Le talent et un QI élevé ne suffisent pas : les personnes réussies partagent un trait commun. La bonne nouvelle ? Ce trait peut être cultivé.
Frankfurt – Lorsque les choses ne se passent pas comme prévu, échouons-nous à cause de la tâche à accomplir ou de notre persévérance ? La réponse est souvent la seconde. Les personnes qui réussissent ont en commun une qualité nommée « Grit », qui les aide à persévérer. Selon la définition scientifique, le « Grit » correspond à l’« endurance et à la passion pour des objectifs à long terme ». Ces individus s’engagent dans les tâches sur le long terme, et leur intérêt demeure constant, ce qui leur permet d’évoluer dans leur carrière.
Le terme « Grit » a été popularisé par la neuroscientifique et psychologue Angela Duckworth. Elle a travaillé avec des dirigeants de grandes entreprises, et a observé que ceux qui réussissent partagent ce « mordant » qui leur permet de s’accrocher, même lorsque les choses se compliquent. Ainsi, cet aspect peut avoir un impact plus important sur le succès que l’intelligence ou la rigueur. En somme, ce ne sont pas ceux qui sont les plus intelligents qui réussissent, mais les plus tenaces. Comment les parents peuvent-ils transmettre ce « Grit » à leurs enfants ?
Ce que les personnes qui réussissent ont en commun : comprendre le « Grit »
« Le Grit est plus précieux pour le développement des enfants que leur situation financière ou leur intelligence », affirme la psychologue et éducatrice Jenny Grant Rankin. « Pour développer ce Grit, il faut permettre aux enfants de mener leurs propres luttes. » Les enfants doivent apprendre à gérer des problèmes et à faire des choix de manière autonome, sans intervention parentale. Cela peut commencer dès le jeu, où de nombreux parents laissent souvent leurs enfants gagner.
« Dois-je aider mon enfant immédiatement avec un puzzle ou est-ce que je peux laisser le processus d’apprentissage faire son chemin ? », questionne Christian Thiele de la Deutsche Gesellschaft für Positive Psychologie. « L’essentiel est d’adopter un état d’esprit de croissance. » Au lieu de dire « je ne peux pas », les enfants devraient dire « je ne peux pas ENCORE », conseille-t-il.
Les recherches de Duckworth montrent que le Grit peut être renforcé. Les personnes plus âgées affichent généralement des niveaux de Grit plus élevés que les jeunes, ce qui suggère que cette qualité peut être acquis ou développée. Des études montrent que valoriser le processus au lieu du résultat final peut favoriser le Grit, précise Thiele. Les enfants doivent comprendre que leur cerveau n’est pas un bloc de béton, mais plutôt une pâte malléable que l’on peut façonner avec effort et engagement.
Les ombres du « Grit » : un revers à la médaille
Dans ses séminaires sur le « Leadership Positif », Thiele travaille fréquemment avec des leaders dotés de Grit. Bien qu’ils soient indiscutablement réussis, il met en garde contre un aspect négatif : « Le Grit peut devenir problématique lorsque les individus se retrouvent constamment surchargés », prévient-il. Cela fait écho à la montée des arrêts maladie liés au stress dans le monde professionnel. Beaucoup d’adultes manquent de « Grit », mais surtout de la capacité à se donner le droit de faire une pause.
Avec la technologie brouillant les frontières entre vie professionnelle et personnelle, Thiele considère également le Grit comme un double tranchant. « Penser qu’un enfant a simplement besoin de Grit pour réussir est problématique », dit-il. Cela parce que les conditions de départ peuvent varier considérablement d’une personne à l’autre, et le succès dépend souvent du niveau d’éducation des parents. Plus les circonstances sont difficiles, plus les individus auront besoin de Grit pour réussir et plus ils auront peut-être l’opportunité de l’apprendre.
Points à retenir
- Le Grit est essentiel pour la réussite personnelle et professionnelle.
- Les parents jouent un rôle clé dans le développement du Grit chez leurs enfants en les laissant faire face à des défis.
- Encourager un état d’esprit de croissance peut aider les enfants à développer leur résilience.
- Reconnaître le processus plutôt que le résultat peut renforcer le Grit.
- Un excès de Grit peut engendrer une surcharge de travail et des problèmes de bien-être.
En réfléchissant à ces éléments, je demeure convaincu que le Grit n’est pas seulement une qualité individuelle, mais aussi un facteur clé dans la formation de notre société. La capacité à persévérer face à l’adversité nous distingue et façonne notre avenir. Laissons-nous ces valeurs aux générations futures et observons comment elles peuvent transformer le monde.
