Lando Norris a reconnu que retarder son arrêt au stand lors du Grand Prix de Belgique avait probablement été une erreur. Cette décision l’a en effet éloigné trop nettement de son coéquipier.
Oscar Piastri a remporté la course après avoir dépassé Norris dès le départ, puis en passant tôt aux pneus slick, un tour avant lui. Le temps que Norris a perdu à rester une boucle supplémentaire sur une piste qui séchait, avec ses pneus intermédiaires usés, cumulé à un arrêt au stand légèrement plus long, a creusé l’écart entre eux de moins de deux secondes à plus de neuf secondes.
Norris a admis qu’il aurait probablement mieux valu s’arrêter au même tour que Piastri, même en perdant un peu de temps derrière lui dans la zone des stands de McLaren, plutôt que de s’attarder un tour supplémentaire sur ses pneus intermédiaires.
« Je dois demander à l’équipe, » a-t-il déclaré après la course. « C’est compliqué, car on perd vite beaucoup de temps dans ces conditions. »
« La décision d’entrer aux stands a été prise tardivement à ce moment-là. En y repensant, on se serait probablement un peu reproché d’être restés aussi longtemps en piste. »
Piastri est passé aux stands au 12e tour. Quatre autres pilotes étaient passés un tour plus tôt, dont Lewis Hamilton, qui a gagné six positions grâce à ce changement de pneus anticipé.
« Il y avait suffisamment d’indices pour dire qu’il aurait fallu rentrer plus tôt, mais personne ne l’a fait, » a poursuivi Norris. « C’est juste que Lewis est entré un tour avant nous. »
« Ce qui m’a vraiment embêté, c’est qu’Oscar ait réussi son tour. Moi, j’ai dû faire un tour de plus, c’est la vie. »
Norris a précisé que c’est son ingénieur de course, Will Joseph, qui a initié la décision de lui chausser des pneus durs, contrairement à Piastri qui roulait en médiums.
« Will m’a demandé si je voulais des pneus durs, j’ai dit oui. Voilà, c’est tout. Je ne savais même pas qu’Oscar avait des pneus médiums, cela n’a pas influencé mon choix. »
« Je pensais que les pneus durs tiendraient un peu mieux sur la fin, même s’ils sont plus longs à chauffer et que les premiers tours seraient donc un peu compliqués — ce qui a été le cas. Sur les derniers tours, j’avais en revanche l’avantage en adhérence. »
« Mais l’arrêt aux stands n’a pas été idéal. J’étais le deuxième à rentrer aux stands, je crois avoir perdu huit ou neuf secondes juste à cause de ça. Rattraper Oscar avec cet écart, c’était un sacré défi. J’ai fait de mon mieux, mais ce n’était pas suffisant. »
Points à retenir
- Parfois, rester un tour de plus en piste, même en espérant un avantage, peut se transformer en fiasco horodaté.
- Choisir des pneus durs quand les autres ont opté pour des médiums : pari tactique ou coup de bluff ? Visiblement un peu des deux.
- Être le deuxième à passer aux stands peut parfois signifier perdre quelques secondes précieuses, un luxe que Norris n’a pas pu se permettre.
- Lewis Hamilton, fidèle à lui-même, a profité d’un changement malin pour grappiller des places au départ, rappelant que la stratégie est aussi une course dans la course.
- La communication entre pilote et ingénieur de course joue un rôle clé dans la prise de décisions rapides qui peuvent faire ou défaire une course.
Au final, cette course belge a offert une jolie leçon de gestion du temps et des pneus, où chaque seconde compte, littéralement. Et vous savez quoi ? Il ne reste plus qu’à se demander si, dans ce sport où tout est calculé au millimètre, il faudrait parfois un peu plus de ce bon vieux chaos planifié – ne serait-ce que pour pimenter les débats entre stratèges et pilotes. À méditer la prochaine fois que vous hésiterez à prendre un coup de poker sur un virage…