Selon des informations de « Коммерсантъ », des chercheurs russes issus de l’Université de sciences et technologies de Moscou (МФТИ), de l’Université fédérale de Kaliningrad (БФУ им. И. Канта) et de l’Université nationale de Nizhni Novgorod (ННГУ им. Лобачевского) ont conçu un robot aquatique innovant imitant la morphologie et le comportement du thon à nageoires jaunes, l’une des espèces de poissons les plus rapides. Ce prototype a pour objectif de devenir une plateforme pour le développement de systèmes autonomes capables de naviguer seuls dans des environnements sous-marins complexes.

Les ingénieurs ont élaboré un mécanisme de nage unique : un servomoteur utilise des câbles métalliques pour déformer une membrane flexible, générant ainsi un flux ondulant. La conception comprend également des nageoires articulées et un réservoir de ballast pour contrôler la profondeur. L’appareil fonctionne grâce à une batterie lithium-polymère. Il est équipé d’un complexe de capteurs sophistiqué, remplaçant la vision et l’audition. Les sonars lui permettent de « toucher » son environnement par le son sur une distance allant jusqu’à 6 mètres. Un module inertiel suit en temps réel la position et les rotations du corps. De plus, le robot est pourvu d’une caméra capable de reconnaître des objets même dans des eaux troubles, identifiant des marqueurs jusqu’à 1,5 mètres de distance lorsque la visibilité est limitée.
La principale valeur scientifique de ce projet réside dans l’intégration d’algorithmes neuromorphiques. Les chercheurs envisagent de développer une sorte de moelle épinière artificielle qui produira des mouvements rythmiques de la queue, adaptant son comportement en fonction des changements de l’environnement sans intervention humaine. Pour réaliser cette ambition, ils explorent l’utilisation de mémristors, des composants électroniques dotés de mémoire fonctionnant comme des neurones.
Points à retenir
- Le robot imite le thon à nageoires jaunes.
- Il utilise un mécanisme de nage innovant basé sur une membrane flexible.
- Équipé de sonars, il peut « sentir » son environnement jusqu’à 6 mètres.
- La caméra permet la reconnaissance d’objets même en mauvaise visibilité.
- Le projet vise à développer des algorithmes neurologiquement inspirés pour l’autonomie du robot.
En réfléchissant à cette avancée remarquable, je me demande quelles seront les implications pratiques d’un tel robot autonome dans le milieu marin. Pourra-t-on envisager une utilisation dans des missions de recherche ou de sauvetage, par exemple ? La possibilité d’intégrer des systèmes d’intelligence artificielle dans des contextes aussi variés soulève à la fois des questions éthiques et des opportunités fascinantes. L’avenir de la robotique aquatique est certainement prometteur et il est captivant d’imaginer les diverses applications qui en découleront.