ven. Juin 12th, 2026

Selon une enquête nationale réalisée par le Deutscher Philologenverband (DPhV) en collaboration avec le portail éducatif Lehrer-Online, la moitié des enseignants se sentont perdus face aux conflits liés aux réseaux sociaux au sein des établissements scolaires. Parmi eux, 8 % se déclarent même complètement dépassés. Cette étude, menée en mai et juin 2026 auprès de plus de 1 000 enseignants, met en lumière les défis croissants posés par l’utilisation des réseaux sociaux.


12.06.2026
Allemagne
Communiqué de presse

  • Un élève utilisant un téléphone en cours. © Adobe Stock
    Pour 79 % des enseignants, le comportement d’utilisation similaire à une dépendance chez les élèves est la plus grande préoccupation.

Soixante-huit pour cent des enseignants estiment que la question est pertinente ou très pertinente pour leur travail quotidien, tandis que 15 % déclarent avoir besoin d’un soutien immédiat. L’enquête révèle que les réseaux sociaux et leurs conséquences font désormais partie intégrante de la vie scolaire. La moitié des enseignants réclame plus de soutien, alors que 5 % se sentent très à l’aise, disposant de stratégies claires pour gérer ces situations, et 40 % se jugent suffisamment confiants pour faire face aux conflits liés aux réseaux sociaux.

Pour 79 % des répondants, le comportement d’utilisation similaire à une dépendance chez les élèves représente le plus grand défi. Déjà au début de l’année 2026, 2 012 jeunes avaient évalué leur propre comportement pour l’étude sur le « Jeunesse en Allemagne 2026 » : 60 % présentaient des comportements proches de la dépendance. L’enquête du DPhV et Lehrer-Online révèle également que 70 % des enseignants luttent régulièrement contre les distractions causées par les téléphones en classe, 63 % sont confrontés au cyberharcèlement, au sexting ou au grooming, et 63 % estiment que des problématiques comme le discours de haine et la désinformation font partie intégrante de la vie scolaire. De plus, plus de la moitié (57 %) des enseignants constatent un manque de compétences médiatiques chez les élèves, tandis que 22 % évoquent des difficultés de communication avec les parents concernant les réseaux sociaux.

Prof. Dr. Susanne Lin-Klitzing, présidente du DPhV, souligne : « Les enseignants constatent chaque jour comment les élèves sont piégés dans des mécanismes d’addiction, comment le harcèlement en ligne s’infiltre dans la classe, et comment les fausses informations empoisonnent les discussions en classe. Il ne s’agit pas d’une note marginale, mais d’une stratégie globale et politique qui doit inclure les parents dès l’école primaire et sensibiliser à leur propre comportement en ligne. »

Les résultats concernant la sécurité dans l’action sont particulièrement préoccupants. Lorsque les conflits liés aux réseaux sociaux s’intensifient, moitié des enseignants se sentent incertains et quelque peu démunis. Lin-Klitzing ajoute : « En période de crise — lorsque des élèves sont harcelés ou que des contenus dangereux circulent — les écoles et les enseignants ont besoin de bases d’action et de sécurité juridique claires. S’attendre à ce que les enseignants soient capables de gérer seuls ces crises liées aux réseaux sociaux constitue une déception légitime. »

Pour garantir la protection, la participation et l’autonomisation des élèves, 68 % des répondants souhaitent des règles et des concepts clairs au niveau de l’école, c’est-à-dire des cadres réglementaires communs. Dr. Silvie Kruse, directrice chez Lehrer-Online, ajoute : « Chaque établissement doit posséder un concept pour les réseaux sociaux, car ces plateformes sont devenues un espace de vie central pour les jeunes. Les adolescents passent en moyenne presque quatre heures en ligne chaque jour, et les messageries et les réseaux sociaux font partie de leur quotidien. Bien que de nombreuses écoles s’engagent déjà dans l’éducation aux médias, sans un concept uniformisé, les efforts sont fragmentés au lieu de constituer une norme nationale. »

Plus de la moitié des enseignants (59 %) souhaitent une formation juridique solide en matière de protection des données, de droits d’auteur et de responsabilité pénale, tandis que 53 % réclament des approches pédagogiques préventives pour renforcer les compétences médiatiques. Quarante et un pour cent estiment qu’il leur serait utile d’acquérir davantage de connaissances techniques sur les plateformes, et un tiers (29 %) demande un soutien psychologique spécifique pour faire face à des situations difficiles. Lin-Klitzing note : « Les écoles ne doivent pas faire face à ce problème sociétal seules, mais notre demande pour un psychologue scolaire par établissement n’est toujours pas mise en œuvre. »

Les besoins en formation sont également clairs : les enseignants en veulent ! Soixante-seize pour cent d’entre eux attendent des conseils et des matériels immédiatement applicables, 61 % des études de cas pratiques, 55 % la fourniture de matériels pédagogiques, et 42 % des formats internes à l’école impliquant l’ensemble du corps enseignant. « Ces chiffres envoient un signal clair : les enseignants ont besoin de plus d’outils pratiques et d’échanges collégiaux pour gérer avec confiance les défis liés aux réseaux sociaux », conclut Kruse.

Le DPhV appelle donc les ministres de l’Éducation à fournir des cadres d’action juridiquement protégés, à intégrer les connaissances juridiques et les principes de protection des données, non seulement dans les instances de supervision et de direction des établissements, mais aussi systématiquement dans la formation initiale et continue des enseignants, à offrir des formations pratiques et de qualité — y compris des congés appropriés pour les enseignants — et à garantir un accompagnement psychosocial pour les enseignants et leurs élèves en cas de besoin. « Nos enseignants exercent quotidiennement une responsabilité envers des enfants et des adolescents qui évoluent dans un monde digital et soumis à l’influence des réseaux sociaux. Ils méritent du soutien concret et des décisions politiques qui prennent en compte les réalités de la salle de classe. Les résultats de l’enquête sont clairs : le problème est mesurable, et les besoins sont évidents. Il appartient désormais aux décideurs politiques de réagir », conclut Lin-Klitzing.

Points à retenir

  • 50 % des enseignants se sentent perdus face aux conflits liés aux réseaux sociaux.
  • La dépendance des élèves aux réseaux sociaux est jugée préoccupante par 79 % des répondants.
  • 68 % estiment que le sujet est pertinent pour leur quotidien professionnel.
  • 63 % sont confrontés au cyberharcèlement et à d’autres comportements problématiques.
  • Une majorité souhaite des formations et des ressources pratiques pour mieux gérer ces situations.
  • Les enseignants demandent des règles et des concepts unifiés au sein des établissements scolaires.

En tant qu’observateur attentif de cette problématique, je ne peux qu’appeler à une prise de conscience collective face aux défis que représente l’intégration des réseaux sociaux dans le cadre éducatif. Il est impératif que les décideurs politiques agissent de manière significative pour fournir aux enseignants les outils et le soutien nécessaires. Réagissons rapidement : les enjeux sont réels, et l’éducation de nos jeunes en dépend.


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