Metroid n’est peut-être pas l’une des franchises les plus vendues de Nintendo, mais elle est largement considérée comme l’une des plus influentes. Super Metroid a contribué à créer un genre entier, influençant des titres allant de Dark Souls à Hollow Knight. De plus, Metroid Prime a également su redéfinir les codes du genre des jeux de tir quelques années plus tard. Toutefois, parmi ces œuvres emblématiques, il existe quelques exceptions notables, des jeux où Nintendo a tenté une approche expérimentale avec Metroid, risquant de tomber à plat. C’est particulièrement évident avec Metroid: Other M, un jeu d’action relativement solide mais dont l’histoire laisse à désirer. C’est l’un des rares échecs de Nintendo, qui a marqué la franchise pendant de nombreuses années. Heureusement, Metroid a clairement réussi à dépasser Other M, mais quinze ans plus tard, ce titre reste un rappel de l’évolution de Nintendo, notamment en ce qui concerne l’implication des développeurs tiers dans sa série emblématique.
Other M se situe à un point intéressant dans la série. Il représente la première tentative d’un nouveau jeu principal après la trilogie Prime. Malheureusement, ce titre est également resté le seul jeu Metroid pendant près de six ans, en grande partie à cause de son accueil mitigé.
Contrairement à la plupart des jeux Metroid, Other M mise fortement sur le doublage et les longues cinématiques.
Nintendo
Développé principalement par Team Ninja, le studio à l’origine de Ninja Gaiden, le principal problème de Other M est qu’il ressemble à la fois à une histoire d’origine pour Samus et à une suite. Étant le premier titre de Team Ninja, le jeu paraît clairement être le premier chapitre d’une histoire plus vaste, se concentrant essentiellement sur la relation entre Samus et son officier supérieur Adam Malkovich.
Bien que Other M affiche une certaine ambition narrative et propose des éléments intéressants en tant que suite à Super Metroid, la manière dont elle dépeint Samus semble décalée. À ce stade, Samus devrait incarner une chasseuse de primes aguerrie, ayant affronté des planètes entières, mais la tonalité et le style de l’histoire la font paraître comme une novice, une héroïne en devenir. Cette dissonance narrative a souvent terni l’ensemble de l’expérience, surtout dans une série réputée pour son récit subtil et mystérieux.
Un autre défi majeur pour Other M était de succéder à la trilogie Prime, l’une des plus appréciées de l’univers vidéoludique. Metroid Prime a révolutionné l’exploration et la construction d’univers dans les jeux de tir, mêlant avec brio énigmes et récits captivants.
Other M opte pour une approche linéaire, privilégiant l’action intense. Bien qu’il conserve un faible degré d’exploration et certaines tendances cryptiques de la série, Team Ninja a clairement misé sur son point fort : l’action.
Malgré ses défauts, Other M parvient à capturer l’atmosphère emblématique de Metroid.
Nintendo
À cet égard, Other M se révèle être un jeu d’action compétent, combinant intelligemment différentes mécaniques et proposant des combats de boss mémorables. Le joueur jongle entre la perspective à la troisième personne et celle à la première personne. Au fil des niveaux, l’action se déroule majoritairement en troisième personne, mais en pointant la télécommande Wii vers l’écran, il est possible de switcher en première personne, offrant une nouvelle perspective pour résoudre des énigmes, analyser les ennemis ou tirer.
Ce passage d’une vue à l’autre est une idée plutôt novatrice et initialement excitante, mais Other M échoue à l’exploiter de manière significative au fur et à mesure que le jeu avance. Cela conduit à des confrontations qui deviennent trop similaires et lentes, problème encore exacerbé par un rythme narratif déficient.
Peut-être que le principal défaut d’Other M réside dans son manque de confiance, tentant de fusionner des éléments des classiques de Metroid et de la trilogie Prime. Ces derniers ont connu un tel succès précisément parce qu’ils avaient emprunté une nouvelle direction audacieuse tout en conservant l’esprit de Metroid. Dans Other M, l’atmosphère inquiétante de Metroid est bien présente, mais l’essence même de son écriture et de sa narration ne s’aligne pas sur l’héritage de la série. Parallèlement, le combat axé sur l’action commence de manière prometteuse, mais manque des éléments cruciaux d’une progression satisfaisante, où le jeu construit ses mécaniques et éléments en parallèle avec l’expérience narrative.
Bien qu’Other M ne paraisse pas être un mauvais jeu, il serait plus juste de le qualifier de mal orienté. Ces dernières années, Nintendo semble avoir accordé plus de liberté aux développeurs tiers pour apporter des visions vraiment uniques sur des franchises majeures, des jeux musou comme Hyrule Warriors jusqu’à l’expérimental Mario+Rabbids. En un sens, ces créations ont peut-être été possibles grâce aux leçons tirées de Other M.
Points à retenir
- Influence de Metroid : Bien que moins populaire que certaines franchises, Metroid reste une référence dans le monde des jeux vidéo, ayant influencé de nombreux titres modernes.
- Nature expérimentale : Other M représente un tournant en essayant de mixer des genres, mais le résultat a pu décevoir une partie des fans.
- Leçons apprises : L’accueil mitigé d’Other M a permis à Nintendo de donner davantage de liberté aux créateurs extérieurs, ouvrant la voie à des projets novateurs.
Ces réflexions soulèvent la question de l’innovation dans les franchises établies : comment les développeurs peuvent-ils équilibrer tradition et nouveauté tout en répondant aux attentes des fans ? Les succès et échecs d’Other M offrent des enseignements précieux sur ce délicat équilibre à maintenir.