Nous avons déjà entendu maintes fois parler des effets négatifs des réseaux sociaux, notamment de leur capacité à maintenir les jeunes rivés sur leurs écrans. Cependant, un problème émergent est la diffusion de conseils médicaux peu fiables sur ces plateformes. TikTok, souvent utilisé pour apprendre de nouvelles chorégraphies ou partager des recettes, devient aussi un canal pour des recommandations de santé fournies par des amateurs.
Une étude récente menée par des chercheurs de l’Université de Montréal a examiné les vidéos TikTok concernant les exercices de réhabilitation après une déchirure du ligament croisé antérieur (LCA) et les résultats ne sont guère rassurants. L’équipe a analysé 106 vidéos trouvées grâce au terme de recherche “exercices de réhabilitation LCA”, dont 55 publiées par des utilisateurs ordinaires et 51 par des professionnels de santé.
D’après les chercheurs, de nombreux adolescents se tournent vers TikTok après des blessures sportives, notamment des déchirures du LCA, avant même de poser des questions détaillées à un médecin ou à un kinésithérapeute.

Pourquoi une vidéo virale n’est pas toujours utile
L’étude a utilisé l’outil Modified DISCERN, une méthode standard pour évaluer la fiabilité et la qualité de l’information médicale en ligne. Les vidéos produites par des professionnels de santé ont en effet obtenu de meilleurs résultats que celles des utilisateurs lambda, mais les chercheurs ont tout de même constaté d’importantes lacunes.
L’un des problèmes réside dans TikTok lui-même. La réhabilitation du LCA ne peut être correctement expliquée en quelques clips éphémères. Une vidéo de réhabilitation efficace doit aborder la blessure, les symptômes, les options de traitement, le but des exercices, la bonne technique, les précautions de sécurité et le moment d’augmenter l’intensité. Tout cela ne se prête pas nécessairement à un format conçu pour le défilement instantané.
Pour aggraver les choses, l’algorithme joue un rôle malheureux. Ce ne sont pas les vidéos les plus utiles qui sont mises en avant ; en réalité, vous voyez celles qui ont cumulé le plus de vues. Les chercheurs ont constaté que les vidéos d’utilisateurs ordinaires attiraient davantage de vues et d’abonnés que celles des professionnels, même lorsque le contenu des professionnels était de meilleure qualité.
La réhabilitation du LCA n’est pas une nouvelle tendance

Une déchirure du LCA est une blessure grave, particulièrement chez les jeunes sportifs. La convalescence peut durer entre 9 et 12 mois, et un retour trop précoce au sport ou des conseils inappropriés peuvent augmenter le risque de nouvelles blessures.
Les vidéos de réhabilitation sur TikTok peuvent montrer des exercices sans expliquer leur pertinence, comment ils doivent être réalisés, ou leur place dans le plan de récupération. Pour une blessure nécessitant souvent une physiothérapie, un soutien et parfois une intervention chirurgicale, ce genre de conseils fragmentés peut être contre-productif. Des recherches antérieures sur les vidéos de réhabilitation du LCA sur TikTok ont révélé une valeur éducative très faible.
En somme, votre fil d’actualité ne remplace pas votre kinésithérapeute. Les chercheurs ne soutiennent pas l’idée d’une absence des professionnels de santé sur TikTok. Au contraire, ils affirment que ces voix médicales devraient être présentes là où le public se trouve. Des plateformes telles que YouTube ont même créé un espace dédié permettant aux adolescents de trouver du contenu fiable sur la santé mentale. Une meilleure gestion est donc envisageable.
Points à retenir
- Les jeunes utilisent TikTok pour rechercher des informations sur la santé après des blessures sportives.
- L’étude a révélé que les conseils médicaux diffusés peuvent être de mauvaise qualité.
- Les vidéos produites par des professionnels de santé obtiennent des scores plus élevés, mais sont moins vues.
- La complexité de la réhabilitation du LCA ne se prête pas au format des vidéos courtes.
- Une présence accrue des professionnels sur TikTok pourrait orienter les jeunes vers des informations fiables.
Il est temps de réfléchir à notre rapport avec les réseaux sociaux et la manière dont nous pouvons les transformer en outils bénéfiques. La santé des jeunes mérite une attention particulière, et il est essentiel de garantir qu’ils reçoivent des conseils adéquats, basés sur des connaissances solides. À nous de créer un environnement où l’information de qualité prédomine.
