mer. Juin 24th, 2026

Le gouvernement a récemment approuvé le règlement de la loi 32441, qui encadre la promotion de l’investissement privé à travers les partenariats publics-privés (PPP) et les projets en actifs, par le décret suprême 316-2025-EF, publié le 24 décembre 2025 dans une édition exceptionnelle de **El Peruano**. Cette nouvelle norme abroge le précédent règlement et établit un cadre légal remanié, introduisant d’importants changements dans la gouvernance du système, le rôle des entités publiques, ainsi que la gestion des contrats.

Un des points centraux de ce règlement est la redefinition du rôle du Ministère de l’Économie et des Finances (MEF), dont l’intervention se concentre désormais sur des aspects financiers, tels que l’évaluation de la capacité de financement, les garanties ainsi que les engagements fermes et contingents. Selon Luis Miguel Castilla, directeur exécutif de Videnza Instituto, ce nouveau cadre apporte des avancées techniques notables, mais ne supprime pas les risques fiscaux. “Le règlement renforce l’identification précoce des engagements fiscaux et améliore la traçabilité des coûts, mais cela ne garantit pas une réduction des risques d’obligations imprévues,” a-t-il souligné.

Une autre modification significative est la centralisation du cycle des projets de PPP au sein de ProInversión, qui prendra désormais le rôle d’entité publique responsable du projet au niveau national, depuis la formulation jusqu’à l’exécution contractuelle. D’un point de vue privé, Tomás Reto, économiste au Conseil Privé de la Compétitivité, a noté que ce redimensionnement apporte une plus grande prévisibilité. “Le passage d’une multitude de ministères chargés des contrats à un unique interlocuteur étatique réduit l’incertitude et rend le système plus ordonné,” a-t-il expliqué, en soulignant la séparation entre le rôle de coordination du MEF et l’exécution par ProInversión.

Cependant, il a averti que le succès de ce changement dépendra de l’implémentation. “Il est crucial que cette transition se fasse de manière progressive et que les décisions soient transparentes, pour limiter la discrétion et les risques dans cette nouvelle phase,” a-t-il dit.

Le règlement introduit également des ajustements importants au niveau contractuel, pouvant avoir un impact sur la relation entre l’État et les investisseurs. Ronald Fernández Dávila, partenaire au sein du cabinet Philippi Prietocarrizosa Ferrero DU & Uría (PPU), a signalé que cette norme développe de nouveaux outils de gestion, tels que la possibilité de mettre en place des bureaux de gestion de projets (PMO) à différentes étapes d’exécution, ainsi qu’une flexibilité accrue pour optimiser les projets.

Néanmoins, il a relevé un point sensible. “La réglementation stipulant que l’interprétation des clauses contractuelles par l’entité publique titulaire du projet soit contraignante suscite des inquiétudes, car elle permet à l’une des parties d’interpréter le contrat avec des effets obligatoires, même si des mécanismes de résolution de conflits sont ensuite prévus,” a-t-il noté.

Sebastian Gamarra, associé principal du cabinet Payet, Rey, Cauvi, Pérez Abogados, a également convenu que le règlement ne marque pas une rupture totale avec le précédent schéma, mais développe plutôt les changements apportés par la loi. “Des règles sont intégrées pour donner un contenu aux modifications légales, telles que les cas de modifications contractuelles, la participation des PMO et des critères supplémentaires pour le renouvellement ou l’expiration des contrats,” a-t-il indiqué.

Toutefois, il a averti que la centralisation nécessite un renforcement institutionnel : “ProInversión doit disposer de plus grandes capacités de gestion et d’une augmentation budgétaire pour que la réforme ne devance pas le gestionnaire lui-même.”

Selon les avis recueillis, en résumé, le nouveau règlement des PPP vise à structurer le système, réduire la fragmentation institutionnelle et offrir une plus grande prévisibilité aux investissements privés. Cependant, les spécialistes s’accordent à dire que l’impact sera déterminé par la manière dont la transition sera gérée, le rôle effectif du MEF comme garant de la durabilité fiscale, et que les nouvelles règles contractuelles soient appliquées avec transparence et cohérence pour éviter de nouveaux espaces de discrétion.

Points à retenir

  • Le nouveau règlement vise à améliorer la gestion des partenariats publics-privés.
  • La centralisation des projets auprès de ProInversión vise à réduire l’incertitude.
  • Une attention particulière est requise pour la mise en oeuvre des nouvelles normes.
  • Les ajustements contractuels peuvent influencer la relation État-investisseurs.
  • Le succès dépendra de la transparence et de la gestion des risques fiscaux.

Parfois, il est essentiel de se poser des questions sur la véritable portée de ces réglementations. Le cadre juridique évolue, mais sommes-nous prêts à faire face aux défis qui en découlent ? Notre rôle est de veiller à ce que les changements apportés ne servent pas seulement de façade mais entraînent de réelles améliorations dans la manière dont nous interagissons avec l’investissement privé.


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