Scandale dans un centre de réhabilitation pour adolescents en Russie
Le 25 novembre dernier, le Comité d’enquête a annoncé l’ouverture d’une enquête criminelle concernant un « centre de réhabilitation » pour adolescents à Dedovsk, en région de Moscou. Le tarif pour y séjourner atteignait 150 000 roubles par mois, les parents étant assurés que leurs enfants seraient pris en charge par des psychologues. Cependant, les révélations sont choquantes : les adolescents étaient maltraités, humiliés et sous-alimentés. Ce centre faisait partie d’un réseau d’établissements destinés aux « adolescents difficiles », orchestré par Anna Khobotova. Depuis la fermeture de Dedovsk, des opérations similaires ont eu lieu dans d’autres de ses centres.
Selon des sources, un des éducateurs a été placé en détention, tandis qu’Anna Khobotova, après plusieurs jours de cavale, a été arrêtée. Le média Meduza rapporte les atrocités commises contre les enfants dans ses établissements.
Attention ! Ce texte contient des descriptions de violence physique et de blessures.
Le 23 novembre, l’hôpital a admis un adolescent de 16 ans, Roman, en état critique après avoir été battu sans avoir reçu de soins médicaux pendant deux semaines. À son arrivée à l’hôpital, il avait des reins défaillants et présentait un sepsis. Il est actuellement dans le coma dans une unité de soins intensifs.
La police a fermé le centre de Dedovsk en faisant forcer la porte, y découvrant plus de vingt adolescents âgés de 11 à 17 ans. Bien que présentés comme bénéficiant d’un traitement pour diverses dépendances, ils étaient en réalité victimes de violences physiques et de torture, selon le Comité d’enquête. Une enquête criminelle a été ouverte pour maltraitance sur mineurs.
Des médias ont rapporté que les adolescents étaient victimes de violences physiques, forcés à manger de la nourriture pour chiens et privés de nourriture pour des « fautes ». Les humiliations étaient courantes sous couvert de « séances d’entraînement ». L’une d’entre elles, « la cellule », consistait à interdire aux enfants de quitter leur lit pendant plusieurs jours, avec seulement une portion limitée de nourriture et des décennies d’isolement.
Un autre « entraînement » dénommé « Gay » obligeait les garçons à s’habiller en femme et à parler d’une manière « maniérée » toute la journée.
Points à retenir
- Détails alarmants sur les conditions de vie dans ces centres de réhabilitation pour adolescents.
- Ouverture d’une enquête criminelle suite à des allégations de maltraitance et de torture.
- Des adolescents de plusieurs lieux ont subi des traitements similaires, mettant en lumière un problème systémique.
- Réactions des parents qui ignoraient souvent la réalité des conditions de vie de leurs enfants.
- Appel à la vigilance vis-à-vis des établissements supposés aider les adolescents en difficulté.
Rien ne peut justifier de telles atrocités. En tant que société, il est crucial que nous nous interrogions sur la manière dont nous traitons nos jeunes en détresse. Chaque enfant mérite protection et soutien, non exploitation et humiliation. Pourquoi continuer à ignorer ces abus dans des systèmes que nous croyons conçus pour aider ? C’est un débat qui doit se poursuivre, car il en va de l’avenir de nos enfants et de notre société tout entière.