Les robots humanoïdes promettent depuis plusieurs années une révolution discrète dans nos foyers : des machines ayant une apparence humaine, capables d’effectuer des tâches quotidiennes, d’interagir avec leur environnement et de cohabiter avec les êtres humains, comme un appareil électroménager avancé. La course pour développer des ‘assistants universels’ a atteint l’Espagne, où plusieurs entreprises émergent, mais Figure AI se distingue particulièrement.
Cette société californienne, fondée par Brett Adcock, est devenue l’un des visages de la nouvelle génération d’assistants mécaniques.
Son approche repose sur trois générations de robots : Figure 01, son premier prototype ; Figure 02, un modèle plus sophistiqué axé sur la manipulation précise ; et Figure 03, la dernière évolution conçue pour une production à grande échelle et un usage domestique futur.
L’objectif est que ces robots s’intègrent sans friction dans le quotidien. Cependant, le risque qu’ils représentent, comme vient de le démontrer une récente affaire, réside dans la puissance qu’ils cachent sous leur carapace métallique.
Alors que l’intérêt pour les humanoïdes est en pleine croissance — grâce aux avancées de l’IA générative et des améliorations dans la mobilité autonome — un tout nouveau scandale remet en question la sécurité de ces machines, et cette fois-ci, il provient de l’intérieur de la société elle-même.
Accusations de dangerosité du modèle Figure 02
Le 21 novembre 2025, Robert Gruendel — ancien responsable de la sécurité des produits chez Figure AI — a déposé une plainte fédérale en Californie, accusant la société d’avoir ignoré des alertes cruciales concernant la puissance réelle de ses robots. Selon lui, le modèle en question, Figure 02, pourrait générer une force suffisante pour fracturer le crâne d’un adulte en cas d’impact direct.
Gruendel raconte qu’au cours de tests internes, l’un des robots a frappé accidentellement un réfrigérateur avec une force capable de l’endommager, un incident qui, s’il s’était produit contre une personne, aurait eu des conséquences graves. Il assure également que le PDG, Brett Adcock, ainsi que l’ingénieur en chef, Kyle Edelberg, ont minimisé ces risques, même après une levée de fonds massive, et que sa proposition de plan de sécurité a été purement et simplement écartée.
Peu après avoir exprimé ses préoccupations, Gruendel a été licencié. Il affirme qu’il s’agit d’une mesure de représailles, tandis que l’entreprise maintient que ce licenciement est dû à un faible rendement. Au-delà de ce conflit professionnel, la plainte soulève une question fondamentale : la possibilité qu’un robot domestique, paraissant inoffensif, puisse effectuer des mouvements potentiellement mortels.
Le contenu de la plainte
La plainte indique que des procédures formelles de sécurité n’ont jamais été mises en place, qu’aucun rapport d’incidents ni évaluation des risques spécifiques n’étaient disponibles. Le seul responsable externe de la sécurité était un prestataire sans expérience en robotique.
Selon Gruendel, les dirigeants toléraient des défauts et ont abandonné des contrôles essentiels, tels qu’un bouton d’arrêt d’urgence, jugé “peu esthétique” et ont modifié le plan de sécurité avant de le soumettre aux investisseurs, ce qu’il interprète comme une potentielle fraude.
La réponse de Figure AI
La société rejette totalement les accusations de l’ancien ingénieur. Dans sa réponse, Figure AI assure que ces affirmations sont “fausses” et qu’elle entend se défendre “avec vigueur” devant les tribunaux. D’après la société, le licenciement de Robert Gruendel n’a aucun lien avec ses alertes de sécurité, mais est dû à un prétendu underperformance dans son rôle.
Dans ses communiqués, la firme insiste sur le fait que son équipe travaille selon des normes rigoureuses et que la sécurité fait partie intégrante de la conception de chacun de ses modèles. Elle souligne également que l’accusateur présente une image déformée des processus internes, en affirmant que cela ne reflète pas la réalité du développement du robot Figure 02, au centre de la controverse.
Figure AI soutient qu’elle est en pleine période d’innovation rapide, mais nie catégoriquement avoir réduit les contrôles essentiels ou d’avoir ignoré délibérément les risques associés à ses robots. Pour l’entreprise, la plainte est un effort pour discréditer son travail à un moment de forte visibilité médiatique.
L’émergence des humanoïdes dans nos foyers soulève des questions de sécurité cruciales
Figure AI prévoit de déployer des dizaines de milliers de ses modèles, y compris le Figure 03, dans des environnements réels dans les années à venir. Cependant, cette affaire met en lumière les dangers que représente l’accélération de l’adoption des humanoïdes sans cadre de supervision externe clair. Pour déplacer des charges, manipuler des objets et agir avec précision, ces robots nécessitent des moteurs puissants… et cette même puissance peut être une menace si quelque chose tourne mal ou si le design ne prévoit pas de dispositifs d’urgence.
L’affaire du Figure 02 illustre la tension entre innovation et sécurité. Si un robot conçu pour vivre dans notre salon peut, dans certaines situations, générer suffisamment de force pour causer de graves blessures, il est inévitable d’ouvrir le débat sur les réglementations, les audits et les responsabilités. Alors que l’industrie évolue rapidement, les lois et protocoles de sécurité peinent encore à suivre le rythme.
Points à retenir
- Les robots humanoïdes sont en plein essor et soulèvent des questions de sécurité cruciales.
- Figure AI développe plusieurs modèles, dont Figure 02, qui présente des risques potentiels.
- Des accusations ont été portées contre la société concernant un manque de protocoles de sécurité.
- Le débat sur la réglementation de l’innovation technologique devient de plus en plus urgent.
- La puissance des robots, bien qu’utile, soulève des inquiétudes quant à leur intégration dans nos vies.
La thématique du développement de robots humanoïdes interpelle sur la manière dont nous souhaitons intégrer ces technologies dans notre quotidien. Ne devons-nous pas prioriser la sécurité avant tout autre aspect, notamment face aux risques liés à leur puissance ? À mon avis, il est essentiel d’exiger des garanties avant de laisser ces machines interagir avec nos vies, afin de garantir que l’innovation ne se fasse pas au détriment de notre sécurité.
