Où est donc passé le rythme fou des monoplaces Sauber qui avait si bien fonctionné ces trois derniers Grands Prix ? En Grande-Bretagne, lors des qualifications à Silverstone, Gabriel Bortoleto ne décroche que la 17e place tandis que Nico Hülkenberg se classe deux rangs derrière.
Jeudi, Nico Hülkenberg, vétéran de la Formule 1, affichait tout son optimisme : « Si nous faisons notre travail correctement, je ne vois pas pourquoi nous ne devrions pas nous retrouver dans le top 10 à nouveau. »
Le scénario final du samedi a malheureusement démenti ses propos. Après une intervention rapide des mécaniciens Sauber qui ont dû réparer la voiture de Bortoleto (suite à une sortie de piste dans la troisième séance d’essais et une suspension avant gauche cassée), le Brésilien a terminé 17e des qualifications, éliminé dès la première phase, tout comme Hülkenberg qui n’a réussi à devancer que Colapinto, l’Argentin s’étant lui aussi embourbé dans un tête-à-queue.
Mais alors, qu’est-ce qui a coincé ? Nico nous livre son analyse : « Nous avons surtout eu du mal dans le premier secteur du circuit. Notamment dans les virages 3 et 4, où la piste s’ouvre en grand. Là, le vent souffle vraiment fort, ce qui m’a posé d’énormes difficultés aujourd’hui. Je n’ai jamais réussi à trouver un bon rythme dans ce tronçon comme je le souhaitais. »
« Globalement, nous ne retrouvons pas la vitesse que nous avions dernièrement à Barcelone, Montréal ou Spielberg. Il nous manque de l’efficacité aérodynamique, ce fameux compromis délicat entre résistance à l’air et appui, et il y a peu de circuits où cet équilibre est aussi crucial qu’ici. Nous manquons de performance dans les virages rapides. En résumé : nous ne sommes pas assez compétitifs, et personne ne pourra enjoliver cette réalité. »
« Pour la course, nous aurons donc besoin d’un petit coup de pouce si nous voulons espérer pointer aux alentours des points. Compter uniquement sur nos moyens sera compliqué, donc on espère que la météo capricieuse pourrait bien jouer en notre faveur. Mais il faut garder en tête : si on n’est pas assez rapides en qualification, on ne va pas soudainement le devenir en course, à moins que la chance ne nous sourie. »
Certes, Hülkenberg avait réussi à marquer des points en partant 20e à Spielberg, mais il rappelle que « le contexte est différent ici, car à Spielberg, la voiture était plus performante que ce que nous avons en Angleterre. Donc ne vous attendez pas à ce que je reproduise cet exploit. Nous allons maintenant étudier la meilleure stratégie possible pour la course, faire un pilotage propre et voir où cela nous mène. Mes attentes restent modestes. »
Jonathan Wheatley, le directeur de l’écurie Sauber, ne cache pas sa déception : « Nous n’avons pas réussi à exprimer le potentiel de la voiture sur ce circuit. Simplement, nous ne sommes pas assez rapides. Que la pluie tombe, ça ne nous dérangera pas pour la course. »
Résultats des qualifications – Grand Prix de Grande-Bretagne
01. Max Verstappen (NL), Red Bull Racing, 1:24,892
02. Oscar Piastri (AUS), McLaren, 1:24,995
03. Lando Norris (GB), McLaren, 1:25,010
04. George Russell (GB), Mercedes, 1:25,029
05. Lewis Hamilton (GB), Ferrari, 1:25,029
06. Charles Leclerc (MC), Ferrari, 1:25,095
07. Kimi Antonelli (IT), Mercedes, 1:25,121
08. Oliver Bearman (GB), Haas, 1:25,374
09. Fernando Alonso (ES), Aston Martin, 1:25,621
10. Pierre Gasly (FR), Alpine, 1:25,785
11. Carlos Sainz (ES), Williams, 1:25,746
12. Yuki Tsunoda (JP), Red Bull Racing, 1:25,826
13. Isack Hadjar (FR), Racing Bulls, 1:25,864
14. Alex Albon (TH), Williams, 1:25,889
15. Esteban Ocon (FR), Haas, 1:25,950
16. Liam Lawson (NZ), Racing Bulls, 1:26,440
17. Gabriel Bortoleto (BR), Sauber, 1:26,446
18. Lance Stroll (CA), Aston Martin, 1:26,504
19. Nico Hülkenberg (DE), Sauber, 1:26,574
20. Franco Colapinto (AR), Alpine, 1:27,060
Points à retenir
- Sauber a traversé un petit passage à vide en termes de performance, contrastant avec leurs résultats précédents plutôt solides.
- Les caprices du vent sur Silverstone se sont avérés plus redoutables que les chronos réalisés, particulièrement dans les secteurs rapides.
- Nico Hülkenberg, malgré son expérience, reconnaît que les conditions du circuit et la voiture n’étaient pas idéales, n’excluant pas un besoin d’aide extérieure pour décrocher quelques points.
- Le compromis aérodynamique est au cœur des problèmes actuels : trop de résistance ou pas assez d’appui, difficile de trouver la bonne solution.
- La pluie pourrait bien devenir l’amie du team et leur fournir une petite bouffée d’oxygène, au moins sur le papier.
Globalement, on se demande si Sauber ne serait pas victime d’un cruel paradoxe : plus ils cherchent à optimiser la machine sur le papier, plus elle semble perdre pied sur le bitume britannique. Est-ce que les écuries jouent à la roulette avec la météo ou simplement avec leur propre confiance ? En tout cas, ça donne du grain à moudre pour les experts et du suspense pour les amateurs. Et moi, je me contente de savourer ce feuilleton, en attendant de voir si Silverstone n’a pas réservé une surprise de dernière minute à nos petits favoris…