mer. Juil 15th, 2026

Après la pause des fêtes, la scène politique est sur le point de s’animer autour de deux enjeux cruciaux : l’énergie et le logement. D’après des sources proches du gouvernement, une consultation publique est imminente concernant le processus de certification de l’efficacité énergétique des bâtiments, un élément essentiel pour aligner les objectifs climatiques européens avec le parc immobilier espagnol.

Cette réforme, pilotée par le Ministère de la Transition Écologique, vise à s’adapter à la directive européenne adoptée en mai 2024. La certification énergétique impacte directement la valeur des propriétés, les décisions liées à l’achat ou à la location, l’accès aux aides publiques et au financement, ainsi que la planification des rénovations énergétiques. L’objectif est de récompenser les initiatives de décarbonisation du parc résidentiel tout en pénalisant ceux qui prennent du retard, un peu comme cela a été observé dans l’industrie automobile.

Le groupe dirigé par Sara Aagesen souhaite désormais recueillir les avis des citoyens, des organisations et des associations pour peaufiner cette réglementation avant mai. Au-delà de la consommation énergétique, la proposition introduit de nouveaux critères comme le Potentiel de Réchauffement Global (PRG), qui évaluera l’impact climatique des bâtiments sur l’ensemble de leur cycle de vie, et l’Indicateur de Préparation aux Applications Intelligentes (SRI), qui mesurera la capacité des bâtiments à intégrer des solutions digitales et des systèmes de gestion énergétique avancée.

Actuellement, les bâtiments représentent plus de 40 % de la consommation énergétique et sont responsables d’environ 30 % des émissions. Comme l’a signalé ce média, le gouvernement estime que l’Espagne a réalisé des avancées notables grâce aux fonds Next Generation.

Les bâtiments consomment plus de 40 % de l’énergie et génèrent près de 30 % des émissions.

Selon les données du Ministère du Logement, à la fin de 2023 — la dernière année avec des chiffres consolidés — une réduction de 10 % du consommation énergétique résidentielle a déjà été observée, et la projection pour la fin de l’année pourrait atteindre environ 18 %, dépassant ainsi les exigences de l’Union européenne pour 2030.

Un passeport pour la rénovation

Cependant, le gouvernement souhaite aller au-delà de ces améliorations. La proposition encourage le lien entre le certificat et le ‘passeport de rénovation énergétique’, une feuille de route personnalisée qui planifie, de manière progressive, les actions nécessaires pour améliorer l’efficacité des bâtiments. Cet outil vise à faciliter des rénovations profondes, ordonnées et économiquement viables sur le moyen et long terme.

La certification actuelle, prévue dans le Réel Décret 390/2021, classe les logements selon une échelle de sept lettres : A, B, C, D, E, F et G. Bruxelles envisage d’ajouter une nouvelle catégorie A+, réservée aux bâtiments dépassant les normes des bâtiments à zéro émission. À travers cette consultation, le gouvernement souhaite déterminer si l’Espagne devrait intégrer cette nouvelle catégorie dans l’échelle actuelle.

La mise à jour réglementaire vise également à améliorer les bases de données publiques, l’accessibilité à l’information et la digitalisation des certificats. Le but du ministère est de faciliter l’accès à des données fiables pour les citoyens, les professionnels et les administrations publiques.

Impact sur votre logement

Cette évaluation est liée au Plan National de Rénovation Énergétique que le Ministère du Logement a récemment envoyé à Bruxelles, conformément aux nouvelles directives communautaires visant à décarboniser les bâtiments.

En effet, la Directive sur l’Efficacité Énergétique permet aux pays d’exiger une certification énergétique minimale de E pour pouvoir louer ou vendre des logements à partir de 2030, et de passer à D trois ans plus tard. Bien que l’Europe ait initialement souhaité imposer cette exigence, elle a finalement laissé la liberté à chaque État, et le gouvernement a choisi de ne pas rendre cela obligatoire, craignant des conséquences sur une grande partie du parc immobilier espagnol. Plus de la moitié des bâtiments ont été construits avant 1980 et les normes d’émissions à l’époque n’étaient pas comparables aux exigences d’aujourd’hui. Le pays compte neuf millions de bâtiments résidentiels, représentant 26 millions de logements, ainsi que 370 000 bâtiments commerciaux.

Avec la consultation qui devrait se faire au début janvier, le gouvernement sollicite le soutien du secteur pour adapter le système national de certification énergétique au nouveau cadre européen. Pour atteindre pleinement les objectifs fixés pour 2030, le gouvernement estime qu’il sera nécessaire d’investir 39,35 milliards d’euros supplémentaires dans la rénovation du parc résidentiel et commercial.

Le processus de certification envisagé a pour but de mesurer, comparer et évaluer la consommation énergétique de chaque bâtiment. En effet, sans un système homogène et obligatoire, les objectifs de décarbonisation de l’Europe seraient voués à demeurer théoriques, dépourvus d’un outil pratique pour leur application concrète.

Ce dispositif détermine comment la classification est calculée, quelle méthodologie est utilisée, qui peut certifier et comment le système est contrôlé. Cela garantit qu’une lettre énergétique à Madrid, Séville ou Bilbao ait la même signification technique, ce qui évite les distorsions sur le marché immobilier et apporte une sécurité juridique à tous les acteurs impliqués.

Par ailleurs, une part importante des aides à la rénovation — y compris celles financées par des fonds européens — dépend du certificat énergétique, tant avant qu’après les travaux.

Points à retenir

  • La nouvelle réglementation vise à renforcer la certification de l’efficacité énergétique des bâtiments.
  • Un certificat va influencer les décisions d’achat, de location et d’accès à des financements.
  • Les bâtiments représentent une part significative de la consommation énergétique et des émissions de CO2.
  • Le gouvernement étudie l’intégration d’une nouvelle catégorie de certification A+.
  • Une consultation publique est prévue pour recueillir des avis sur cette nouvelle réglementation.

En somme, cette démarche vers une meilleure efficacité énergétique soulève des enjeux cruciaux pour notre société, tant sur le plan environnemental qu’économique. En tant que citoyen, je ne peux que m’interroger sur notre capacité collective à évoluer vers des pratiques plus durables. Est-ce que nous sommes prêts à relever ce défi pour un avenir respectueux de notre planète ?


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