lun. Juil 13th, 2026

Gabriel Bortoleto, pilote rookie chez Sauber en Formule 1 pour la saison 2025, n’a pas encore marqué de points. Son coéquipier expérimenté, Nico Hülkenberg, a quant à lui su capter l’attention avec des performances solides. Pourtant, contrairement à d’autres débutants dans une situation similaire, le jeune Brésilien ne voit pas son baquet menacé pour le moment.

Gabriel Bortoleto en casque et combinaison Sauber
Gabriel Bortoleto, pilote Sauber, en tenue de course. © LAT Images

En matière de points, ceux qui constituent la monnaie sonnante et trébuchante dès que les primes sont distribuées en Formule 1, Bortoleto reste à zéro — à l’instar de Jack Doohan et Franco Colapinto, eux aussi sans points mais n’ayant pas disputé la saison complète. Face aux 20 points déjà engrangés par Hülkenberg, l’impression de domination du vétéran allemand est presque naturelle. Côté pilote, Bortoleto ne cache d’ailleurs pas son admiration pour son aîné.

« Il exploite la voiture bien au-delà de ce qu’on pourrait attendre, » confiait-il après le Grand Prix du Canada. « Nico est un pilote excellent. J’admire beaucoup ce qu’il fait, c’est vraiment impressionnant. »

Pourquoi Sauber maintient sa confiance en Bortoleto

Dans des équipes aux résultats plus difficiles, un tel début de saison sans points aurait déjà sonné le glas pour le rookie, surtout avant la trêve estivale. Pourtant, Sauber, actuellement en pleine restructuration en vue de devenir l’équipe officielle Audi en 2026, adopte une approche différente. Après quelques remous à la direction, le groupe a identifié les problèmes et travaille méthodiquement à les résoudre, tout en encourageant Bortoleto à progresser dans le même esprit.

Un coup de chance dans les points de Hülkenberg

Certes, Hülkenberg a inscrit ses premiers points dès l’ouverture en Australie, mais cela s’explique surtout par un choix judicieux de pneus intermédiaires au bon moment. Cependant, la suite de la saison a montré que la C45 souffre d’une perte d’appui et d’une aérodynamique fragile dans le sillage des autres monoplaces.

Bortoleto lui-même a décrit les effets du flux d’air « sale » derrière les voitures adverses, provoquant de fortes turbulences autour de la tête, ce qui complique la conduite. « C’est une des pistes les plus faciles pour dépasser, mais c’est quand même très difficile, » résume-t-il. « Je ne peux pas rouler proche derrière. Je perds de l’appui, ce qui rend les dépassements quasiment impossibles. »

Le ravitaillement technique de l’Espagne

Plutôt que de pointer du doigt les pilotes, Sauber a orienté ses efforts sur la voiture, introduisant au Grand Prix d’Espagne un important kit d’améliorations : un nouveau fond plat, un aileron avant remanié, des ajustements au niveau du couvre-moteur et à l’arrière.

Selon Inaki Rueda, directeur sportif, ces modifications ne visent pas à maximiser l’appui à tout prix, mais à rendre la voiture plus facile à piloter. « Plus on ajoute d’appui, plus la voiture tend à devenir nerveuse, au point d’être difficile à contrôler dans certaines conditions, » explique-t-il. « Nous espérons que cette mise à jour sera la réponse à ce problème observé dès les premiers essais cette année. »

Bortoleto encore en phase d’apprentissage face à Hülkenberg

Le pilote allemand a encore dominé en performance les dimanches de course, un point que l’équipe et le jeune pilote ont parfaitement intégré et qu’ils s’appliquent à améliorer. Lorsque Mattia Binotto, alors directeur d’écurie, avait choisi Bortoleto plutôt que Bottas ou Zhou, c’était pour sa vitesse brute. En qualifications, le Brésilien a même parfois devancé Hülkenberg, reconnu pour son talent dans cet exercice.

Gabriel Bortoleto au Grand Prix d’Espagne 2025
Gabriel Bortoleto au volant de la Sauber C45 lors du GP d’Espagne 2025. © circuitpics.de

Cependant, en conditions de course, le Brésilien manque encore d’expérience : erreur sous la pluie en Australie, mauvais départ au Japon, et une bataille perdue avec Fernando Alonso en Espagne figurent parmi plusieurs exemples illustrant ce manque de maturité.

Ce que Hülkenberg démontre actuellement

Bortoleto a néanmoins montré sa volonté de progresser. Entre le Grand Prix du Japon et celui de Bahreïn, il a même pris le temps de se rendre chez Ferrari pour analyser la situation avec Binotto.

Ce qui lui manque encore, c’est sans doute cette assurance forgée par l’expérience que Hülkenberg possède. Ses récents exploits au Canada et en Espagne reposent sur une gestion fine des batailles en première boucle.

À Montréal, le pilote allemand a anticipé un duel imminent entre Colapinto et Albon, se plaçant idéalement pour profiter du chaos résultant, quand Albon est sorti de piste et Colapinto a pris une ligne compromise. Ce sens aigu de la lecture de course est la marque d’un pilote chevronné.

Bortoleto promet des jours meilleurs

Lors des qualifications en Espagne, Bortoleto a dominé la confrontation directe avec Hülkenberg, mais n’a pas pu en tirer parti au départ. Sa stratégie à un arrêt n’a pas porté ses fruits à cause d’une mauvaise fenêtre liée au Safety Car, et ce, sans qu’il en soit responsable.

« Il voit la course d’une manière que je n’ai pas encore, » reconnaît Bortoleto au sujet de son coéquipier. « Il excelle dans ce domaine et j’apprends beaucoup de lui. J’espère bientôt franchir les étapes qu’il a déjà atteintes et commencer à rapporter des points à l’équipe. »

Chez Sauber, l’ambiance est posée, avec une vision à long terme : Bortoleto dispose ainsi du temps et du soutien nécessaires pour progresser sereinement.

Points à retenir

  • Bortoleto, malgré ses zéro pointé, bénéficie de la patience d’une équipe en pleine transformation, ce qui est un luxe rare dans cette F1 où la performance immédiate semble devenue une exigence de base.
  • Les réussites d’Hülkenberg s’expliquent autant par son expérience que par une pointe de chance tactique, surtout en début de saison.
  • Le proto Sauber C45 souffre clairement en “dirty air”, un cauchemar pour quiconque aime suivre et dépasser.
  • Les mises à jour techniques privilégient une conduite plus facile plutôt qu’une course à l’appui maximal, reflet d’une stratégie prudente pour ne pas finir en glissade incontrôlable.
  • Bortoleto montre un bel esprit de compétition et de remise en question, ce qui est sans doute aussi précieux qu’une voiture rapide.

Alors, entre patience bienveillante du constructeur, expérience rassurante du vétéran, et soif d’apprendre du rookie, on se demande : combien de temps faudra-t-il avant que la cafétéria de Sauber ne ressemble à un centre de formation pour jeunes pilotes ou à un bureau du personnel stressé ? Eh bien, je parie que d’ici là, on aura droit à quelques histoires croustillantes entre deux dépassements manqués ou une mise à jour mal digérée. Restez connectés, ça promet.


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