mer. Juil 1st, 2026

Évidemment, *Interstellar* fait partie des références incontournables, tout comme *2001 : L’Odyssée de l’espace*, *Mission to Mars*, et *The Martian*. Sur le plan littéraire, les œuvres de Stanisław Lem se démarquent, notamment *L’Invincible*, mais également *Le Planète du Silence* et une touche de *Solaris*. Lorsque l’on se tourne vers l’univers des jeux vidéo, un véritable modèle d’inspiration est sans conteste *Deliver Us Mars*, un titre malheureusement trop souvent oublié dans le débat sur les aventures spatiales.

Aphelion s’inspire largement de ces œuvres, un assortiment de films, romans et jeux que tout amateur de science-fiction se doit de connaître. Ces références illustrent le type d’expérience et d’histoire que nous offre DON’T NOD.

Cependant, il y a davantage à explorer. Le voyage interplanétaire d’Ariane et Thomas, les protagonistes, illustre le parcours du studio français depuis près de vingt ans. Malgré son courage à jongler avec des genres et des styles variés, l’éditeur n’a pas toujours su ajouter cette touche de magie qui ferait de ses œuvres des classiques incontestés, capables de toucher un large public.

D’un côté, on retrouve les œuvres louables comme *Remember Me* et *Banishers: Ghosts of New Eden*, mais également les titres plus complexes comme *Jusant* et *Tell Me Why*, qui, bien que moins réussis, possèdent leur charme propre. Beaucoup apprécient ce que fait DON’T NOD, mais en dehors de *Life is Strange*, rares sont ses jeux qui ont connu un succès retentissant. Malheureusement, *Aphelion* semble confirmer cette tendance peu heureuse. Ce n’est pas un mauvais jeu en soi, mais face à la concurrence rude d’*Saros* et *Pragmata*, il est incertain qu’il parvienne à capter l’attention des passionnés de science-fiction. Peut-être que son lancement sur Game Pass lui offrira la visibilité qu’il mérite.

Le Poids de la Responsabilité, la Douleur du Cœur

Pouvez-vous le croire ? La planète Terre est condamnée. L’extrême pollution a provoqué un réchauffement catastrophique et un niveau des mers incontrôlé. L’humanité est ainsi contrainte à un exode sans fin, victime d’une population qui diminue de jour en jour, tout comme les zones habitables.

Dans *Aphelion*, la Terre n’est plus qu’un lointain écho, une image floue dont on ne perçoit que des bribes à travers des dialogues et des documents trouvés durant l’aventure. Le jeu plonge le joueur dans une mission déjà bien entamée, à des milliers de kilomètres de l’atmosphère de Persephone. L’équipage de la Hope-01 se dirige vers les confins du système solaire avec un seul but : prouver que la terraformation de ce lointain monde est envisageable, pour en faire la nouvelle maison de l’humanité. Ce voyage scientifique implique un équipage réduit à deux membres : Ariane et Thomas, spécialistes de la mission, chargés d’atterrir, d’analyser les capacités de la Sorgente, une mystérieuse source d’énergie, avant de revenir avec des données cruciales. Malheureusement, les choses tournent mal dès les premières secondes, lorsque la navette, endommagée pendant son entrée dans l’atmosphère, subit un atterrissage chaotique qui les sépare et blesse gravement Thomas.

Sans trop en dévoiler sur l’intrigue, deux piliers soutiennent le récit : l’exploration des mystères de Persephone et l’amour tumultueux entre Ariane et Thomas.

L’odyssée commence mal pour l'équipage
L’odyssée commence mal pour l’équipage

L’histoire se déploie à travers des monologues, des documents éparpillés dans l’environnement, et les réflexions des protagonistes. Les missions réelles, conçues pour explorer les capacités de la Sorgente, n’apportent que de rares péripéties notables. Les quêtes cherchent davantage des réponses pour reconstituer le contexte terrestre que de véritables découvertes complexes. Le dénouement manque de surprises, laissant le récit s’essouffler sous le poids de clichés récurrents dont sont familiers les amateurs de science-fiction.

Plus engageant est le lien qui unit Ariane et Thomas. Leur tension constante, évoluant à distance, aboutit à des moments émouvants qui rappellent *Interstellar*, où les protagonistes doivent jongler entre les lourdes responsabilités de leur mission et un amour souvent sacrifié pour le bien commun. Cependant, là encore, l’intensité de ces instants est trop éphémère et se dilue dans une aventure qui, paradoxalement, s’étire sans raison, bien que sa durée de jeu dépasse à peine les dix heures.

