Après 15 saisons en Formule 1, Nico Hülkenberg (37 ans) continue d’apprendre des leçons inattendues. Lors du Grand Prix de Grande-Bretagne, alors qu’il occupait enfin une place sur le podium, le pilote allemand a oublié son casque. C’est Lando Norris (25 ans) qui a dû aller le chercher.
Sans le commentaire à la télévision expliquant que Hülkenberg avait tout simplement oublié de prendre son casque, on aurait pu penser que le pilote Sauber était si pressé de monter sur le podium qu’il ne voulait pas perdre une seconde. Ce podium, c’était une première en 239 courses, un record d’attente dans l’histoire de la Formule 1.
Cette longévité sans monter sur un podium demeure un mystère pour de nombreux experts, à l’image de Dr. Helmut Marko, le responsable de la division sport automobile chez Red Bull. Interrogé par SPORT BILD, il a déclaré : « Pour moi, Nico fait partie du top 5 des pilotes en F1. Il dépasse régulièrement des concurrents disposant de voitures nettement supérieures. Son podium était très attendu, il mérite tout notre respect. »
Trois fois déjà, “Hülki” avait frôlé le podium en terminant quatrième, mais c’est à Silverstone qu’il a enfin brisé cette malédiction. Le plus grand frein dans sa carrière reste l’absence de la possibilité de piloter pour l’un des meilleurs teams de la discipline.
Selon Helmut Marko, Red Bull avait envisagé de signer Hülkenberg en 2020, lorsqu’il était sans volant, car ses qualités étaient indéniables. Il aurait dû devenir coéquipier de Max Verstappen en 2021. Finalement, l’équipe a choisi Sergio Pérez, dont la victoire en 2020 avec Racing Point a pesé dans la balance. Hülkenberg a alors dû respecter sa retraite sportive temporaire.
Les liens avec Ferrari ont aussi failli se concrétiser. En 2013, des négociations très poussées ont été entamées avec l’équipe italienne, dirigée alors par Stefano Domenicali, aujourd’hui PDG de la Formule 1. Ferrari avait même préparé un contrat de 45 pages, finement négocié, prêt à être signé. Mais Sergio Marchionne, le patron de la Scuderia à l’époque, a bloqué la signature à la dernière minute, sans jamais donner d’explication claire à Hülkenberg.

Peu nostalgique, Hülkenberg vit le présent sans s’encombrer des souvenirs ou des attentes futures. Sa prochaine étape semble être Audi, qui prend le relais de Sauber en tant qu’écurie usine dès la saison prochaine. Audi vise, dans un horizon de quatre ans, à rivaliser pour les titres mondiaux, et Hülkenberg est appelé à jouer un rôle clé dans cette ambition, grâce à son expérience précieuse.
Sans exclure de passer à nouveau derrière un volant, il s’appuie sur le parcours et la longévité de ses pairs, comme Fernando Alonso (43 ans) ou Lewis Hamilton (40 ans), qui prouvent que l’âge n’est pas forcément un frein aux performances de pointe.
David Coulthard, légende de la F1, a déclaré au magazine SPORT BILD : « Nico va aider l’équipe à décoller. La tâche est colossale, mais il a montré qu’il peut toujours tirer le maximum. Je pense qu’il est capable de tout, même de décrocher d’autres podiums. »
Et dernière leçon apprise : désormais, Hülkenberg n’oubliera plus jamais de prendre son casque…
Points à retenir
- Nico Hülkenberg a attendu 239 courses avant d’accéder à son premier podium en Formule 1, un record dans l’histoire de la discipline.
- Malgré son talent reconnu, il n’a jamais eu la chance de piloter pour l’un des top teams, frein majeur pour une carrière en dents de scie.
- Des négociations sérieuses avec Ferrari en 2013 ont échoué mystérieusement à la dernière minute, un chapitre resté énigmatique.
- Red Bull avait contacté Hülkenberg en 2020, mais a préféré l’expérience victorieuse de Sergio Pérez au dernier moment.
- Audi mise désormais sur lui pour consolider son projet ambitieux en F1, avec l’objectif de jouer les premiers rôles d’ici quelques années.
- L’âge n’est qu’un chiffre en F1, comme le démontrent Alonso et Hamilton, ce qui laisse présager une belle durée de vie sportive à Hülkenberg.
- La plus récente prise de conscience : ne jamais oublier son casque, simple mais évident…
En somme, on pourrait dire que Hülkenberg est un peu le “patron oublié” de la Formule 1, une sorte de super-héros de l’ombre qui attend patiemment son heure sans jamais baisser les bras. Mais dans un sport où la machine est souvent reine, faut-il vraiment qu’un pilote soit poussé à la rigueur d’un oubli de casque pour qu’on réalise qu’il mérite sa place au soleil ? Allez, un jour, peut-être qu’ils décoreront le casque aussi – histoire de ne pas l’oublier la prochaine fois…