mer. Juin 24th, 2026

Aston Martin a terminé la saison 2024 en jonglant entre deux configurations de fond plat : une pour circuits à forte charge aérodynamique, une autre pour pistes moins exigeantes. Ce n’était pas prévu initialement, mais la version utilisée à Suzuka, en avril, s’est révélée plus stable sur les tracés rapides et rectilignes. Résultat : ils ont dû limiter son usage à certains circuits. Cette approche ne sera pas reconduite en 2025. Lors du Grand Prix d’Imola, l’écurie a présenté un fond plat inédit qui a donné des résultats supérieurs aux attentes, suivi d’une nouvelle déclinaison au Grand Prix de Silverstone. Pourtant, à Spa-Francorchamps, ils ont préféré revenir à l’ancienne version plutôt que d’adopter la mise à jour la plus récente.

En Hongrie, Aston Martin a testé les deux fonds plats dès la matinée, en alternance entre les voitures de Lance Stroll et Filipe Drugovich, afin de collecter davantage de données. Ces essais ont aussi été l’occasion d’évaluer le dernier aileron avant, introduit récemment à Spa. Mike Krack, responsable piste chez Aston Martin, explique ces tests : « Silverstone est un circuit très particulier, avec des virages à très haute vitesse mais aussi à très basse vitesse. Il n’y a cependant pas de portions à vitesse moyenne, donc nous voulons comprendre comment se comporte la voiture dans ce registre. Le travail en soufflerie mené depuis plusieurs mois confirme que nos évolutions fonctionnent comme prévu, mais nous souhaitons recueillir plus d’informations pour affiner notre stratégie et faire le bon choix. »

Mike Krack, responsable piste Aston Martin
Mike Krack, Aston Martin. Saison F1 2025. Crédit photo : Gintare Karpaviciute

Fini l’alternance des fonds plats

L’ingénieur luxembourgeois écarte la possibilité de recycler cette stratégie d’alternance des fonds plats, adoptée en 2024 : « Nous ne referons pas ce que nous avons fait l’an passé, aussi parce que cela pose un souci logistique et financier lié à l’envoi de nombreuses pièces. Nous voulons donc décider une bonne fois pour toutes. Ce n’est pas une question de valider ou rejeter le nouveau fond, mais plutôt d’amasser suffisamment de données. Les caractéristiques des circuits diffèrent beaucoup, et avec la pluie à Silverstone, nous n’avons pas obtenu toutes les informations nécessaires. Nous ne voulons pas revivre ces débats interminables autour des fonds, ils étaient contre-productifs. Pour choisir bon, il faut connaître beaucoup. »

Pendant ce temps, l’aileron avant introduit à Spa est conservé, bien qu’il n’ait été utilisé qu’en sprint, pas en qualification ni en course. Au milieu de ce patchwork de pièces anciennes et nouvelles, Krack ajoute : « Nous avons ajouté ici un nouveau volet pour mieux adapter l’appui aux spécificités du circuit. Cependant, à Spa, le choix du niveau d’appui n’a pas été optimal : nous étions plus lents en ligne droite et n’avons pas pleinement exploité le potentiel aérodynamique de la voiture, ce qui nous a pénalisés bien plus que prévu. »

Points à retenir

  • Aston Martin a expérimenté différents fonds plats selon les contraintes du circuit, une gymnastique technique pas forcément drôle à gérer.
  • La volonté est désormais de ne plus jongler entre plusieurs configurations pour des raisons de coût et d’efficacité.
  • Les essais en Hongrie visent à collecter un maximum de données pour trancher sereinement et éviter les débats houleux de l’an dernier.
  • L’aileron avant de Spa reste en place, bien qu’il n’ait pas convaincu pleinement dans toutes les circonstances.
  • Mike Krack, plutôt prudent, insiste sur l’importance d’un choix éclairé et non précipité, preuve que même en F1 il faut parfois savoir prendre son temps.

En résumé, Aston Martin semble décidé à éviter de se perdre dans un labyrinthe de pièces éphémères et préfére miser sur la stabilité, quitte à avancer moins vite que les autres. Mais dans cette quête perpétuelle du compromis parfait, on se demande si la quête du Graal technique ne finira pas par tourner à la course au casse-tête chinois. En attendant, on garde popcorn à portée de main et on observe la suite avec un léger sourire — car clairement, en F1 comme ailleurs, il y a toujours moyen de compliquer l’évidence.


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