mar. Juin 23rd, 2026
Cassette Boy 2D screenshot of a village
Cassette Boy – une autre perspective sur cette scène (Forever Entertainment)

Un nouveau jeu indépendant japonais propose un système de puzzle inspiré de Schrödinger, où une chose, si elle n’est pas visible, cesse d’exister.

Parmi les nombreux avantages du jeu indépendant, on note la possibilité pour des développeurs du monde entier de publier et promouvoir leurs créations, même dans des régions habituellement éloignées des grands éditeurs. Cette semaine, un groupe d’Equateur nous présente son génial Clair Obscur : Expedition 33, tandis que Citizen Sleeper nous rappelle que le Royaume-Uni a encore une scène de développement vidéoludique active.

Du Brésil à l’Inde, le jeu indépendant est souvent le seul moyen pour une plus large diversité de développeurs d’entrer dans l’industrie du jeu. Pourtant, le Japon reste sous-représenté. Malgré son influence indéniable sur le secteur, la scène indépendante japonaise, souvent appelée doujin, peine à percer à l’Ouest.

Plusieurs facteurs expliquent cela, notamment le fait que les jeux à budget modeste n’ont jamais disparu au Japon, et que de nombreux titres de doujin ne sont pas traduits. Cassette Boy, en revanche, est une rareté, offrant une expérience divertissante bien que perfectible.

Les graphismes en vert et blanc de Cassette Boy évoquent délibérément d’anciens jeux Game Boy, mais ce n’est pas un jeu rétro classique. La raison pour laquelle son développeur, Wonderland Kazakiri Inc., a opté pour ce schéma monochrome reste floue, pouvant résider dans des choix budgétaires. L’originalité des graphismes réside dans la façon dont le joueur peut faire pivoter la caméra.

Bien que ce ne soit pas très inhabituel dans les jeux modernes, la manipulation d’un monde se présentant en 2D, mais fonctionnant en 3D, apporte une note de nouveauté. Des jeux tels que Crush, Super Paper Mario et Fez explorent déjà cette idée, mais Cassette Boy trouve sa propre voix.

Le gameplay consiste à changer la perspective pour redécouvrir des niveaux 2D. Si un objet, comme une porte, est hors de vue, il peut alors être considéré comme inexistant. Cela peut sembler limité par rapport à d’autres jeux, mais les développeurs exploitent pleinement ce concept avec des énigmes astucieuses qui semblent impossibles jusqu’au moment où vous les résolvez.


En contrepoint, la philosophie du jeu questionne l’existence d’un objet qu’on ne peut pas voir – une variation de l’expérience de pensée sur le bruit d’un arbre tombant dans une forêt déserte. C’est la lune qui préoccupe particulièrement le personnage principal, et bien que le jeu ne soit pas chargé en trame narrative, quelques moments touchants surviennent vers la fin.

Passant des inspirations de Fez, l’influence majeure semble davantage issue de The Legend of Zelda, en particulier de Link’s Awakening sur Game Boy, expliquant ainsi le style graphique et la palette monochrome.

Inéluctablement, cela engendre des donjons, où le jeu brille vraiment en mélangeant résolution de puzzles et combats. Les affrontements de boss, où l’on doit faire pivoter la vue, offrent un excellent défi pour manipuler les commutateurs et pièges afin de battre divers adversaires.

En revanche, le combat standard, semblable aux jeux Zelda 2D, n’est pas très gratifiant, se basant sur une épée et un arc peu excitants. Cassette Boy est techniquement un jeu de rôle d’action, bien que ce soit discutable, car même si l’on peut monter en niveau, l’exploration permet d’acquérir de l’expérience régulièrement.

On y trouve également un élément de Metroidvania, où de nouveaux outils permettent de revisiter certaines zones pour récupérer des objets inaccessibles. Bien que cela soit presque entièrement optionnel, cela aide à donner au jeu une dimension moins linéaire, même si son monde est relativement petit.

Cassette Boy ne fait pas preuve d’une originalité aussi marquée qu’on pourrait le penser et son style graphique semble parfois désavantageux. Les combats peu captivants et les éléments de jeu de rôle peuvent apparaître comme des erreurs, mais sans gravité. Bien que le changement de perspective ne soit pas unique, il est suffisamment rare pour que, quand il s’exprime au mieux, Cassette Boy redéfinisse la réalité avec un certain brio.

Points à retenir

  • Le jeu utilise la manipulation de la perspective dans un monde 2D/3D.
  • Cassette Boy propose des énigmes astucieuses donnant une sensation d’impossibilité avant résolution.
  • La lune et sa visibilité jouent un rôle central dans la trame philosophique du jeu.
  • Les combats de boss sont particulièrement appréciés pour leur originalité.
  • Un mélange de gameplay 2D stylisé et de mécanismes inspirés de classiques du genre.

En somme, Cassette Boy nous invite à réfléchir à notre perception de la réalité ludique. Ce jeu, bien que pas entièrement novateur, jette un éclairage séduisant sur des concepts familiers en les réarrangeant pour offrir une aventure unique. N’est-ce pas fascinant de voir comment certains jeux nous poussent à réévaluer ce qui existe vraiment dans notre expérience de jeu? Une question qui mérite d’être débattue, tant elle touche à notre rapport au monde virtuel.


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