Persephone, un monde inhospitalier riche en merveilles
Persephone, un monde inhospitalier riche en merveilles

Le récit s’inscrit dans un contexte artistique convaincant, soutenu par la collaboration de l’Agence Spatiale Européenne, ajoutant une dose de réalisme. Les tempêtes de glace et les profondes dépressions de Persephone offrent des paysages évocateurs, tandis que la direction artistique s’illustre par des panoramas saisissants. Les graphismes présentent des textures de bonne qualité et des animations faciales plutôt bien réalisées. Bien que le doublage soit uniquement en anglais, il est de qualité, et la bande sonore, bien que réduite, accompagne parfaitement l’action avec quelques thèmes brillamment orchestrés. Cependant, malgré ces réussites artistiques, le manque de moments mémorables laisse l’expérience globale incomplète.

Escalay, Explore, Cache-toi, et Escalay Encore

Ce constat est également valable sur le plan ludique, aggravé par un gameplay qui reste stagnant du début à la fin, sans approfondissement des mécaniques appliquées.

Thomas blessé après l'atterrissage
Thomas blessé après l’atterrissage

Dans son rôle d’Ariane, *Aphelion* propose des séquences d’actions où le joueur suit un chemin quasi linéaire, avec très peu d’alternatives. On pourrait comparer ce système à celui d’*Assassin’s Creed*, où les déplacements reposent sur une mécanique semi-automatique. Malgré un certain plaisir à explorer, l’absence de défis à long terme finit par rendre ces moments peu captivants.

À travers Ariane, le joueur est également confronté à des séquences furtives. Bien que les créateurs aient tenté d’instaurer de l’interaction avec l’environnement à l’aide d’un scanner, le level design se révèle prévisible, et la dynamique de jeu reste statique. Parfois, des problèmes d’animation occasionnent des échecs inopinés, mais ces cas demeurent rares.

Ariane utilise son scanner pour se diriger
Ariane utilise son scanner pour se diriger

Du côté de Thomas, la situation est plus chargée. Étant blessé, sa réserve d’oxygène est critique, et l’exploration prend une tournure plus serrée avec des énigmes à résoudre pour retrouver des sources d’oxygène. Cette mécanique, bien que rudimentaire, apporte un certain suspens aux séquences de jeu, alternant entre action et réflexion. Néanmoins, même ce système aurait pu bénéficier d’une plus grande complexité. Pendant ses explorations, Thomas a également l’opportunité de déchiffrer des documents, ajoutant une couche narrative supplémentaire au récit.

Ariane, torchon en main, prépare une nouvelle épreuve
Ariane, torchon en main, prépare une nouvelle épreuve

En somme, *Aphelion* n’est pas un mauvais jeu en soi. Certes, il ne présente pas de défauts majeurs, mais il apparaît comme une expérience globalement peu engageante, et sa répétitivité se fait sentir après quelques heures de jeu.

Conclusion

Version testée PC Windows

Distribution digitale Steam, PlayStation Store, Microsoft Store

<p><small class="text-uppercase d-block">Prix</small><b>34,99 €</b></p>

*Aphelion* représente l’essence même des jeux de DON’T NOD. Sur le papier comme dans la réalité, il a tout pour être un bon titre, mais il lui manque cette magie, cette originalité, cette qualité qui le ferait briller. Tandis que des titres comme *Remember Me* et *Banishers: Ghosts of New Eden* se distinguent, cette aventure spatiale se situe en retrait. Bien qu’il n’y ait pas de défauts majeurs, le jeu peine à offrir aux passionnés de science-fiction une aventure à la hauteur de celles d’*Interstellar*, *Solaris*, ou *Deliver Us Mars*. En tant que titre narratif, *Aphelion* ne livre pas de réelle surprise et sa trame narrative, bien que solide, manque de profondeur. Le gameplay, quant à lui, fatigué par sa répétitivité après quelques heures, ne parvient pas à captiver sur la durée. Dans une période où *Pragmata* et *Saros* rivalisent pour attirer l’attention des amateurs de science-fiction, *Aphelion* risque de s’effacer plus qu’il ne le mérite.

AVANTAGES

  • Direction artistique inspirante
  • Narration offrant des moments touchants
  • Technologie graphique solide

INCONVÉNIENTS

  • L’intrigue manque de profondeur
  • Gameplay peu engageant
  • Animations parfois peu convaincantes

Points à retenir

  • Un retour à des thèmes de science-fiction classiques, ancrés dans un univers exploratoire.
  • Des références littéraires et cinématographiques enrichissantes pour l’immersion.
  • Une direction artistique solide, accentuant l’aspect visuel du récit.
  • Un gameplay qui pourrait bénéficier d’une plus grande variété et profondeur.
  • Des mécaniques narratives prenant en compte l’interaction entre les personnages.

À la lumière de cette analyse, je ressens une profonde passion pour la science-fiction et l’espoir de voir des titres qui parviennent à marier histoire captivante et gameplay engageant. *Aphelion* offre une base intéressante, mais il est regrettable qu’il ne parvienne pas à s’élever au-dessus de la mêlée. Que nous réserve l’avenir pour ce genre qui nous fascine tant ? La réponse se trouve peut-être dans les prochaines créations du studio qui, espérons-le, sauront nous émerveiller.


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