Oscar Piastri semble entretenir une relation assez directe avec la McLaren 2025 de Formule 1. Contrairement à son coéquipier Lando Norris, qui ne cache pas ses frustrations lors des difficultés, Piastri évite les grands coups d’énervement. Il ignore aussi pour l’instant la modification de la suspension avant adoptée par Norris, modification qui semble pourtant assez efficace.
Cependant, si Piastri, à l’instar de Norris, souligne la rapidité de la voiture – et a même su en tirer un avantage légèrement supérieur à mi-saison – il serait faux de croire qu’il est totalement à l’aise avec la monoplace.

Dès les premiers essais, les deux pilotes avaient identifié que la McLaren MCL39 était rapide mais délicate à maîtriser. Chaque week-end semble le confirmer, avec des performances souvent très bonnes en qualifications, mais parfois un petit manque de rendement, laissant la victoire à d’autres, notamment à Max Verstappen sur certaines pistes comme Suzuka ou Silverstone.
Contrairement à Norris, qui a parfois disparu complètement de la lutte (exemple à Bahreïn, en Arabie Saoudite et au Canada), Piastri a su rester constant. Il n’a pas connu de désastre en qualification, ce qui a fortement contribué à sa régularité et à sa place parmi les leaders du championnat – sans être toutefois irréprochable face aux caprices de la voiture.
« Il y a clairement des réglages et des points d’équilibre de la voiture que j’essaie d’éviter », confie Piastri. « Certains comportements sont plus difficiles à gérer que d’autres, mais en week-end on réussit généralement à corriger ces problèmes. La voiture reste parfois imprévisible, ce qui peut être désagréable, mais on a fait beaucoup de progrès pour limiter ces points. Au début de la saison, c’était ma principale critique : on veut toujours que la voiture soit plus prévisible. »
« Malgré tout, ce n’est pas fondamentalement différent de l’an passé. Certains aspects évoluent, mais beaucoup restent identiques, déterminés par la façon dont l’aérodynamique et les pneus fonctionnent ensemble. On peut ajuster certaines choses, mais on ne peut pas tout changer. »
Cette stabilité de comportement associée à une monoplace plus rapide a permis à Piastri d’élever son niveau de jeu. Avec quatre pôles et dix podiums en douze courses, il ne profite pas seulement des erreurs de Norris, mais le domine aussi parfois lors des affrontements directs.

Il semblerait que son style de pilotage, moins agressif sur certaines phases délicates (freinage et braquage), explique cette aisance. Piastri sollicite moins la voiture, évitant d’en révéler certaines failles que Norris rencontre souvent. De plus, sa précision dans la gestion du grip au freinage est un atout majeur.
En revanche, Norris souffre davantage des retours de la voiture dans le volant, sa principale source d’information lorsqu’il conduit. C’est pourquoi McLaren a introduit, dès le Grand Prix du Canada, une nouvelle géométrie de suspension avant, destinée à améliorer ces sensations.
Seulement, cette nouveauté n’a été adoptée que par Norris. Piastri, lui, a préféré attendre, notamment à Silverstone, pour ne pas brouiller son ressenti avec d’autres changements en cours. McLaren a bien sûr insisté sur le fait que cette pièce n’était pas destinée à favoriser un seul pilote, mais la prudence reste de mise.

À ce sujet, Piastri reste ouvert mais sceptique quant à l’effet transformateur de cette suspension : « J’ai eu quelques discussions, je l’essaierai probablement, mais à mes yeux ce n’est qu’un changement mineur. On a eu d’autres évolutions importantes récemment, que je préfère analyser dans un setup stable. Ce n’est pas une amélioration majeure, sinon je ne me poserais même pas la question. »
Points à retenir
- La McLaren MCL39 est rapide mais technique, ce qui complique la tâche des pilotes en qualifications.
- Oscar Piastri se montre plus constant que Lando Norris, qui vit plus intensément les caprices de la voiture.
- La prévisibilité reste un point faible, même si des progrès ont été réalisés depuis le début de saison.
- Piastri gère son pilotage pour contourner certaines faiblesses de la monoplace, notamment en freinage et braquage.
- McLaren a tenté une amélioration via une modification de la suspension avant, adoptée par Norris, mais pas encore par Piastri.
- Le rythme de développement semble privilégier une évolution progressive, sans bouleversement radical.
Au final, on se demande si cette bataille interne ne joue pas autant sur le moral que sur la mécanique. Piastri, avec son style tranquille et son approche méthodique, pourrait presque nous rappeler que parfois, moins de réaction face aux imprévus finit par payer. Pendant ce temps, Norris cherche encore le bon équilibre entre sentir la voiture et ne pas se faire sentir par elle. Qui a dit que la Formule 1 n’était pas aussi une histoire de psychologie ? Moi, je parie que derrière ce duel technique se joue aussi une petite guerre d’égo – et ça, c’est presque aussi passionnant que la course elle-même.