neutre, utilisable pour diverses fins constructives ou nuisibles.
En outre, il souligne que le véritable problème réside dans la manière dont les individus emploient ces plateformes, et non dans leur existence même. Il est crucial d’établir un équilibre entre la protection de la société contre des contenus nuisibles et la préservation du droit d’accès aux plateformes numériques, tout en appliquant les législations existantes contre les abus.
Les infractions sur les réseaux sociaux et autres plateformes sont régies par la loi sur la lutte contre les crimes liés aux technologies de l’information, qui définit les sanctions pour les délit surfant sur ces technologies.
La juriste Heba Adel, présidente de l’« Association des avocates égyptiennes pour les droits des femmes », a noté que le refus de la cour d’interdire TikTok témoigne du respect des principes constitutionnels concernant la liberté d’expression et l’accès à l’information. Selon elle, le droit égyptien garantit la liberté de penser, de s’exprimer et d’accéder à l’information, rendant ainsi inappropriées les mesures généralisées qui priveraient des millions d’utilisateurs de leurs moyens de communication en raison de comportements individuels.
Elle a ajouté que la lutte contre les crimes en ligne ne nécessite pas forcément de bloquer complètement les plateformes, mais plutôt d’appliquer la loi sur les crimes liés aux technologies de l’information pour sanctionner les comportements illicites et les contenus nuisibles.
Points à retenir
- La cour administrative égyptienne a refusé d’interdire TikTok, affirmant son attachement à la liberté d’expression.
- Les préoccupations au sujet des contenus nuisibles en ligne sont exprimées, mais la censure n’est pas considérée comme une solution efficace.
- Des mesures spécifiques peuvent être prises pour contrer les comportements illégaux sans bloquer l’accès aux plateformes.
- Les lois existantes régissent déjà de nombreux aspects des activités en ligne, ce qui laisse une marge de manœuvre pour les autorités.
Il me semble essentiel d’examiner notre rapport aux outils numériques. Plutôt que de recourir à la censure, peut-on envisager des solutions plus nuancées qui permettent de protéger les utilisateurs tout en préservant leur liberté d’accès à l’information ? Est-ce la meilleure voie à suivre pour une société plus équilibrée ?
