sam. Août 22nd, 2026

Photo : Ducati Corse

Marco Palmerini dévoile comment Ducati a poussé le développement de la Desmosedici à ses limites

Lors de la World Ducati Week, Marco Palmerini, ingénieur chez Ducati MotoGP, a partagé des réflexions sur le développement de la Desmosedici. Son entretien a mis en lumière non seulement l’importance croissante de l’aérodynamique, mais également le travail collectif des ingénieurs afin d’optimiser chaque aspect de la moto.

Une des premières questions posées concernait le facteur clé derrière les incroyables performances des MotoGP ces dernières années. Palmerini rejette l’idée d’un seul domaine ayant contribué à cette évolution, affirmant que la performance actuelle résulte d’une série de petites avancées dans tous les domaines.

« L’aérodynamique a clairement amélioré les performances, surtout en ce qui concerne la vitesse en courbe », précise-t-il. Il ajoute que l’évolution d’une MotoGP nécessite un effort dans toutes les dimensions de la moto, que ce soit au niveau du moteur, de l’électronique, des stratégies, de l’aérodynamique ou de l’analyse des pneus.

Chaque milliseconde compte

La philosophie de développement de Palmerini illustre le niveau de précision requis en MotoGP. Ducati n’hésite pas à modifier des éléments si les simulations montrent une amélioration, même minime. « La performance de la moto est la somme de chaque petite étape », note-t-il.

Les pneus jouent un rôle essentiel, car toutes les forces entre la moto et le sol passent par eux. Ducati doit donc comprendre comment optimiser leur performance dans diverses conditions.

Une révolution aérodynamique

La aérodynamique a bouleversé le paysage de MotoGP. Palmerini relate que les premiers essais de Ducati remontent à 2010, avec l’ajout de petits appendices sur la moto de Nicky Hayden. Ces premières innovations visaient à maintenir la roue avant au sol, mais ont débouché sur des découvertes bien plus larges. « L’aérodynamique influence considérablement les forces sur les pneus à chaque phase de pilotage », commente-t-il.

Ce développement a nécessité une augmentation des connaissances et ressources. Après une phase de simulation, chaque idée se concrétise en prototype, suivie par des tests en soufflerie et sur piste, où la performance est évaluée en lien avec le feedback des pilotes.

Ingénieurs de course

Une autre question intéressante posée par Bike World concernait le processus de sélection et de développement des talents techniques pour MotoGP. Palmerini explique que cela commence dès l’université, mais que des compétences techniques brillantes ne suffisent pas. Les courses de motos sont un travail d’équipe, insiste-t-il.

En effet, Ducati attache une grande importance à la dynamique de groupe. D’ailleurs, il admet que ces qualités interpersonnelles ne sont pas toujours facilement identifiables lors d’un entretien.

Protéger les innovations

La compétition technologique oblige Ducati à protéger ses innovations autant que possible. Palmerini confie que l’entreprise s’efforce de masquer ses améliorations pendant les tests, parfois même en conservant une apparence similaire à celle des modèles précédents. Toutefois, une chute peut tout changer, exposant des éléments inédits aux regards.

Le pilotage évolue

Les MotoGP modernes ont modifié la posture des pilotes, leurs méthodes de freinage et l’utilisation de divers contrôles. Palmerini opte pour l’idée que ce sont les innovations qui ont poussé à changer les méthodes de pilotage, et non l’inverse.

Les ingénieurs développent sans cesse des solutions pour améliorer les performances, tandis que l’adaptation des pilotes à ces nouvelles technologies est essentielle, bien que parfois complexe.

Points à retenir

  • Le développement des MotoGP nécessite des améliorations dans tous les domaines, allant des moteurs à l’aérodynamique.
  • Chaque élément, même mineur, compte dans l’optimisation des performances.
  • Les pneus jouent un rôle fondamental dans la relation entre la moto et la piste.
  • La sélection des ingénieurs repose également sur leur capacité à travailler en équipe, pas seulement sur leurs compétences techniques.
  • La protection des innovations est cruciale dans un environnement hautement compétitif.

En tant que passionné de MotoGP, je considère fascinant comment le développement technologique influence non seulement les motos, mais aussi les pilotes eux-mêmes. Chaque innovation apporte son lot de défis, mais également une opportunité d’expansion pour le monde du motocyclisme. Cela soulève des questions intrigantes : jusqu’où les ingénieurs vont-ils pousser les limites, et comment les pilotes s’adapteront-ils à ces évolutions ? Ces réflexions passionnantes nous rappellent que la compétition est autant une aventure humaine que technique.


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