Le Grand Prix de Catalogne disputé dimanche a marqué la 17e fois cette saison où Alex et Marc Márquez ont terminé une course aux deux premières places. Cela représente plus de la moitié des 30 courses qui ont eu lieu lors des 15 premiers Grands Prix.
Pour la première fois à Barcelone, le frère cadet, Alex, s’est imposé dans une course de catégorie reine, mais aussi sur le même podium que son grand frère, Marc. En effet, lors de la victoire d’Alex à Jerez en avril, Marc avait chuté.
Après la course, les équipes officielles Ducati et Gresini se sont livrées à une bataille explosive dans leurs garages, mêlant bataille de prosecco et échanges de plats, une ambiance de fête turbulente qui doit encore faire parler d’elle dans les paddocks.
Plusieurs fois, Alex a tenté d’apaiser les esprits, sans grand succès. S’il y a eu un vainqueur dans cette mêlée, c’est bien l’équipe Gresini, qui a copieusement arrosé Marc de prosecco avant de le ramener au sol dans leur garage.
Un autre fait marquant de ce dimanche est que, pour la première fois, Alex compte plus de victoires à Barcelone que Marc. Barcelone est en effet le circuit de prédilection d’Alex, tandis qu’il n’est pas le favori de Marc.
Alex s’était déjà imposé sur ce tracé en Moto3 (2014) et en Moto2 (2017 et 2019), portant son total de succès à quatre Grands Prix sur son circuit natal. Marc, lui, ne compte que trois victoires à Barcelone : le GP de Catalogne en 125cc en 2010 et en catégorie reine en 2014 et 2019, ses meilleures années avec la Honda RC213V.
Durant tout le week-end, Alex a dominé les débats : il a décroché la pole position samedi, mené la course sprint avant de tomber à cause d’une petite erreur, puis signé une victoire nette et sans bavure en course principale.

“Dès mon premier tour avec la GP24, j’ai pu être très rapide, piloter comme je le voulais et prendre du plaisir sur la moto,” se souvient Alex. “Quand on s’amuse, on va vite. L’an dernier, j’avais du mal avec la GP23, mais cette expérience me sert aujourd’hui. On apprend deux fois plus lors d’une saison difficile que dans une bonne saison.”
Au départ de la course, les deux frères ont roulé côte à côte, Marc imposant le rythme en tête tout en ménageant leurs pneus, ce qui les empêchait de creuser l’écart face à Pedro Acosta, le seul pilote à avoir choisi un pneu arrière tendre. Après trois tours, Marc a levé le pied pour laisser Alex prendre la tête.
“Ma stratégie était de le suivre pour qu’il ouvre un trou sur les autres,” a expliqué Marc.
Acosta a peut-être eu de la chance avec son choix de pneus, car s’il n’a pas pu tenir le rythme des frères Márquez, il a réussi à défendre la troisième place face à Enea Bastianini jusqu’à mi-course. Le pilote de l’équipe Tech 3 prenait même l’avantage sur Acosta avec un superbe dépassement dans le virage 1, avant de réduire l’écart avec Alex, mais son pneu arrière s’est dégradé prématurément, le contraignant à lever le pied en fin de course.
Quant à Marc, la grande question était de savoir s’il laisserait son frère s’imposer. Son large avantage au championnat lui permettait ce luxe, mais il a retardé son attaque.
“Je comptais attaquer dans les sept ou huit derniers tours,” a-t-il déclaré.

Marc a bien tenté de revenir, réduisant l’écart à seulement deux dixièmes, mais Alex a accéléré pour maintenir son avance, obligeant Marc à commettre des erreurs, notamment à cause d’une blessure au bras droit qui limite son pilotage dans certains virages à droite.
Au 19e tour sur 24, tout a basculé : Marc a légèrement élargi dans le virage 7, puis a perdu le contrôle dans le virage 10, là même où Alex était tombé lors du sprint. Il a dû abandonner la lutte pour la victoire.
Points à retenir
- Les frères Márquez signent une performance remarquable avec 17 doublés sur 30 courses cette saison, une statistique qui souligne leur domination familiale dans la catégorie reine.
- Alex impose désormais sa suprématie à Barcelone avec quatre victoires, surpassant son frère aîné sur ce tracé historique pour la famille.
- Le choix des pneus a joué un rôle clé dans la gestion de la course, notamment avec Pedro Acosta et Enea Bastianini, qui ont dû faire face à une dégradation rapide de leurs gommes tendres.
- Malgré une blessure qui le limite, Marc Márquez a su ajuster sa stratégie et maintenir une compétition intense contre son frère et les autres pilotes.
- L’entente entre les frères sur la piste, mélange d’entraide et de compétition, a offert un spectacle fascinant où chacun jouait sa stratégie selon sa position au championnat.
Cette nouvelle étape du duel fraternel met en lumière la complexité des relations dans un sport où rivalité et solidarité cohabitent. Mais au fond, on se demande si leur esprit de compétition ne va pas finir par déclencher une guerre à coups de bouteille de prosecco entre les garages – et là, on signerait sans hésiter pour la suite de la saga. Après tout, un peu de chaos bien dosé, ça change des courses bien rangées, non ?