sam. Juin 13th, 2026

Environ 200 000 neurones humains vivants cultivés sur une micro-puce ont réussi à jouer à Doom. C’est l’entreprise australienne Cortical Labs qui en a fait la démonstration à travers une vidéo, où son ordinateur biologique, le CL1, se confronte à ce célèbre jeu de tir à la première personne.

Le système, surnommé Cortical Labs CL1, est présenté comme le premier « ordinateur biologique distribué« , une plateforme qui allie des cellules cérébrales humaines à du matériel traditionnel en silicone. Ayant déjà démontré les neurones en action sur le classique Pong, la communauté a exprimé le désir de découvrir quelque chose de plus ambitieux. La réponse est venue avec Doom, beaucoup plus complexe que le simple jeu d’arcade.

Dans le vidéo de présentation, le Dr Brett Kagan souligne que Doom représente un défi nettement plus élevé : ses environnements 3D, ennemis, armes, et objectifs dynamiques nécessitent une gestion beaucoup plus sophistiquée que Pong. Cette complexité accrue a amené à la création de la « Cortical Cloud« , une structure destinée à entraîner le système biologique à des tâches plus avancées.

Comment fonctionne l’ordinateur CL1 capable de jouer à Doom ?

Le fonctionnement du CL1 repose sur une interface capable de convertir le flux vidéo du jeu en stimulations électriques perçues par les neurones. Sean Cole, un chercheur indépendant ayant collaboré au projet, a élaboré la première version fonctionnelle de Doom en utilisant l’API de Cortical Labs. Ainsi, des schémas spécifiques d’activation neuronale correspondent à des actions dans le jeu : un certain motif déclenche un tir, tandis qu’un autre permet au personnage de se déplacer. Cette interaction permet aux cellules cérébrales d’identifier les ennemis, de les toucher et d’avancer à travers les niveaux.

Le CTO David Hogan a mis en avant que la véritable avancée ne réside pas tant dans les performances de jeu, mais dans la capacité à interagir en temps réel avec du tissu neuronal vivant. Le système démontre un « apprentissage adaptatif orienté vers un objectif« , c’est-à-dire la capacité de modifier son comportement en fonction des retours reçus.

Il est important de noter que le CL1 n’est pas encore un champion d’eSport. Ses performances restent loin de celles d’un joueur humain expérimenté, et le système de récompenses et de pénalités doit encore être perfectionné. Toutefois, Cortical Labs estime avoir franchi une étape cruciale dans l’interface entre la biologie et le silicone.

Points à retenir

  • Le CL1 combine cellules cérébrales humaines et technologie classique.
  • Doom représente une avancée par rapport à des jeux plus simples comme Pong.
  • Les neurones interagissent avec le jeu grâce à une interface de stimulation électrique.
  • L’apprentissage adaptatif permet d’ajuster le comportement du système en fonction des résultats.
  • Bien que prometteur, le CL1 n’atteint pas encore le niveau d’un joueur humain chevronné.

En somme, cette avancée soulève des questions fascinantes sur les frontières entre l’intelligence biologique et artificielle. Peut-on envisager un jour où des organismes biologiques pourraient surpasser les capacités humaines dans des environnements numériques ? Ce débat mérite d’être exploré, tant sur le plan éthique que technologique. En tant que passionné par les évolutions scientifiques, je suis curieux de voir comment ces innovations façonneront notre avenir.


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