Avant de rejoindre le YCNCC en juillet, Gabby Kitch a dirigé la recherche sur l’élimination du dioxyde de carbone marin (mCDR) pour l’Administration nationale océanique et atmosphérique (NOAA). Son travail a consisté à établir des partenariats entre le gouvernement et le secteur privé, ainsi qu’à coordonner les efforts de recherche scientifique entre entités publiques et privées. Ses spécialités académiques incluent la chimie océanique et la paléoclimatologie, l’étude des périodes de changement climatique dans le lointain passé.
Dans une interview avec Yale News, Kitch a discuté des raisons qui l’ont poussée vers la science climatique et a décrit le plan du YCNCC pour cette nouvelle initiative. L’interview a été abrégée pour des raisons de longueur et de clarté.
Qu’est-ce qui vous a conduit à cette carrière et à votre profond intérêt pour les systèmes marins et le changement climatique ?
Gabby Kitch : J’ai grandi à San Diego et j’ai vu mes parents lutter contre des incendies de forêt dans le sud de la Californie, dont deux grands incendies lorsque j’étais au lycée. C’est cela qui a suscité mon intérêt initial pour la science climatique. Au fur et à mesure que je grandissais, j’ai cherché à en apprendre davantage.
Je suis tombée amoureuse de la recherche. J’ai commencé par la géochimie, pour comprendre le passé géologique et comment les organismes réagissaient à l’acidification des océans. Puis, j’ai réalisé que je voulais trouver des solutions plus applicables à la crise climatique, ce qui m’a menée à un programme sur la politique scientifique marine, puis à la NOAA, et finalement ici à Yale.
Qu’est-ce qui vous a attirée à rejoindre à nouveau le milieu académique après votre travail en politique publique ?
Kitch : Le YCNCC est un programme unique en ce sens qu’il aborde différentes méthodes d’élimination du dioxyde de carbone, allant des approches plus naturelles aux techniques plus orientées vers la technologie. Cette perspective holistique permet aux programmes du YCNCC de servir de pont entre diverses approches.
Le programme OAE sur le carbone bleu est l’un de ces programmes « pont », n’est-ce pas ?
Kitch : Oui. Il commence par l’idée qu’il existe certains écosystèmes marins le long des côtes qui « absorbent » beaucoup de dioxyde de carbone, connus sous le nom d’écosystèmes de carbone bleu. Nous examinons désormais comment la restauration de ces écosystèmes peut améliorer l’alcalinité des océans, permettant aux mers d’absorber une plus grande quantité de dioxyde de carbone.
Comment les écosystèmes de carbone bleu améliorent-ils l’alcalinité ?
Kitch : Actuellement, nous nous concentrons sur la restauration d’un de ces systèmes de carbone bleu, les mangroves, car elles sont très productives. Les mangroves produisent de la matière organique qui, lorsqu’elle se décompose, modifie la chimie des eaux environnantes. Ce changement dissout les sédiments à proximité et génère de l’alcalinité. Une alcalinité accrue dans l’océan permet aux eaux de capter davantage de dioxyde de carbone.
Nous menons des recherches approfondies avec des projets de restauration de mangroves à travers le monde, en évaluant soigneusement quelles régions pourraient être les plus appropriées pour ce travail. Nous devrons également associer nos efforts à des partenaires et fournir des mesures précises d’alcalinité et d’autres données sur le système carbonique afin de comprendre la quantité de dioxyde de carbone éliminée dans ces systèmes.
Nous poursuivrons notre suivi et, espérons-le, d’ici les 12 prochains mois, nous serons prêts à passer à l’échelle avec un projet commercialement viable qui reproduira nos résultats à une échelle beaucoup plus large.
Notre Opinion Tech
En observant le travail de Kitch et de l’équipe du YCNCC, il devient évident que la recherche sur le carbone bleu pourrait jouer un rôle crucial face à la complexité croissante des enjeux climatiques. Plutôt que de se concentrer uniquement sur des solutions technologiques, il semble nécessaire d’intégrer des approches basées sur la nature. Les écosystèmes naturels comme les mangroves peuvent offrir des solutions durables, et leur restauration pourrait devenir un pilier des stratégies climatiques. Cette démarche met en lumière l’importance de l’interdisciplinarité et de la collaboration entre les secteurs public et privé, quelque chose que nous devons suivre et encourager.