L’incident s’est produit dans les virages 13-14 lorsque Valentino Rossi a délibérément ralenti sa Yamaha, regardant directement Marc Márquez à deux reprises. Selon les images, il aurait aussi tendu sa jambe droite, ce qui a provoqué un contact avec la Honda du pilote catalan. Márquez a perdu l’équilibre et est tombé, tandis que Rossi poursuivait la course pour terminer troisième.
Le journaliste Abad affirme qu’à son avis, ce coup de pied, resté gravé dans la mémoire collective, n’a jamais eu lieu.
« Il n’existe aucune image claire d’un coup de pied. Seule une prise de vue aérienne montre Rossi faire un mouvement brusque avec le genou, mais pas un coup de pied. Il faut aussi considérer que Marc pousse sa moto contre Rossi », précise-t-il.
Le journaliste ajoute qu’il avait pris le contrepied de sa chaîne de télévision durant la retransmission : « On m’a demandé par oreillette d’affirmer qu’il y avait un coup de pied, mais je n’ai jamais dit ça, car je ne l’ai pas vu ».
Dans cette interview, il souligne l’émoi provoqué par cet épisode et les larmes de Marc Márquez à l’issue de la course. « C’était une trahison du sport. Un silence pesant régnait sur le circuit, comme si quelqu’un était mort. Impossible d’imaginer qu’un tel acte puisse se produire entre deux compétiteurs de ce niveau ».
La tension entre les deux pilotes s’était accumulée tout au long de la saison 2015. Rossi, en lice pour son dixième titre mondial face à Jorge Lorenzo, avait publiquement accusé Márquez lors de la conférence de presse précédant le Grand Prix de Malaisie de « courir pour le désavantager et aider Lorenzo ».
Cette polémique du « coup de pied » a profondément divisé le monde du motocyclisme. Tandis que les fans de Rossi voyaient dans cette manœuvre un acte défensif face aux prétendues provocations de Márquez, les partisans du Catalan la jugeaient comme une conduite antisportive.
La direction de course avait sanctionné Rossi en le contraignant à partir dernier lors de la course décisive à Valence, sanction qui lui coûta quasiment le titre finalement remporté par Lorenzo.
Cet épisode a mis un terme à la relation entre les deux pilotes et continue de susciter la controverse neuf ans plus tard, Rossi persistant dans ses accusations et qualifiant Márquez de « pilote le plus sale » qu’il ait jamais affronté.
Malgré cette rivalité, Márquez et Rossi affichent un total égal de six titres mondiaux en catégorie reine, le pilote espagnol étant en bonne position pour décrocher un septième sacre et dépasser son rival avant la fin de la saison en cours.
Points à retenir
- L’incident entre Rossi et Márquez en 2015 reste l’un des moments les plus controversés du MotoGP contemporain.
- Les images et témoignages divergent quant à la nature exacte du contact, ajoutant à la complexité de l’affaire.
- La tension entre les deux champions était montée tout au long de la saison, alimentée par des accusations mutuelles et une rivalité intense.
- La sanction infligée à Rossi lors de la dernière course a eu un impact décisif sur le déroulement du championnat.
- Malgré la fin de leur collaboration, le duel sportif entre les deux pilotes demeure au cœur des débats motocyclistes.
- Leurs palmarès restent proches, avec une possible dernière passe d’arme pour la suprématie mondiale.
Ce duel épique invite à réfléchir sur les limites entre la stratégie, l’agressivité et le fair-play dans le sport mécanique. Après tout, jusqu’où peut-on pousser la « défense » avant d’y voir une faute délibérée ? Et dans un sport où chaque milliseconde compte, la ligne entre la victoire et la controverse est parfois aussi fine qu’un pneu sur l’asphalte.
Personnellement, je me demande si l’intensité de cette rivalité n’a pas aussi contribué à pimenter ce MotoGP 2015, donnant naissance à un épisode qui continue de faire tourner les têtes et de nourrir les débats. Peut-être qu’au fond, cette fameuse « patada » était moins un coup de genou qu’un coup de théâtre bien maîtrisé…