Un an. C’est le temps d’attente qu’endure Paul* pour accéder à une thérapie psychologique. Lorsqu’il a commencé à s’inscrire dans des cabinets, on parlait encore d’un délai de six mois, mais suite à l’annonce d’une réduction des financements, ce délai s’est étendu à douze mois.
Âgé de 34 ans, Paul est urbaniste à Berlin et souffre d’un trouble dépressif sévère, mais il n’a pour l’instant aucun thérapeute. Il est actuellement sur quatre listes d’attente.
Qui va encore vouloir exercer ce métier ?
Paul n’est pas un cas isolé. En moyenne, les patients souffrant de dépression attendent 20 semaines pour un rendez-vous. De plus, la réduction de 4,5 % des remboursements des séances de psychothérapie depuis le 1er avril risque d’aggraver la situation, notamment pour les patients ayant une assurance santé publique. L’augmentation du coût de formation des nouveaux thérapeutes, avec environ 7000 places en manque en Allemagne, ajoute à cette complexité.
Coûts de la formation
Tabea Marie Zorn, une psychothérapeute en formation à la Psychologische Hochschule Berlin, a effectué des études pour obtenir son Bachelor et deux Masters. Elle travaille actuellement avec des patients tout en payant sa formation, environ 2100 euros par mois. Pour chaque séance, elle reçoit environ 70 euros brut, mais les coûts totaux de sa formation peuvent atteindre jusqu’à 44 000 euros. La formation psychoanalytique coûte encore plus cher, pouvant aller jusqu’à 80 000 euros.
Comme l’explique Dada Held-Poschardt, psychothérapeute à Berlin, ces coûts varient en fonction d’une série de facteurs, notamment la nature de l’institut et la type de formation.
Je souhaiterais être reconnue au même niveau que les médecins, tant en termes de statut que de rémunération.
Bien que le Psychotherapeutengesetz de 1999 ait établi un cadre pour l’exercice, il n’a pas abordé la question cruciale du financement de la formation. De 2020, une réforme a garanti une rémunération minimale de 1000 euros mensuels pour les nouveaux thérapeutes en formation. Pourtant, des milliers de jeunes Trainees attendent toujours des placements, ce qui aggrave la pénurie de professionnels en santé mentale.
Impact de la réduction des honoraires
La situation devient encore plus préoccupante avec la récente baisse de 4,5 % des honoraires pour les psychothérapeutes contractés par les assurances publiques. En effet, cette baisse de rémunération ne fait qu’aggraver l’écart déjà important avec d’autres spécialités médicales, où les revenus moyens d’un médecin généraliste sont beaucoup plus élevés.
Pour Tabea, cette baisse signifie moins de revenus tout en maintenant les mêmes coûts de formation. Cela pourrait conduire les thérapeutes à privilégier les patients privés plutôt que ceux assurés, ne faisant qu’exacerber le problème d’accès aux soins pour les patients en difficulté comme Paul.
Paul exprime son besoin d’un soutien psychologique essentiel pour sa vie de tous les jours.
Points à retenir
- Les délais d’attente pour une thérapie en Allemagne continuent d’augmenter.
- Les jeunes thérapeutes en formation supportent des coûts de formation élevés sans beaucoup d’aide financière.
- Le manque de places disponibles dans le système de santé publique aggrave l’accès aux soins.
- Les thérapeutes sont souvent moins bien rémunérés que leurs collègues médecins généralistes.
- Les récentes réductions de tarifs pourraient accentuer la crise de la santé mentale en décourageant les nouveaux thérapeutes.
À travers cette problématique, il est crucial de se demander comment nous pouvons améliorer l’accès aux soins psychologiques. Pourquoi ne pas envisager des réformes visant à garantir une rémunération équitable pour ceux qui consacrent leur vie à aider les autres ? Cela soulève des questions éthiques et pragmatiques sur notre responsabilité collective envers la santé mentale de notre société.
Pour moi, il est essentiel d’aborder ces enjeux avec passion et engagement. Chaque voix compte et chaque action, aussi petite soit-elle, peut contribuer à faire évoluer les choses pour un meilleur soutien aux personnes en détresse.
