mer. Juin 24th, 2026

« Ils aiment être “ensevelis” sous les données ». Ces mots de Ben Mitchell, ancien ingénieur de piste de Lance Stroll et désormais responsable Performance chez Aston Martin, font le lien entre son ancien protégé, Fernando Alonso, et le quadruple champion du monde Sebastian Vettel, prédécesseur de l’Espagnol au volant de la monoplace britannique.

Ben Mitchell est l’un des rouages essentiels du groupe basé à Silverstone, même si son rôle actuel est plus discret, s’exerçant essentiellement dans l’ombre. En effet, il coordonne tous les ingénieurs de course et performance de l’équipe, en s’appuyant sur les dernières technologies disponibles dans la toute nouvelle usine près du circuit anglais.

Ben Mitchell, ancien ingénieur en course de Stroll, évoque les tensions parfois présentes avec les pilotes
Ben Mitchell, ex-ingénieur de course de Stroll, reconnaît que la relation avec les pilotes génère parfois des tensions – Zak Mauger

Chaque duo pilote-ingénieur finit par inspirer un meme, à un moment ou un autre.

Ben Mitchell, responsable des ingénieurs performance chez Aston Martin

Sur le site officiel de la Formule 1, Mitchell explique la relation parfois houleuse entre un ingénieur de course et son pilote, bien plus complexe que ce que l’on perçoit à la télévision. Il doit en effet transmettre les sensations de la monoplace aux cerveaux chargés de transformer ces données en améliorations, tout en filtrant l’information pour ne donner au pilote que ce dont il a vraiment besoin.

« Il nous est tous arrivé de transmettre un message que l’on jugeait pertinent, et de se faire rembarrer », admet-il. Ce genre de situations se produit régulièrement lors des Grands Prix, mais cela ne va pas plus loin : « Chaque pilote et son ingénieur ont leur moment de tension, parfois les voix montent, mais généralement on finit par dîner ensemble sans problème », raconte-t-il.

Les réactions sont souvent sévères envers un pilote qui élève la voix, alors qu’en foot, un joueur qui donne un coup de pied à une bouteille en sortant du terrain trouve cela normal…

Ben Mitchell, responsable des ingénieurs performance chez Aston Martin

Fort d’expériences dans d’autres disciplines mécaniques comme le MotoGP ou l’endurance, Mitchell juge injuste la stigmatisation des pilotes en F1 : « On critique rapidement un pilote de F1 qui s’emporte, mais on tolère qu’un footballeur frappe une bouteille quand il est remplacé ».

Lance Stroll, Fernando Alonso et Sebastian Vettel s’appuient énormément sur les données pour préparer leur course
L’ingénieur britannique assure que Stroll, Alonso et Vettel utilisent beaucoup les données pour leur préparation de course – LAT Images

Une partie de son travail, passé comme présent, consiste à répondre aux exigences propres à chaque pilote. À ce titre, Fernando Alonso figurait parmi les plus demandeurs : « Il m’est arrivé d’arriver au bureau et de trouver Fernando devant son ordinateur, regardant sa montre et me demandant : “Où étiez-vous ? Il était pourtant l’heure du couvre-feu !” ».

« Vettel était identique, tout comme Lance Stroll. Ils sont plongés dans les données. Parfois, cela leur est très utile, mais d’autres fois cela ne fait que brouiller leur pilotage », conclut Mitchell.

Points à retenir

  • Ben Mitchell joue un rôle central chez Aston Martin en coordonnant l’équipe d’ingénieurs de course et performance.
  • La relation entre pilote et ingénieur est complexe et peut générer des tensions, mais bien souvent celles-ci sont temporaires.
  • Leur communication est un équilibre délicat entre transmettre des infos utiles et éviter de surcharger le pilote.
  • Les pilotes comme Alonso, Vettel et Stroll s’appuient intensément sur les données pour optimiser leur préparation.
  • Mitchell souligne une différence culturelle dans la perception des réactions des sportifs, entre Formule 1 et football notamment.
  • Le travail avec les données peut être un atout précieux ou un frein selon le moment et le besoin du pilote.

En somme, derrière chaque performance sur la piste se cache un va-et-vient constant d’informations techniques, où l’humain et la machine doivent trouver un fragile équilibre. Une bataille de données… et d’égos, parfois. Au final, c’est rassurant de savoir que même dans l’univers ultra-technique de la F1, un dîner « de réconciliation » a plus de poids qu’un clash sur la radio. Peut-être faudrait-il envoyer Ben Mitchell organiser des séances de médiation au vestiaire de foot, qui sait ?


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