Sans précipitation, mais sûrement. C’est ainsi que Jorge Martín a abordé le week-end du Grand Prix de Catalogne, ainsi que ses courses depuis son retour à la compétition. Après une première moitié de saison difficile marquée par des blessures, le pilote espagnol, sacré il y a peu à Montmeló, s’habitue doucement à sa nouvelle Aprilia, avec laquelle il trouve progressivement un meilleur ressenti. Pas de quoi s’affoler cependant. Le Madrilène considère que cette saison est une année de transition et, malgré les résultats prometteurs de son coéquipier Marco Bezzecchi, il refuse de se mettre la pression pour rivaliser au même niveau. Ce n’est pas là son combat. Ainsi, au terme de ce GP de Catalogne, Martín se satisfait d’une dixième place qui lui permet de continuer à marquer des points.
Ces dernières années, le circuit de Barcelone a souvent été favorable à Aprilia. L’an dernier, Aleix Espargaró s’était imposé dans un doublé signé par Viñales en deuxième position, et en 2024, le pilote Honda essayeur avait décroché une quatrième et une cinquième place lors des deux manches disputées à Montmeló. Cependant, il semble que l’avantage habituel d’Aprilia sur ce tracé se soit dissipé. Martín n’espérait donc pas plus de ce week-end : « Il est toujours incertain de savoir jusqu’où on peut aller dans ma situation, en donnant le maximum, et mon maximum a été cette dixième place. »
Si son résultat n’est pas à rejeter, la course a été plus sombre pour les Italiens. En effet, seuls les points de Martín sont venus sauver les meubles, Marco Bezzecchi ayant connu deux chutes : la première le samedi suite à un contact avec Aldeguer, la seconde le dimanche avec Di Giannantonio. Martín a lui aussi été victime d’une chute lors du sprint, provoquée par la sortie de piste de Franco Morbidelli. Malgré tout, Jorge a qualifié son week-end de « très satisfaisant », estimant que « finir dixième est presque comme un podium » pour lui. Parti 18e, il a réussi à progresser avant de perdre quelques positions après un accrochage par l’arrière. Il a également dû couper une courbe à cause d’un souci avec le dispositif de hauteur, ce qui lui a coûté des places. « Globalement, je retiens surtout mon rythme en milieu de course, qui était très proche de celui des 4e et 5e, notre position réaliste. Ce fut une bonne course, la meilleure séance du week-end, ce qui est crucial. Je repars avec de bonnes informations et une meilleure connaissance de la moto », résume-t-il à propos de sa remontée.

Plus de douleur
De nombreux aspects restent à améliorer, à commencer par les qualifications, que Martín considère comme son « talon d’Achille » actuel. Il explique se sentir de mieux en mieux en termes de rythme et de gestion de course, mais cherche encore à réussir une séance de qualification rapide : « Je n’arrive pas à exploiter ce qui a toujours été mon point fort. Il y a quelque chose qui nous freine dans ce domaine », admet-il. Cependant, il compte poursuivre dans cette voie lors du week-end à venir à Misano, où peu importe qu’il termine dixième ou huitième. L’essentiel, pour lui, reste de tourner et d’engranger des kilomètres avec sa nouvelle Aprilia.
Cette démarche s’explique aussi par un travail physique encore en cours après ses nombreuses blessures. Mais la récupération semble aller dans la bonne direction. « Je n’éprouve aucune gêne à la main, au dos ou ailleurs. Très bien. Juste une petite douleur au niveau de l’avant-bras durant les dernières tours, sans impact sur ma position. Je peux dire que je me sens bien physiquement », se réjouit le champion du monde. Sans pour autant se précipiter, loin de là : sa saison 2025 est une étape à franchir calmement avant de revenir en 2026 avec des ambitions retrouvées.
Points à retenir
- Jorge Martín continue sa progression sur sa nouvelle Aprilia, priorisant l’adaptation plutôt que les performances immédiates.
- Le GP de Catalogne, malgré des résultats en demi-teinte, a confirmé le potentiel du pilote espagnol, capable de maintenir un bon rythme en course.
- Les difficultés en qualifications restent un frein important pour Martín, qu’il s’efforce de surmonter.
- La saison 2025 est considérée comme une phase de reconstruction physique et technique après plusieurs blessures.
- Son coéquipier Marco Bezzecchi a connu un week-end compliqué, soulignant les défis rencontrés par l’équipe Aprilia.
- À Misano, l’objectif reste d’engranger de l’expérience et de la confiance plutôt que de viser des places élevées.
Sur le fond, l’attitude de Jorge Martín illustre bien la réalité actuelle du sport motorisé : entre gestion de la forme physique, adaptation technologique et exigence permanente de résultats, la patience est aussi une arme stratégique. Reste à voir si, dès la prochaine saison, cette année d’attente sera considérée comme un simple contretemps ou le tremplin nécessaire pour de nouvelles ambitions.
Et puis, soyons honnêtes, il faut parfois savoir avancer sans en faire des tonnes. Après tout, finir dixième en faisant mieux que le sprint catastrophique du week-end, ce n’est pas si mal quand on pilote une moto qui a encore ses secrets. Moi, j’attends juste qu’il arrête de se prendre des coups. Parce qu’entre blessures et accrochages, il y a matière à écrire un roman… Qui sait, la patience sera peut-être sa meilleure victoire !