mar. Août 18th, 2026

En Argentine, des millions de citoyens se retrouvent dans une impasse financière, peinant à honorer leurs dettes envers des billeteras virtuelles et des banques. Guillermo Michel, député national du parti Unión por la Patria, a déposé une plainte auprès de la Défense de la Concurrence pour exiger une enquête sur les conditions et les taux d’intérêt des prêts proposés par ces institutions. Cette démarche intervient dans un contexte de morosité croissante et de difficultés économiques touchant une large part de la population.

Michel a souligné lors d’une interview que la situation doit être prise en charge par l’État et ne peut être laissée à la seule gestion du marché. “Le gouvernement intervient dans l’économie en régulant les salaires et le dollar, tout en libéralisant les tarifs, ce qui entraîne une augmentation des dépenses au-delà de l’inflation. Cela force les gens à s’endetter pour payer des services essentiels et pour se nourrir,” a déclaré Michel.

Il estime que l’intervention gouvernementale est cruciale pour éviter un “default de masse” et appelle à une action rapide pour aider les millions de personnes en difficulté.

La plainte vise 91 billeteras virtuelles et 687 opérateurs non financiers, parmi lesquels se trouvent des coopératives, des mutuelles et des maisons de crédit. Michel précise qu’en milieu rural, de nombreuses personnes se tournent vers ces opérateurs pour obtenir des prêts. “En milieu rural, on finit par se tourner vers des coopératives locales pour s’endetter. Nous demandons que soient examinés les taux d’intérêt et les conditions de prêts,” a-t-il ajouté.

L’ampleur de la plainte et l’endettement social

Michel a insisté sur le fait que la plainte ne se limite pas aux billeteras virtuelles, mais inclut également les banques et autres opérateurs formels. “Les banques figurent également dans cette plainte.” Il révèle que la dette moyenne s’élève à environ 450 000 pesos, les chiffres étant inférieurs dans certaines banques comme le Banco Nación.

De plus, il met en garde contre la gravité de la situation dans les provinces. “Les gens ne s’endettent pas pour acheter une maison ou une voiture, mais pour payer leurs factures d’électricité, de gaz et pour se nourrir,” a-t-il déclaré. Cette problématique touche des millions d’individus. “Aujourd’hui, environ 5,7 millions de personnes sont en défaut ou en cessation de paiement, selon qu’on les considère à 45 ou 90 jours,” a précisé le député.

Il a également dénoncé que les promotions de supermarchés, permettant de payer avec des billeteras virtuelles en plusieurs fois, ne renseignent pas sur le coût financier total. “L’article 36 de la Loi sur la protection des consommateurs impose de distinguer le coût financier total, et cela n’est pas respecté,” a-t-il accusé.

Pour Michel, l’État doit proposer une alternative pour alléger la pression sur les débiteurs. Il a suggéré de mobiliser le Fonds de Garantie de Durabilité pour accorder des prêts à des taux raisonnables et à des conditions claires.

Il a précisé que la dette moyenne dans le système formel n’intègre pas le circuit informel, pour lequel il n’existe pas de données officielles. “Je n’inclue pas l’informel car il n’y a pas de données à ce sujet,” a expliqué le député.

L’impact social de l’endettement économique

Il a aussi averti des conséquences sociales du surendettement et de la crise économique. La pression sur les familles est encore plus forte dans les provinces, où les salaires sont bas et les services plus chers que dans la région métropolitaine de Buenos Aires (AMBA).

“Un enseignant travaillant quatre heures gagne 750 000 pesos, alors que le loyer d’un logement ordinaire s’élève à 300 000 pesos. Les services coûtent beaucoup plus cher qu’à l’AMBA. Les gens n’ont plus d’argent pour consommer et doivent recourir à l’endettement,” a-t-il décrit.

Réflexions sur la situation économique actuelle

Michel a renforcé ses critiques envers le modèle économique du gouvernement, accusant le président Javier Milei de vouloir détruire la classe moyenne pour favoriser un petit nombre de secteurs primaires. “Il n’y a plus de classe moyenne, plus d’industrie solide. Trois ou quatre secteurs de l’économie primaire se maintiennent, tandis qu’un grand nombre de personnes restent sur le bord,” a déclaré Michel.

Conclusion

Michel a affirmé que la gestion précédente du péronisme comportait des erreurs et qu’il était essentiel de proposer une alternative politique efficace. “Les gens ont voté pour Milei pour exprimer leur colère face à la politique. Ce modèle social ne parvient pas à répondre aux besoins de la majorité des Argentins,” a souligné le député. Il a insisté sur la nécessité de montrer des compétences en gestion pour restaurer la confiance de la société.

Enfin, Michel a souligné que le péronisme devrait se concentrer sur “les vraies préoccupations des citoyens” et sur la restitution du pouvoir d’achat des travailleurs et des retraités. “Nous avons manqué de volonté de pouvoir et de capacité de décision durant le précédent gouvernement. Cela doit être rétabli et apprécié par la population,” a-t-il conclu.

Points à retenir

  • La plainte déposée par Guillermo Michel cherche à enquêter sur les pratiques de 91 billeteras virtuelles et 687 opérateurs non financiers.
  • Énormément de personnes s’endettent non pas pour des luxes, mais pour des besoins fondamentaux.
  • La situation économique est d’autant plus critique en milieu rural, où les salaires sont plus bas et les coûts du vivre sont plus élevés.
  • Les banques joueraient un rôle significatif dans cet endettement croissant malgré leurs apparentes promesses de sécurité financière.
  • Les défis économiques actuels relèvent d’une gestion plus large qui mériterait une réflexion collective, reliant tous les acteurs concernés.

Cette situation pose la question de l’équité dans l’accès aux ressources financières. La structure actuelle du marché semble favorisée ceux qui disposent déjà d’une certaine sécurité économique, tandis que les plus vulnérables sont souvent laissés pour compte. Quelles solutions pourrions-nous envisager pour garantir une accessibilité équitable aux outils financiers dans notre pays ? Cela mérite réflexion.


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